Sénégal: «Grand Prix Medays» 2019 - Macky appelé à mieux faire

15 Novembre 2019

Interpellés par Sud quotidien sur le «Grand prix Medays» remis au chef de l'Etat par le Forum international Medays le 13 novembre dernier, des responsables d'organisations de défense des droits de l'homme invitent Macky Sall à considérer cette distinction comme un «encouragement afin de travailler davantage pour la promotion des libertés».

La distinction du président de la République, Macky Sall par le Forum international Medays qui a décidé de lui remettre son traditionnel «Grand prix Medays» en récompense pour les efforts consentis dans la préservation des libertés au Sénégal et son développement, ne laisse pas indifférents des responsables de la société civile.

Interpellés par Sud Quotidien, Babacar Ba, président du Forum du justiciable et Sadikh Niass, Secrétaire général de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme (Raddho) ont tous tenu à féliciter le chef de l'Etat pour cette distinction.

«Au-delà de la personne de Macky Sall, c'est la nation sénégalaise dans son ensemble qui est honorée à travers ce prix», a déclaré au téléphone, le président du Forum du justiciable.

Poursuivant, son propos, le «droit de l'hommiste» a toutefois invité le lauréat «Grand prix Medays» à considérer cette distinction comme une source de motivation pour travailler davantage au renforcement des libertés au Sénégal.

«Cette distinction a aussi un symbole puisque, certainement, les initiateurs de ce prix sont convaincus que le président de la République a fait des efforts en matière de promotion des libertés individuelles.

Et, il faut reconnaitre que depuis 2012, il y'a des avancées dans ce domaine même si des efforts restent encore à faire. Car, autant, des avancées dans la promotion des libertés sont notées autant, on constate qu'il y'a également beaucoup de choses à faire.

On doit arriver au Sénégal à un niveau où, il y'aura plus des interdits en matière de manifestation ou de rassemblement», a fait savoir le président du Forum du justiciable.

«Ce prix doit, à mon avis, pousser le président de la République à redoubler d'efforts dans la préservation des libertés. Il doit faire en sorte que les initiateurs ne vont jamais lui reprocher, les jours ou les années à venir des régressions en matière de la promotion des libertés», insiste Babacar Bâ.

Abondant dans le même sens, le Secrétaire général de la Raddho a invité lui aussi le président Sall à ne pas «considérer ce prix comme un motif de satisfaction jusqu'à baisser les bras».

«Au-delà des félicitations, nous invitons le chef de l'Etat à ne pas considérer ce prix comme une satisfaction mais plutôt comme un encouragement pour mieux faire dans le domaine des droits de l'homme, des libertés et du développement.

Car, il y'a certes des actions qui ont été faites depuis son avènement au pouvoir, mais, il reste encore beaucoup de choses à faire» a estimé Sadikh Niass.

Et d'ajouter : «Ce prix à mon avis, doit être un motif d'encouragement pour lui (chef de l'Etat) de poursuivre les efforts dans le sens du développement du pays et la préservation des libertés démocratiques».

Initié par l'institut Amadeus, un think tank marocain, fondé en 2008 par Brahim Fassi Fihri, le «Grand prix Medays» récompense chaque année, une personnalité politique, de la société civile ou du monde de l'entreprise ayant, par son action, joué un rôle déterminant dans la construction de la démocratie ou le développement économique dans le monde.

Il faut également souligner qu'avant le Président Sall, ce prix a déjà été décerné à d'autres chefs d'Etat et de gouvernements dont le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré en 2018, Alpha Condé de la Guinée en 2017, le Rwandais Paul Kagamé, lauréat de la 8ème édition en 2015 pour ne citer que ceux-là.

Il faut également rappeler que sur la liste restreinte des pays ayant déjà été distingués par ce prix, figure le Sénégal récompensé pour la réussite «exemplaire» de l'avant-dernière élection présidentielle de 2012. Les deux autres nations lauréates sont la Libye et Haïti en 2016.

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