Sénégal: Sédhiou - Adaptation aux changements climatiques et autonomisation des producteurs

14 Novembre 2019

L'enjeu de l'adaptation aux changements climatiques, face au défi de l'autonomisation des producteurs, mobilise les acteurs de l'Association de lutte contre la soudure et l'endettement (ALSE) dans le département de Bounkiling.

Elle intervient dans neuf communes où elle a expérimenté des pratiques culturales à moindre coût, avec moins d'impact sanitaire en vue de libérer les paysans des contingences économiques et climatiques.

Avant-hier, mardi 12 novembre, les membres de l'ALSE ont procédé à une visite des champs pour constater de visu les progrès et amélioration des rendements de cette expérience pilote dans le département de Bounkiling.

La visite des champs de l'Association de lutte contre la soudure et l'endettement (ALSE) constitue un moment fort dans l'appréciation des techniques mises en œuvre en vue de l'autonomisation des producteurs, a notamment fait savoir Mamadou Korka Diao, coordonnateur de l'ALSE.

Quant à son collègue Insa Diatta, le président de ladite association qui a guidé la tournée, il note que «d'importants progrès sont réalisés dans nos parcelles avec à la clé une bonne qualité des récoltes en cours.

Nous constatons également avec satisfaction que les femmes sont en ligne de front, fermement engagées à relever avec nous les défis de l'autosuffisance alimentaire. Nous avons aussi visité un champ de démonstration qui permet de regrouper les différents producteurs et productrices».

Evoquant les mécanismes d'intervention, Insa Diatta ajoute que «c'est une démonstration des différentes pratiques avec un schéma de quatre parcelles et les rendements avec l'utilisation de l'engrais bio, l'engrais chimique et les fumiers. Nous sommes arrivés à mettre en place 4 Champs écoles producteurs (CEP).

Le premier est emblavé à Boussenki sur 500 m², le deuxième est à Kandiounkou avec 500 m², le troisième à Bounkiling sur 500m² et enfin à Kouady sur 500 m² ; soit un cumul d'un hectare de parcelles de démonstration.

Et tout ce qui y sera récolté sera mis à la disposition des populations». Et de conclure: «ce n'est pas que l'engrais chimique qui est rentable, mais avec l'engrais bio et les informations météorologiques, nous arrivons à faire un bon rendement. Nous remercions les techniciens et les autorités administratives qui nous accompagnent dans la mise en œuvre de ce programme».

PLUS-VALUE DU SYSTEME D'INTENSIFICATION EN RIZ !

Pour sa part, Fatoumata Dahaba, membre fondatrice de l'ALSE, animatrice et s'exprimant au sujet du Champ école producteur de Kouady, explique que «l'expérience consiste à apprendre aux producteurs comment mieux exploiter l'option de l'engrais bio fertilisant ainsi que des pratiques liées aux changements climatiques pour assurer une bonne production agricole.

Ici, les femmes sont entrain de récolter avec le Système d'intensification en riz (SIR). Nous faisons également de la gestion intégrée de la production et des déprédateurs c'est-à-dire produire sans pour autant tuer les insectes qui vivent dans le sol.

Notre objectif, c'est de faire une bonne pratique paysanne et donc sans engrais chimique à payer. Nous combattons l'endettement et promouvons l'autonomisation des paysans».

De même, Aliou Baldé, le chargé de projet de l'ALSE relève que «l'adaptation aux changements climatiques est indispensable pour assurer la survie.

Nous leur apprenons des techniques d'utilisation de fumiers organiques non seulement pour être autonome mais aussi rester en bonne santé. Toutefois, nous avons des difficultés avec des moyens rudimentaires. Nous sollicitons les pouvoirs publics à nous aider dans ce sens».

Quant aux producteurs et productrices, ils y voient une perspective assez rassurante. Suzane Modia et Oudé Bayo rassurent qu'avec l'Association de lutte contre la soudure et l'endettement, «nous avons une maîtrise de beaucoup de techniques culturales.

Toutefois, nous avons, par endroit, des attaques de termites et manquons de moyens pour accroitre les rendements», ont-elles souligné.

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