Madagascar: Musique / Latimer Rangers - « journaliste-conteur » radiophonique (RNM)

Durant les grands bouleversements subis par le groupe Mahaleo depuis le mois d'octobre, un nom a été peu cité. Latimer Rangers a joué un rôle majeur dans le démarrage du succès du band vers la fin des années 60. Il a accordé son temps pour quelques questions.

Lors du concert des Mahaleo à l'Olympia, vous avez été présenté comme celui qui les a propulsés. Pouvez-vous nous rappeler cette grande aventure ?

Pour ma part, j'ai toujours recherché à apporter des choses originales dans mes émissions. En conséquence, Mahaleo sortait des sentiers battus. C'est-à-dire, il imitait des choses que le commun des artistes faisait. Il ne suivait pas docilement le cours de l'eau, mais proposait toujours des choses hors des habitudes musicales de l'époque. Alors, j'ai pensé qu'il fallait les mettre en avant à cause de cela. Je me souviens que je leur ai déjà conseillé de ne pas soutenir n'importe quel pouvoir. Alors, j'ai largement diffusé la chanson « Adin-tsaina » dans mon émission, du temps de la présidence de Tsiranana. Je faisais un focus sur cette chanson, histoire de rappeler que tout n'était pas rose du temps de Tsiranana. Et que la précarité était bel et bien là, surtout auprès des couches les plus vulnérables. Qu'il ne fallait pas ignorer cela. Alors, quand j'étais à Paris, lors de leur concert à l'Olympia, les Mahaleo m'ont demandé d'être présent pour qu'ils fassent connaitre au public mon petit rôle.

Vous avez eu des contacts réguliers avec les membres du groupe ?

Dama avait l'habitude de venir chez moi à Faravohitra, je le faisais écouter du Georges Brassens. D'ailleurs, le titre « Mimosa » était inspiré, suivant quelques pistes que j'ai proposées, par « Les lilas » du chanteur français. Il y a aussi la chanson « Raha ho faty aho », Georges Brassens a chanté en parallèle « Le testament ». Je leur ai conseillé de ne pas faire ce que les gens font, ne pas répéter ce que font les autres. Sinon, vous allez rester dans l'anonymat. C'était tout simplement de les conseiller de ne pas se laisser à la facilité.

Dama, le compositeur de la chanson « Mimosa ».

Mahaleo, c'est un nom, un repère culturel, qu'est-ce qui vous a le plus touché durant leur carrière ?

Ce qui me navre, c'est que le groupe a été exploité que ce soit par les éditeurs malgaches qu' étrangers. Un jour, une femme française est venue chez moi pour m'interviewer afin de faire un livre sur le groupe Mahaleo. J'ai répondu que ce n'est pas évident. Au fond, elle a voulu exploiter le nom « Mahaleo ». Elle avait promis qu'elle va en faire un Cd et vendre le livre. Du côté des Mahaleo, leur petit souci était de ne pas avoir compris assez tôt le monde du business dans l'art. Et cette femme en a profité, elle se trouvait à des milliers de kilomètres de Madagascar. Elle n'a jamais communiqué le nombre de tirages, sans rien annoncer.

Comment le groupe a réagi à ces agissements ?

Je me souviens que Raoul s'est plaint à moi que Mahaleo est exploité par les gens. Je lui ai dis que je ne peux que vous conseiller pour vos prestations et d'être très prudents.

Pour vous, Mahaleo en quelques phrases, représente quoi ?

Les chansons de Mahaleo, celles qui l'ont rendu célèbre, je les qualifie de chansons de la réalité du terroir. Que personne n'a presque voulu faire. C'est toute une génération de jeunes qui se raccroche, se reconnaisse à travers leurs œuvres. Même s'ils disent que j'étais à l'origine de leur réussite, je leur dirais en toute humilité, si Mahaleo n'était pas là, il y aurait eu un grand vide à Madagascar.

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