Congo-Kinshasa: Au moins 20 civils tués en une semaine à Beni, la population se plaint, les FARDC rassurent

12 Novembre 2019

Depuis que l'armée congolaise a lancé l'assaut final contre les groupes armés à l'Est de la République démocratique du Congo (RDC) fin octobre dernier, les rebelles ougandais de l'ADF ont intensifié la cruauté sur la population dans la région de Beni (Nord-Kivu).

Dix civils ont sauvagement été abattus, le 6 novembre à Kokola et 5 autres l'ont été à Eringeti, dimanche 10 novembre. Deux jours après, les rebelles ont pris d'assaut la petite agglomération de Mayimoya la nuit du lundi à ce mardi 12 novembre, laissant après eux 5 morts sans cause. Ce qui porte à 20, le nombre des compatriotes assassinés dans un intervalle de 7 jours par la rébellion ougandaise ADF.

Pour ce dernier cas, les rebelles ont fait irruption à Kitsanga, dans la localité de Mayimoya, en groupement Mambuba Kisiki. La société civile de ce groupement indique que c'est peu avant 20 h de ce lundi que l'ennemi s'est infiltré en ce lieu avant de s'en prendre aux civils. Et, selon le même témoignage, 4 femmes et un garçon sont les nouvelles victimes de ces atrocités. Bravo Vukulu indique que les tueries se sont déroulées à une distance près d'un camp de la MONUSCO et des FARDC.

La question taraude aujourd'hui nombreux esprits. Et, les forces vives du territoire de Beni se montrent de plus en plus dubitatives face à la traque dite finale annoncée par les autorités militaires à Beni. Ceci est consécutif à l'ampleur que les tueries ciblées contre les populations civiles ont pris ces derniers jours, en dépit de la présence des forces loyalistes sur le terrain.

Le président de ces forces vives à Mambuba Kisiki regrette le fait que l'impact des opérations militaires ne sont pas, à tout point de vue, encore perceptibles d'autant plus que le nombre de personnes abattues a sensiblement galopé qu'il y a quelques semaines.

Qui des FARDC et des ADF est meneur des opérations ?

Un autre acteur de la société civile, Bravo Vukulu va plus loin en s'interrogeant sur les vrais meneurs des actuelles opérations et demande par ailleurs aux FARDC, d'étendre les combats dans l'entièreté des coins du territoire de Beni pour éviter de laisser un couloir aux assaillants.

« Actuellement, on se pose la question si réellement ce sont les FARDC qui ont lancé les opérations ou si c'est l'ADF. Puisque depuis que l'armée a dit qu'elle a lancé les opérations, nous on est en train de mourir du jour au jour. Après Kokola et Eringeti, aujourd'hui c'est Mayimoya où les ADF viennent encore de nous endeuiller, en égorgeant cinq personnes à côté même de la MONUSCO et des FARDC. C'était vers 19h 48'. Mayimoya est en train d'être vidé, tout le monde veut se diriger vers Oicha. On se demande comment le commandant des opérations est en train de voir ça. On se demande si c'est lui qui a lancé les opérations ou bien les ADF », s'est-il interrogé.

Et à lui d'ajouter, « Notre message reste clair: on est en train de dire tous les jours à travers les médias que l'armée a lancé les opérations. Oui, mais les opérations sont lancées d'un seul côté du triangle de la mort. Ils doivent lancer les opérations sur toute l'étendue du territoire ».

Aussi, la société civile ne compte pas croiser les bras devant cette situation qui empire et promet de briser le silence, si jamais rien de concret n'est fait le plus tôt possible. « Nous on veut passer à d'autres actions populaires, parce qu'on ne voit pas clair. On ne voit pas si ces opérations sont faites pour nous ou contre nous », a prévenu Bravo Vukulu.

L'armée à l'assaut de grands bastions ADF à Beni

Plusieurs bastions des rebelles ADF sont progressivement passés sous le contrôle des FARDC, après une perte infligée dans le camp ennemi. Selon le porte-parole des opérations Sokola1, l'armée congolaise ne ménagera aucun effort pour défaire complètement les assaillants. Le Major Mike Azukay annonce qu'en l'espace de dix jours, les FARDC ont pu contrôler Kididiwe, Kipeyayo, Mangolikene et une partie importante au Sud du territoire de Beni.

Il promet que les fins fonds de la forêt de Mayangose sont petit à petit en train d'être possédés par les soldats congolais, rassurant que c'est une question des jours pour la partie de Mayangose.

« Le contrôle de Mayangose est un problème des jours. D'ici là, nous aurons son contrôle total. Pour l'instant, je dois vous dire que nous contrôlons Kididiwe, Kipeyayo, Mangolikene. Nous sommes dans les environs de la Haye sur l'axe Sud, nous sommes très loin de Vuhuvi, de Karuruma et les gars progressent lentement et sûrement », a affirmé Mike Azukay.

Au sujet des attaques qui visent les civils malgré les opérations, le porte-parole militaire dans la région parle de la diversion d'un ennemi qui se trouve coincé par la puissance armée. Il assure que l'armée peaufine des stratégies conséquentes pour contenir la situation dans un temps record.

« Ce qui est vrai, c'est qu'au niveau de l'axe nord, l'ennemi attend le feu des FARDC venir, il essaie de se soustraire pour traverser du côté de l'Ouest. Et, dans ses démarches criminelles, sur son passage, il commet quelques crimes qui seront vite traités puisque le commandement est en train de voir comment réajuster le dispositif pour protéger plus les agglomérations au moment où les forces sont en train d'entrer en profondeur », indique-t-il.

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