Togo: Les leaders d'opinion des Communautés hôtes outillés pour mieux défendre leurs intérêts

14 Novembre 2019

« Le Togo à l'épreuve de la gouvernance locale : Dialogue sociétal, redevabilité et transparence dans les industries extractives, les communautés hôtes se mobilisent », c'est le thème d'un atelier de renforcement de capacités qui a réuni ce Vendredi à Tabligbo dans la préfecture de Yoto, des membres des comités de dialogue social des zones minières de la région maritime. Une initiative de SADD (Solidarité Action pour le Développement Durable) en collaboration avec SYDEMINES (Syndicat Démocratique des Mines).

Si le Coordonnateur de SADD s'est réjoui des différentes mesures prises par les autorités togolaises pour « relever tant soit peu les défis de ces défaillances qu'au Togo... » décidant « de créer les conditions à travers une approche plus transparente et pragmatique des questions d'intérêts communs liées à la politique économique et sociale du secteur minier à travers des cadres plus ou moins institutionnel, structurel et législatif que sont l'Initiative pour la Transparence dans les industries Extractives (ITIE) et le Projet de Développement et de Gouvernance Minières (PDGM) du gouvernement (2016-2020), la loi portant contribution des entreprises minières au développement local et régional et son décret d'application, ainsi que les lois connexes sur la protection de l'environnement », il a jugé indispensable, la démarche de son organisation qui, « dans sa dynamique de suivi des politiques publiques et de contrôle citoyen de l'Action Publique apporte sa contribution pour l'effectivité des pertinentes dispositions prises par le gouvernement togolais afin d'assurer un développement humain et durable aux populations des communautés hôtes des entreprises multinationales d'extraction minière ».

Aussi, soutient SADD, « seules une revalorisation sociojuridique, son applicabilité et une gestion transparente des ressources pourront garantir le respect des droits humains dans le secteur, générer et garantir des retombées économiques, sociales et financières importantes, et une juste et équitable répartition en termes de contribution à l'économie nationale, de création d'emplois directs et indirects décents et de développement local soutenu via les infrastructures socioéconomique créées et la mise en œuvre effective de la responsabilité sociétale des entreprises ».

Et donc, c'est la raison pour laquelle, à en croire M. Dossou, ce « séminaire atelier dont l'objectif général est d'organiser les populations cibles à être auteurs et acteurs de la transformation sociale au cœur de la gouvernance locale dans le contexte de la décentralisation au Togo participe à l'effectivité des pertinentes dispositions prises par le gouvernement togolais pour assurer un développement humain et durable aux populations des communautés hôtes ».

Il a été question pour l'organisation de « renforcer les capacités de 50 acteurs locaux (leaders d'opinion) que sont les chefs traditionnels, responsables CDQ, CVD, CCD et OSC sur les valeurs qui caractérisent le dialogue sociétal, gage de paix sociale d'une part, et d'autre part à se doter d'une dynamique organisationnelle via la mise en place de comités représentatifs capables d'engager un dialogue sociétal pacifique, sincère et transparent avec les entreprises minières et l'Etat, et enfin, garantir méthodiquement et progressivement aux communautés hôtes des entreprises d'extraction minière au niveau local et régional, la transparence, la redevabilité, la participation, l'efficacité, l'efficience, l'inclusion, l'équité et l'Etat de droit qui permettent de tirer profit de l'exploitation de leur sous-sol ».

Dans son mot aux séminaristes, le préfet de Yoto, Yao Alibo, a formulé ses espérances en cet atelier dont, d'après lui, « les recommandations permettront de mutualiser nos énergies pour créer les conditions d'élimination de la pauvreté pour une prospérité partagée ». en tout cas, à son avis, le thème de cet atelier, « Le Togo à l'épreuve de la gouvernance locale : Dialogue sociétal, redevabilité et transparence dans les industries extractives, les communautés hôtes se mobilisent », est en phase avec les objectifs du Projet de Développement et de Gouvernance Minière pour la période 2016-2020 financé par la Banque Mondiale dont le but est de renforcer la gestion efficace du secteur minier en se concentrant sur les questions de gouvernance minière, de transparence, de supervision et d'efficacité mais aussi du développement environnemental et socio-économique ».

Pour information, à côté des secteurs de l'agriculture, des infrastructures, de l'énergie et du tourisme, le secteur minier est un levier fondamental de la transformation structurelle de l'économie togolaise à l'horizon 2030. Il constitue donc une source d'opportunités pour les investisseurs. Raison pour laquelle, le nouveau Plan national de développement, nouveau référentiel de toutes les actions de développement au Togo pour la période 2018-2022, adopté le 3 août 2018 a intégré le secteur extractif dans son axe stratégique 2 : développer des pôles de transformation agricole, manufacturier et d'industries extractives. Les industries extractives ont représenté 18,5% des exportations du Togo et contribué à 3,5% du PIB en 2017. L'activité minière est en forte progression avec une contribution au secteur secondaire qui est passé de 2,1% à 17% en 5 ans. En 2014, le Togo a tiré 4 % de ses recettes totales des activités minières, les exportations du secteur extractif représentant 22 % du total des exportations.

Toutefois, la situation sociale et environnementale dans le secteur minier au Togo est préoccupante, ceci, avec des multiformes dont entre autres, les « risques d'atteinte au bien-être des populations, aux ressources hydrographiques », les « risques d'atteinte à la végétation, de pollution atmosphérique dommageable pour la santé, et aussi favorisant des cas de stress auprès de riverains soumis à la pollution sonore et à l'accumulation des frustrations ».

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