Cameroun: 2e Forum sur la paix - La grande contribution du Cameroun

Le président Paul Biya milite pour une gouvernance mondiale équilibrée avec en prime la réforme des grandes institutions internationales.

Le deuxième Forum de Paris sur la Paix a tracé de nouveaux sillons de la coopération. A la veille de l'ouverture de cet événement qui s'impose déjà dans l'agenda des rencontres internationales majeures, le Secrétaire général de l'ONU a mis en garde contre les « cinq fissures grandissantes » auxquelles le monde est confronté et a prévenu que le statu quo n'était pas tenable.

Pour António Guterres, le danger d'une fracture économique, technologique et géostratégique, les risques d'une fissure du contrat social, de la solidarité, la rupture entre la planète et ses habitants ainsi que la fracture technologique constituent les vraies sources d'inquiétude de notre époque. A la plénière d'ouverture, tous les intervenants se sont inquiétés de la montée vertigineuse du « protectionnisme, de l'unilatéralisme et du populisme ». Ce qui a fait dire à Emmanuel Macron, le président hôte du Forum que le système international vit « une crise sans précédent ».

A ce conclave parisien, le président camerounais s'est présenté en porteparole des pays du Sud. Dès sa prise de parole dans le cadre du premier panel sur le thème : « Reconnaître le Sud : pour une gouvernance plus équilibrée », il a milité pour une gouvernance mondiale équilibrée. Paul Biya a plaidé, comme il l'a déjà fait à d'autres occasions, pour une réforme des grandes institutions internationales. Le chef de l'Etat évoque notamment le Conseil de sécurité des Nations unies où l'Afrique forte de ses 54 Etats n'y dispose d'aucun de droit de veto.

Le débat dure depuis plusieurs décennies sur cette situation mais les lignes tardent à bouger. Paul Biya propose un Conseil de sécurité à 26 membres. Le plaidoyer du Cameroun touche également les autres grandes institutions créées après la deuxième Guerre mondiale notamment le Fonds monétaire international et la Banque mondiale. Au FMI qui comprend 189 pays membres par exemple, les décisions sont prises en concertation avec la Banque mondiale selon le modèle du Conseil de conseil de sécurité. La voix de chaque pays pèse selon le montant de sa participation financière à l'organisation (sa « quote-part »). Paul Biya souhaite un aggiornamento de ces deux institutions « pour tenir compte des nouvelles entités qui participent à la vie internationale », et il pense à l'Afrique. Pour lui, ces deux instances financières internationales doivent véritablement aider les pays du Sud à émerger.

Le président n'a pas manqué l'occasion de faire le point sur la situation socio-politique de son pays. Face au sémillant Mohamed (Mo) Ibrahim, il a brillamment restitué la réalité actuelle relativement à la tension qui prévaut dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Il a insisté sur les solutions durables envisagées pour résoudre ce conflit qui dure depuis trois ans.

Le président de la République a évoqué la tenue du Grand dialogue national, dont l'une des recommandations porte sur un statut spécial pour les deux régions. « Nous mettons sur pied un statut spécial qui reconnait la spécificité de la zone anglophone, mais elle reste dans l'intégrité territoriale du Cameroun », a-t-il clarifié. En somme, au Forum de Paris, Paul Biya a porté à la fois, la voix de son propre pays, de l'Afrique et de tous les spays du Sud pour plaider pour une coopération plus équilibrée et juste

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