Cameroun: Mort sur sa plateforme - Perenco-Cameroun fait main basse sur les droits de Christian Ikand

13 Novembre 2019

Ikand Nyee Isaac Christian était tombé dans la mer. D'une plateforme de Perenco-Cameroun. Trois ans après, la famille est dans le désarroi. Une histoire d'indemnisation l'oppose à l'ancien employeur du défunt.Une mort tragiqueLes larmes de Ngambe, son village n'ont pas encore séché. Christian n'a ni tombe, ni sépulture: c'est une abomination. On attend faire le deuil.

On se souvient de ce Samedi 30 juillet 2016. Ce jour-là, Christian Ikand, électricien employé chez Cible Rh, une entreprise sous-traitante de Perenco-Cameroun, s'est noyé après une chute du site Munja, dans le Rio Del Rey, au large de Kribi.

Selon Le quotidien Le Messager du mardi 2 Aout 2016 « Ce sont ses cris de détresse qui ont alerté ses collègues qui vont tenter en vain de le sauver en lançant des bouées de sauvetage. Peine perdue ! C'est donc impuissant qu'ils vont assister à sa noyade. Ce d'autant plus que le bateau d'assistance appelé à la rescousse arrivera vingt minutes plus tard ».Manque d'entretien des infrastructuresC'est donc de façon laconique que la famille de Christian sera informée du drame de leur fils.« Il est tombé dans la mer ». Avec ce commentaire: « Il travaillait dans la plateforme, il s'est adossé sur la rambarde qui a lâché ». Une situation contre laquelle, en son temps, un observateur requis par le Journal s'est insurgé. « Elle résulte du déficit d'entretien de la plateforme en général et de la rambarde en particulier . Et pourtant, cette infrastructure nécessite un entretien de tous les instants en raison des vents marins et l'eau salée de la mer» ajoutait-il. Quelques semaines après, les recherches vont s´avérer vaines. Le décès de Christian a été déclaré et l'acte de décès établi, de même que le jugement d'hérédité de ce jeune de 39 ans au moment des faits, ainé d'une fratrie de six enfants, célibataire et père d'un enfant. Depuis lors, le compte à rebours a commencé entre la famille et Perenco-Cameroun.

Main basse sur l'indemnisationAu grand dam de toute réglementation, l'entreprise va dans un premier temps unilatéralement décidé de verser une somme dérisoire à la famille qui a vite fait d´opposer une fin de non recevoir au motif qu´il s'agit d'un accident de travail. En fait et selon la réglementation en vigueur sur la plateforme « tous les jours sont des jours de travail. Ici, il n'y a ni férié, ni week-end». Des concertations ont eu lieu entre la famille, l'employeur Perenco et les avocats des deux parties, parfois même en présence des observateurs de défense des droits humains. À chaque fois, la famille en est toujours sortie déçue, accusant « Perenco de faire dans le dilatoire. Une nième concertation a eu lieu en février 2019 sans que Perenco ait, même trois ans après, fait preuve d´une réelle compassion à la hauteur du préjudice à la fois moral, affectif et matériel subi par la famille de Christian dont il était le seul soutien et espoir. Une attitude de Perenco qu´elle juge condescendante et inacceptable ». Loin d´elle toute intention de marchander le décès d'un être cher, la famille exige que l'indemnisation soit calculée sur la base de la qualification, du salaire et de l'ancienneté de Christian. Et, Ce ne sera que justice.À suivre...

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