Congo-Brazzaville: Consommation - Des produits agricoles locaux de moins en moins dans les marchés de Brazzaville

Le constat découle d'une étude menée par le consultant du Programme africain d'adaptation aux changements climatiques, Martin Massouangui Kimfouala, restituée le 12 novembre dans la capitale congolaise.

« Ce phénomène pose en toile de fond le problème de la modification pluviométrique qui a pour corolaire le bouleversement des cycles culturaux dans l'hinterland sud du Congo, comme le prouve l'étude menée », a indiqué Martin Massouangui Kimfouala.

Selon le consultant, il en ressort qu'avec l'augmentation des températures et la diminution des pluies, sur le plan agricole, il y a raccourcissement du deuxième cycle cultural provoqué par le manque de satisfaction des besoins en eau des plantes causant ainsi un calage des cycles culturaux.

« Avant, par semaine, il y avait quatre, cinq voire six gros véhicules qui rentraient de l'intérieur, remplis de bananes, de foufou, de manioc, d'oignon, de safou, d'avocat... , mais aujourd'hui, vous en avez à peine deux, si non un seul », a appuyé Joséphine Loutangou, une vendeuse de plantains et de bananes douces à la gare routière Bourreau, dans le premier arrondissement, Makélékélé.

Cette gare routière est le plus grand point de chute des marchandises venant de la partie sud du Congo. Elle reçoit même les camions en provenance de la frontière terrestre des deux Congo.

A l'instar de cette vendeuse, l'inquiétude relative à la rareté ou la baisse quantitative des produits saisonniers dans les différents marchés de la capitale est partagée par de nombreux commerçants.

« Après avoir effectué plusieurs tours dans le marché habituel où j'achète toujours des produits venant de chez nous, je constate que la quantité des arrivages a baissé et les prix ont tendance à galoper. Alors ma joie de déguster les denrées locales fait place à une inquiétude », a déploré Jean Claude, un consommateur.

La preuve que la production agricole locale a baissé, l'arachide et le haricot mis en vente sur le marché sont importés. « Lorsque je demande à ma tante Julienne qui se trouve à Madingou, dans la Bouenza, elle ne cesse de me dire que le ciel et le sol ne nous sont plus propices. Ni l'un ni l'autre ne se comportent plus comme avant. Nous ne pouvons plus porter en terre deux fois nos semences comme avant, car la pluie se fait attendre maintenant et le sol n'a plus l'eau qu'il faut pour les faire pousser », a expliqué Moudilou.

Les agriculteurs déplorent le soleil accablant qui dessèche tout ce qui doit pousser, qui a besoin d'eau dans les champs. « J'ai des champs au village, j'y viens, mais quelle déception ! Le manioc ne donne plus bien, l'arachide non plus, même les légumes qui arrivaient très tôt le matin ne viennent plus, le haricot n'en parlant même pas. Tout ce que j'ai vendu cette année comme le haricot vient du Cameroun », a ajouté Lucresse Didimou, une détaillante.

Face à ce phénomène de raréfaction des denrées saisonnières, les paysans ne comprennent rien. Ils se plaignent du manque de pluie, de l'augmentation de la chaleur et ne veulent plus vendre aux marchands le peu de récolte.

Si les départements du pays ne peuvent plus ravitailler en denrées alimentaires les marchés de la capitale, que vont devenir les paysans, grossistes et détaillants ?

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