Afrique de l'Ouest: Sahel - Florence Parly dubitative sur une victoire rapide des groupes terroristes

En l'espace d'un mois, les Forces armées maliennes ont subi deux importants revers avec l'attaque menée par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (au moins trente-neuf personnes tuées) et l'assaut lancé par l'État islamique au Grand Sahara contre le camp militaire (environ qurante-neuf morts).

La situation est similaire dans les pays voisins. L'armée burkinabè a également subi de lourdes pertes à Koutougou (vingt-quatre tués et sept blessés). Les violences attribuées aux jihadistes sont devenues légion dans le pays, au point de menacer le Bénin et le Ghana. Le Niger est, quant à lui, pris dans un étau. Ses forces armées sont régulièrement prises pour cible, par des groupes jihadistes implantés au Sahel ainsi que des factions de Boko Haram.

Selon un rapport des Nations unies publié cet été, ces deux organisations ayant fait allégeance à l'Etat islamique sont soupçonnées d'avoir établi des coopérations opérationnelles au Niger, ainsi qu'un partenariat logistique, avec l'installation d'une base de soutien dans la région de Sokoto, au Nigeria. "Le nombre d'États de la région susceptibles de voir les mouvements insurrectionnels du Sahel et du Nigeria franchir leurs frontières a augmenté", d'après le rapport. Et cela, malgré l'activité de la force française Barkhane (quatre mille cinq cents soldats) qui fait le maximum qu'elle peut dans une région grande comme l'Europe.

"Je considère que nous avons été exagérément optimistes en imaginant, en 2013, que tout serait résolu et que la victoire éclair remportée contre les jihadistes se traduirait immédiatement en un succès politique. Force est de constater que tel n'a pas été le cas", avait reconnu le général François Lecointre, le chef d'état-major des Armées, lors d'une audition parlementaire. Mais, les financements internationaux pourtant promis à la force conjointe du G5 Sahel (Mali, Tchad, Burkina Faso, Niger et Mauritanie) peinent à être débloqués, ce qui ne permet pas de remédier aux lacunes les plus criantes.

En visite dans les pays de la région, la ministre des Armées, Florence Parly, a appelé à faire preuve de " patience", ajoutant que le combat contre les groupes terroristes est "indispensable". "C'est un combat difficile. C'est un combat que vous menez avec abnégation et un grand professionnalisme. C'est un combat dans lequel il faut faire preuve de patience. Car les attaques menées par les groupes armés terroristes perdurent ", a-t-elle poursuivi, en s'adressant aux militaires français de l'opération Barkhane, à N'Djamena au Tchad.

"Nous mettrons du temps à vaincre ces groupes qui prospèrent sur les difficultés sociales et économiques des pays sahéliens. Ce long chemin, difficile et sinueux vers le retour de l'Etat de droit et la sécurité, c'est grâce à vous [les militaires français, ndlr] que nous le parcourons depuis 2014. Nous le parcourons, avec intelligence, tactique et réactivité ", a enchaîné la ministre, pour qui la force Barkhane "ne s'enlise pas" étant donné qu'elle "s'adapte en permanence et qu'elle se transforme pour avancer plus loin, pour être plus efficace, pour mieux accompagner les forces africaines dans leurs opérations".

Florence Parly a assuré: "Notre engagement au Sahel est et reste une priorité pour la France". Cependant, a prévenu la ministre, il "faudra encore du temps pour construire cette résilience des forces locales " et "encore des efforts, de la détermination et de la constance". Elle a appelé à "accompagner les forces armées sahéliennes après les avoir formées, y compris lorsqu'elles vont au combat, et pas seulement dans les états-majors", précisant: "Ce n'est pas un sport de masse, j'en conviens. [... ] Si les Européens, qui sont directement concernés, ne le font pas, qui, alors, le fera? ".

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