Sénégal: Sédhiou - L'aménagement participatif des forêts est-il intégré dans le Pse ?

15 Novembre 2019

Face à l'ampleur d'une surexploitation des massifs forestiers, le programme PSE-Vert (Plan Sénégal émergent pour la reforestation) a vu le jour. Il vise, selon les acteurs territoriaux, à intégrer la dimension aménagement participatif des forêts dans les mécanismes d'exploitation des ressources ligneuses.

Sur le terrain, les acteurs confirment l'implication des communautés qui, à leur tour, tirent également leurs revenus de cette exploitation.

Retour en mode «fact-checking» sur la mise en œuvre de ces dispositions réglementaires dans le cadre du programme de bonne gouvernance environnemental de l'Institut Panos Afrique de l'Ouest (IPAO).

La loi n°98-164 du 20 février 1998 portant Code forestier organise l'exploitation des forêts au travers d'un mécanisme d'aménagement notamment en son article 11, Chapitre premier. «L'aménagement forestier comporte un ensemble de techniques de conduite et de traitement des forêts, aux fins de les pérenniser et d'en tirer le maximum de profit», dit cette loi.

Et de poursuivre, en ce même article : «le plan d'aménagement forestier consiste en une programmation de l'aménagement dans le temps et dans l'espace pour la réalisation de ce profit aux plans économique, social, culturel ou environnemental».

Le plan de gestion constitue la partie du plan d'aménagement qui contient les décisions sur le découpage de la forêt et le calendrier des coupes.

Il renferme les principales prescriptions de l'aménagement concernant le programme des exploitations, ainsi que le programme des travaux pendant la durée d'application de l'aménagement, selon toujours les dispositions réglementaires ci-haut invoquées.

Ce sont, en effet, ces mêmes dispositions qui sont renforcées pour donner corps au PSE-Vert, a indiqué le colonel Djimanga Diédhiou, l'inspecteur régional des Eaux et forêts et chasse de Sédhiou. Les communautés, dans leur ensemble, sont impliquées dans la gestion des forêts.

«Les populations, à travers les collectivités territoriales, s'impliquent bien dans cette gestion. Elles y trouvent leurs comptes car bénéficiant des ristournes (chaque sac de charbon bord champs est taxé à 200 F CFA. Cet argent est réparti entre la collectivité territoriale, le comité villageois et le fonds local d'aménagement», dit-il.

LES RISTOURNES AU SERVICE DES COMMUNAUTES DE BASE

Au sujet de la valorisation de cette manne financière, le colonel Diédhiou relève que «c'est de l'argent réinvesti notamment dans la lutte contre les feux de brousse et dans les campagnes de reboisements. Il y a une organisation interne qui est faite au travers une convention pour mettre en place des règles d'exploitation.

Des surveillants sont désignés pour veiller à la bonne exploitation des forêts. Ils collaborent avec les agents des Eaux et forêts, en veillant à l'application des prescriptions techniques c'est-à-dire les espèces à couper et les modalités.

On ne doit pas couper plus de 50% de la ressource. Les parcelles sont délimitées et exploitées de façon rotative, sur une durée de huit ans», tient-il à préciser.

Au demeurant et selon toujours les analyses de Djimanga Diédhiou, ces dispositifs réglementaires contribuent à donner corps au PSE-Vert (Plan Sénégal émergent dans la dimension préservation des ressources forestières).

«Les autorités administratives sont bien impliquées et tenues informées de la progression au travers des rapports et autres documents techniques de mise en œuvre», conclut-il.

DES MODELES DE REUSSITE DES FORETS AMENAGEES

Le maire de Oudoucar, Sankoung Sagna, et président du Collectif des maires du département de Sédhiou, est d'avis que «le processus d'aménagement des forêts est une excellente initiative d'exploitation rationnelle des forêts.

C'est même la signification première de l'aménagement des forêts en raison de l'implication des populations.

Il s'agit de veiller au respect de la convention mise en place pour mieux exploiter la forêt aujourd'hui et prévoir les lendemains». Plus spécifiquement, Sankoung Sagna donne l'exemple de sa commune.

«Ici, à Oudoucar, nous avons mis en place des R.V. c'est-à-dire des Représentants villageois. Dans l'organigramme, toutes les couches de la population y sont représentées».

Dans le département de Sédhiou ce sont les communes de Oudoucar, Sakar, Samé Kanta, Dianabah et Diambaty, dans le département de Bounkiling, qui abritent des forêts aménagées. Les élus du département de Sédhiou sont sollicités pour aider Niagha, dans le département de Goudomp, à expérimenter le schéma des massifs forestiers ci-haut cités.

Le colonel Djimanga Diédhiou donne, pour sa part, en exemple le poste des Eaux et forêts de Sinthian Koundara, dans la région de Tambacounda, construit et équipé des ressources tirées de l'exploitation rationnelle des forêts.

Et d'ajouter: «les populations ont amélioré leurs habitations et tirent des revenus de cette forme d'organisation qui profite à tous ici présents et les générations à venir».

Outre ce programme institutionnel avec l'administration déconcentrée, des projets et programmes sont dans la mouvance, rassure Sankoung Sagna, le maire de Oudoucar. «Le projet USAID-Wuula Nafaa est intervenu sur les massifs de Sakar-Oudoucar, PROGED 2 (Programme de Gestion Durable et Participative des Energies Traditionnelles et de Substitution, phase 2) sur les massif de Boussimbalo et présentement le projet USAID-Kawolor cherche à expérimenter les résultats de Sakar-Oudoucar dans la commune de Niagha (extrême Sud-Est) du Sénégal, dans le département de Goudomp, longtemps laissé en rade en raison du conflit armé en Casamance.

Notre interlocuteur de préciser que «certes l'Agence régionale de développement (ARD) est le bras technique des collectivités territoriales, mais elle n'est pas directement impliquée dans le processus d'exploitation des forêts». L'autorité administrative, pour sa part, veille à la légalité des propositions et aide à la mise en œuvre des grandes décisions.

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