Congo-Kinshasa: Nord-Kivu - La province se dote d'un texte de loi protégeant les défenseurs des droits humains

L'édit voté par l'Assemblée locale est déjà soumis au gouverneur provincial pour sa promulgation, avant son entrée en vigueur.

Le Nord-Kivu est en passe de devenir la deuxième province de la République démocratique du Congo (RDC), après le Sud-Kivu, à se doter d'un texte portant protection des défenseurs des droits humains (DDH). Le document de quatorze articles a été adopté à l'unanimité, le 11 novembre, par la plénière de l'assemblée provinciale.

Le député provincial, Mbenze Yotama, membre de la commission politique, sécuritaire, administrative et juridique de l'Assemblée provinciale du Nord-Kivu, a affirmé sur radiookapi.net que cet édit va promouvoir la liberté d'action aux DDH, qui sont constamment menacés par des services ou forces de sécurité. « Nous ne sommes pas sans ignorer ce qui est une réalité en RDC. Les exemples de Floribert Chebeya et beaucoup d'autres acteurs activistes, qui ont été arrêtés pour avoir dénoncé certaines injustices. Nous avons cru qu'il eut fallu avoir quatorze articles qui sont opposables à tout citoyen congolais », a-t-il indiqué.

Pour les activistes des droits humains évoluant dans cette province cités par la radio onusienne, ce texte les rassure davantage dans l'exercice de leur travail. « Je suis heureux parce que désormais, je vais commencer à servir les paisibles citoyens sans peur. A l'époque, on craignait les autorités par ce qu'on n'avait pas un cadre juridique qui protégeait les DDH au Nord-Kivu », s'est réjoui Pierre Katembo, membre de la Synergie Tuteteye haki Zetu, une plate-forme regroupant une quarantaine d'organisations de défense des droits de l'homme.

Rappelons que sur le plan national, une proposition de loi protégeant les DDH a été également soumise au parlement pour adoption. Mais depuis la législature dernière, les défenseurs des droits de l'homme fustigent la léthargie manifestée par les deux chambres pour étudier ce texte. Un des DDH, le président national de l'organisation Assistance aux personnes vulnérables et enfants du Congo (l'Apvec), Maïck Lukadi, s'est lancé dans un plaidoyer pour amener députés et sénateurs à programmer l'étude de ce texte au cours de la session en cours. Dans cette action, il cite en exemple certains pays africains qui se sont déjà dotés d'une pareille loi dans leurs arsenaux juridiques.

Motivé par le geste posé par les Assemblées provinciales des deux Kivu, Maïck Lukadi exhorte les députés nationaux à « sortir ce projet de loi des tiroirs » et de l'étudier en priorité. « Le travail des DDH ne bénéficie pas seulement à ceux qui sont dans l'opposition ou au peuple. Même ceux qui sont revêtis de la puissance publique ont, dans une certaine mesure et dans certaines circonstances, besoin des DDH, surtout que personne ne reste éternellement au pouvoir », a fait savoir le président de l'Apvec.

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