Sénégal: A Touba, des gens se réfugient derrière les marabouts pour refuser de payer l'impôt (fonctionnaire)

Diourbel — A Touba (centre), ville qui concentre l'essentiel de l'activité économique de la région de Diourbel (centre), certains acteurs économiques "se réfugient derrière les marabouts pour refuser de payer l'impôt", a déclaré jeudi le contrôleur du centre régional des services fiscaux, Boubacar Dieng.

"Nous avons moins de problèmes à Bambey et à Diourbel. A Touba, les gens se réfugient derrière les marabouts pour refuser de payer l'impôt, ce qui constitue un manque à gagner énorme pour l'Etat", a dit M. Dieng.

Il présentait une communication sur la fiscalité locale et les obligations fiscales annuelles des opérateurs économiques, à l'occasion d'un atelier de formation organisé par la Chambre de commerce de commerce, d'industrie et d'agriculture de Diourbel, au bénéfice des élus et des opérateurs économiques de la région.

"Il y a d'énormes efforts qui ont été faits par l'administration fiscale, par le centre des services fiscaux de Diourbel, mais je peux dire qu'il reste beaucoup de choses à faire à ce niveau-là pour obliger ou bien pousser les gens à venir déclarer et à payer leurs impôts", a ajouté Boubacar Dieng.

Selon lui, l'essentiel de l'activité économique de la région de Diourbel s'effectue à Touba, la ville la plus peuplée du pays après Dakar.

"Donc l'enrôlement des contribuables [à Touba] est un grand défi et aussi un grand problème pour le service des impôts", a souligné M. Dieng.

"Nous sommes dans une région où, en termes de déclaration de paiement, les statistiques sont très faibles. A Diourbel, pour les recettes, on a un objectif de plus de deux milliards de francs CFA que nous avons du mal à atteindre chaque année", insiste-t-il.

Cette année, le centre régional des services fiscaux a, selon son contrôleur, "un gap de 500 millions de francs CFA", concernant les recettes.

Selon Boubacar Dieng, le centre régional des services fiscaux tente de contourner les obstacles au recouvrement de l'impôt.

"Nous avons des stratégies dont certaines nous ont été dictées par la Direction [générale des impôts et des domaines], d'autres étant élaborées par le centre régional. La stratégie, c'est d'abord la sensibilisation de proximité", a-t-il expliqué.

Pour ne plus se soustraire à l'obligation de payer l'impôt, les opérateurs économiques de la région ont jugé nécessaire de s'informer et de mieux comprendre la fiscalité, selon Bassirou Mbacké Ndiaye, vice-président de la Chambre de commerce, d'industrie et d'agriculture de Diourbel.

"Les opérateurs économiques sont des patriotes", et comme tels, ceux de la région de Diourbel veulent contribuer à "l'effort national" en payant l'impôt, ce qui a conduit à l'organisation de l'atelier de formation auquel prennent part 90 d'entre eux, selon M. Ndiaye.

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