Congo-Kinshasa: Cardinal Ambongo sur Fasthi - « Il donne des signes de bonne foi »

12 Novembre 2019

Créé cardinal par le Pape François, Fridolin Ambongo n'est pas prêt à se détourner de son combat ; celui d'être le porte-voix d'un peuple qui n'aspire qu'à une seule chose : vivre heureux sur la terre de ses ancêtres. Avant sa messe inaugurale de ce dimanche 17 novembre, le cardinal Ambongo s'est offert mardi à la presse.

Il n'a éludé aucun sujet. Il salue l'alternance démocratique, incarnée désormais par le chef de l'Etat Félix Tshisekedi, et trouve que ce dernier « donne des signes d'être de bonne foi ». Ce n'est pas pour autant que l'Eglise va se taire. Le cardinal Ambongo prévient : «Quand la dignité de l'homme est bafouée, l'Eglise se dresse». Autrement dit, pas de cheque en blanc à Félix Tshisekedi.

C'est ce dimanche 17 novembre que le tout nouveau cardinal Fridolin Ambongo va communier avec l'église catholique de Kinshasa. C'est sa première messe dans sa nouvelle stature de cardinal, archevêque métropolitain de Kinshasa. Très engagé dans les pourparlers politiques qui ont débouché le 31 décembre 2016 à la signature de l'Accord, dit de la Saint-Sylvestre, le cardinal Ambongo ne fait pas dans la dentelle quand il s'agit de défendre le peuple de Dieu, son troupeau.

Dans la classe politique congolaise, il jouit d'une grande estime. Tout comme dans l'opinion publique où le peuple congolais salue son engagement pour un Congo nouveau et prospère. Hier mardi, le cardinal Ambongo a été devant la presse. Tous avaient hâte de découvrir l'homme, dans sa nouvelle tunique de cardinal.

Décidément, le cardinal Ambongo n'a pas changé. Il ne promet pas non plus de se détourner de son combat, c'est-à-dire plaider pour la cause des sans-voix et des opprimés afin qu'ils se sentent heureux de vivre dans le pays que Dieu leur a donné. Il salue à cet effet l'avènement de Félix Tshisekedi à la magistrature suprême. C'est le prix, dit-il, d'une longue marche.

Au cardinal de se poser la question : «Sous l'ère Félix Tshisekedi, le peuple a voulu un changement dans le pays, dix mois après, est-ce que le souhait est comblé ?» La réponse du cardinal est claire : «Ce souhait reste entier ». Toutefois, il reconnait qu' «il y a des points positifs qui vont dans la bonne direction ». Aussi s'adjuge-t-il un brin d'optimisme. «Il (Félix Tshisekedi) donne des signes d'être de bonne foi», note l'archevêque de Kinshasa.

Comme au temps de Kabila lorsque l'église catholique se levait pour réclamer l'alternance démocratique, le cardinal Ambongo prévient : «Quand la dignité de l'homme est bafouée, l'Eglise se dresse». Plus explicite, le cardinal rappelle que «si les mêmes causes qui ont fait dresser l'Eglise hier se répètent, vous verrez l'Eglise revenir». C'est tout dire.

Evidemment, au regard de l'église catholique, Félix Tshisekedi bénéficie encore d'un sursis. «On est qu'au début. Il faut l'exhorter à faire davantage, le peuple l'observe et nous aussi», a indiqué l'archevêque de Kinshasa.

Tourner la page de la «vérité des urnes»

Au cours de sa conférence de presse, le cardinal Fridolin Ambongo a affirmé son soutien au plan de sortie de crise proposé par Martin Fayulu. Cependant, il a encouragé ce dernier à tourner la page de la «vérité des urnes». Selon lui, «l'histoire a évolué» et il n'est plus question, pense-t-il, de revenir sur «la vérité des urnes».

«On ne peut qu'encourager l'initiative de Fayulu. Il y a une crise mais après l'histoire a évolué. Nous ne devons plus revenir sur la question des urnes... Nous devons évoluons. Si Fayulu propose le plan de sortie de crise, nous ne pouvons qu'encourager», a dit Fridolin Ambongo. «Nous ne devons pas toujours revenir au passé, revenir toujours sur la situation de la vérité des urnes», note le prélat.

Appel à la réconciliation

Dans tous les cas,Fridolin Ambongo place son cardinalat sous le signe du rassemblement et de la réconciliation. «Omnia omnibus (tout pour tous)», a-t-il lancé comme devise, avant de se dire disposé à se mettre à l'écoute de tous les Congolais, sans distinction de tendances politiques, religieuses, civiles ou sociales.

Il s'est engagé à travailler dans «un élan de réconciliation pour le bien-être de tous les Congolais». «Notre rôle, c'est de rappeler à la conscience des uns et des autres... Ce que le peuple attend de vous, c'est servir», note le cardinal Ambongo.

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