Madagascar: Arnaques à Tana - Jo Willy et Gérald en tête de liste, toujours introuvables

Le premier, son nom est ancré dans l'esprit du public depuis la vente des ordinateurs « mora » (bon marché) mais qui, finalement, ne sont que des accessoires bonnes pour les poubelles. Parallèlement à cela, il fut le premier importateur des produits « power balance » vantés être bons pour la santé surtout pour stabiliser la tension artérielle.

Mais avec un minimum d'expertise, ce n'étaient que des bracelets en plastique et rien de plus. Avec cette opération, Jo Willy a pu ramasser une fortune et comme il a les bras longs, les poursuites judiciaires de ses victimes n'ont abouti à rien. Avec le temps, l'affaire a sombré dans le silence et on a oublié son nom.

Cinq ans plus tard, Jo Willy est revenu dans le pays comme si de rien n'était et avec l'esprit tranquille. Il a même apporté un nouveau concept, les voyages organisés pour des groupes à destination de l'Europe, de l'Asie, d'Afrique du Nord, du Moyen Orient et même en Terre Sainte.

La formule a vite conquis les clients puisque le prix est à portée de toutes nles bourses pour une prise en charge totale durant le séjour. Il a de nouveau fait un succès à travers son agence de voyage dénommé « Sourc'in ».

Les spots et encarts publicitaires aidant, les gens se bousculaient si bien que même les réservations pour Noël en France ou aux Etats-Unis étaient déjà toutes faites quelques mois auparavant avec des acomptes significatives.

On parle de plusieurs milliards d'ariary déjà encaissés par l'Al-capone malgache. Le hic s'est présenté lorsqu'à Dubaï, ses clients se sont plaints du traitement local. On a pris leur passeport et on les a éjectés de leur hôtel.

Ces gens se sont retrouvés dans les rues de Dubaï comme des moins que rien. Depuis, les choses ont évolué très vite, la police économique a lancé un avis de recherche avec arrestation immédiate en cas de découverte. Il reste introuvable et certains l'imaginent déjà en fuite à l'étranger en menant une belle vie avec les milliards escroqués.

Double vente. Le second, Gérald Ramangasoavina détient certainement le record historique de l'escroquerie à Madagascar. 3.600 plaintes ont été déposées contre lui. Il est le seul qui a eu le toupet de vendre la résidence présidentielle à Ivandry. L'affaire a fait plusieurs incarcérations dont des hommes de l'administration mais lui, Gérald, il a pu prendre la poudre d'escampette.

Et comme les Malgaches oublient vite, dit-on, il est revenu dans l'arène de l'escroquerie à travers son agence immobilière « Tany gasy ». Il a ciblé, cette fois-ci, la classe moyenne pour la vente de terrains en lotissement un peu partout dans la périphérie de la Capitale.

Les milliers d'acquéreurs commençaient à ériger leur maison quand d'autres s'insurgeaient car les terrains étaient censés leur appartiennent.

Des litiges s'enchaînent. C'était après les recours judiciaires qu'on a compris que Gérald et consorts ont fait des double, voire triple ou encore quintuple ventes. Sur un simple lotissement, il a pu faire des millions d'ariary.

Multipliez cela à 3.600 pour imaginer la somme colossale qu'il a pu empocher. Avis de recherche, interdiction de sortie du territoire et mandat d'arrêt, les procédures ne se sont pas fait attendre (comme à l'accoutumée) mais en vain. Depuis presque deux ans, il reste introuvable et ses victimes indignées semblent réduites au silence.

Ces deux cas laissent penser que les escrocs ne se cassent pas trop la tête aux sanctions judiciaires. Ils préparent juste leur échappatoire après leurs coups et ainsi s'achèvent leurs dossiers. Oui, les gens de type Alfonso Capone existent bel et bien à Madagascar...

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