Congo-Brazzaville: Fracturation des roches - Hardy Nkodia mène une étude sur les deux Congo

Détenteur d'une bourse de l'AfricaMuseum (le Musée royal de l'Afrique centrale) depuis juillet dernier, l'étudiant en doctorat au département Géosciences appliquées de la faculté des sciences de l'Université Marien-Ngouabi y a mené six semaines de recherches enrichissantes dont la production d'une série de cartes sont les résultats préliminaires.

Le stage que le doctorant Hardy Nkodia a effectué à Tervuren est en complément aux recherches qu'il a entamées en 2017 sous la direction du Dr Florent Boudzoumou. Il a travaillé avec son co-promoteur du musée, le Dr Damien Delvaux, sur le « Style tectonique structural comparé dans le supergroupe ouest congolien et du groupe de l'Inkisi, de part et d'autre du fleuve Congo, République du Congo et République démocratique du Congo ».

Au terme de son séjour, la veille de son retour à Brazzaville, le 8 novembre, il a présenté les résultats préliminaires de ses recherches. C'était en présence d'autres éminents scientifiques du musée dont son promoteur belge susmentionné. Abordé par Le Courrier de Kinshasa à la fin de sa présentation, Hardy Nkodia a dit que son étude sera assurément profitable aux Congolais.

Il a ainsi, entre autres, affirmé que son étude peut conduire à faire de la prédiction sismique. « Mes recherches se fondent essentiellement sur l'étude des fracturations dans les roches. Plusieurs failles ont été identifiées à Brazzaville dont certaines sont anciennes, donc se sont formées il y a longtemps. Cependant, d'autres sont encore actives, c'est-à-dire qu'elles pourraient induire des mouvements au niveau des bâtiments, peut-être un séisme. Pour la société, l'étude de ces failles est importante de façon à faciliter la recherche d'eau, notamment à Kinkala (République du Congo, Ndlr). En effet, dans des régions comme Kinkala, l'on n'arrive pas à trouver de nappe. Et donc, à partir des fracturations, il est possible d'en trouver. Ainsi, l'on peut prévoir un séisme si l'on arrive à comprendre ces failles », nous a-t-il expliqué.

Par ailleurs, le scientifique congolais a souligné que la portée de ses recherches est étendue au-delà de la capitale de la République du Congo. « Nos travaux ne s'arrêtent pas à Brazzaville, nous les menons aussi dans le Niari où nous y étudions toutes les fracturations car elles comportent des minéraux utiles au développement économique, notamment le sulfure de plomb et de cuivre. Et donc, si l'on parvient à les comprendre, elles pourraient servir à la société », a-t-il dit. Et de renchérir : « les roches étudiées ne sont pas limitées par les frontières humaines. Elles se prolongent au-delà du Congo-Brazzaville. Celles que l'on retrouve là sont les mêmes qu'au Congo-Kinshasa et même jusqu'en Angola. Mais dans le cadre de ma thèse, je me limite à travailler sur les deux Congo, de part et d'autre du fleuve ».

Un stage à deux volets

En ce qui concerne les travaux menés en RDC, Hardy Nkodia explore les carrières de grès de Kinsuka. Il s'agit, dit-il, de « la roche rouge utilisée en construction, entre autres, pour les fondations des immeubles ». Comme à Brazzaville, l'étude s'étend au-delà de la capitale vers le Kongo central. « Nous avons travaillé à Mbanza-Ngungu dans plusieurs grottes, à Kimpese, Levo, nous comptons aussi aller à Songololo, Ngaliema, etc., plein d'autres régions ciblées », a-t-il soutenu.

Pour ce qui est des six semaines qu'il a passées à Tervuren, Hardy Nkodia a précisé : « L'ensemble du stage ici au Musée royal était focalisé sur deux volets, d'abord des formations sur les techniques pour les études à effectuer sur le terrain. Pour cela, nous avons beaucoup travaillé dans des grottes avec des équipements de sécurité suivant les techniques spécifiques apprises dans les clubs de spéléologie. Le second volet consistait à discuter sur les recherches faites à Brazzaville avec le promoteur d'ici. La compilation des données et leur traitement nous ont conduits à produire les cartes qui ont servi à la présentation d'aujourd'hui ».

Par ailleurs, le doctorant se réjouit aussi d'une autre opportunité offerte par son séjour en Belgique qui n'était pas des moindres. « Je peux dire que le troisième volet de mon stage a été de profiter de l'avantage d'un accès plus facile à internet ici, comparé à Brazzaville, pour mener aussi des recherches bibliographiques », a-t-il reconnu à cet effet. Le jeune scientifique nous a donc affirmé avoir eu à portée de main « d'anciennes documentations et des nouvelles publications » qui l'aideront à poursuivre plus aisément ses analyses et recherches à son retour.

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