Rwanda: Inquiétudes après de nouvelles menaces de Paul Kagame

Le chef de l'État rwandais s'est exprimé ce jeudi 14 novembre à l'occasion de la cérémonie d'investiture des nouveaux membres du gouvernement et de l'armée nommés il y a une dizaine de jours. Paul Kagame a promis de faire payer plus cher encore toute tentative de déstabilisation du pays.

Le chef de l'État rwandais hausse le ton après plusieurs attaques sur son sol, comme celle de Kiningi. Alors même que les principaux chefs rebelles rwandais, les généraux Sylvestre Mudacumura et Jean Michel Africa, ont été tués en RDC au cours de raids attribués à l'armée congolaise. Paul Kagame ne cite aucun nom précis, dans son discours. Il évoque ceux qui ont commis le génocide, mais aussi ceux qui se cachent derrière la démocratie, la politique et la liberté.

« Nous allons augmenter la facture pour tous ceux qui cherchent à déstabiliser notre sécurité. Le coût va être très élevé. Je vous l'assure et vous savez que je pense ce que je dis. Je veux aussi avertir des gens parmi nous, des gens qui se cachent derrière des tas de choses, la démocratie, la politique, la liberté. Ce sont des choses que nous voulons et c'est notre responsabilité de nous assurer qu'il y ait la démocratie, la paix, la liberté dans notre pays. Mais pour tous ceux qui se cachent derrière ces idioties et qui sont soutenus et reconnus par les gens de l'extérieur », a-t-il déclaré en anglais.

Avant d'ajouter en kinyarwanda : « Vous vous réjouissez, vous allez voir de quel bois on se chauffe. Et pour tous ceux qui sont impliqués, ils ont intérêt à avouer très vite, très vite, il va falloir vous confesser. Vous ne pouvez pas rester ici, bénéficier de la paix et de la sécurité que nous avons créée et payée de notre sang, pendant des années. Vous ne pouvez pas faire des choses dans notre dos et créer des problèmes. On va vous mettre là où vous méritez d'être, il n'y a pas de questions à se poser là-dessus. »

Pression sur les opposants

À l'intérieur du pays, les rares opposants encore libres s'inquiètent. Victoire Ingabire est convoquée presque toutes les semaines par la police. Mise en cause pour les liens de son ex-formation, les FDU, avec le RNC du général Kayumba Nyamwasa, elle a désormais créé un nouveau parti.

Plusieurs communiqués de l'opposition politico-militaire rwandaise, comme de la société civile, dénoncent la multiplication des incursions de l'armée rwandaise au Congo. Ils évoquent aussi les menaces qui pèsent sur les réfugiés rwandais. Notamment ceux qui vivent au Sud-Kivu, dans le territoire de Kalehe, sous la protection d'un groupe armé rwandais, les FLN. Du côté de l'armée congolaise, on dément pourtant toute incursion de l'armée rwandaise au Congo et on assure que les opérations militaires en cours contre les groupes armés rwandais sont menées par les Forces congolaises, les FARDC.

Nous allons augmenter la facture pour tous ceux qui cherchent à déstabiliser notre sécurité. Le coût va être très élevé. Je vous l'assure et vous savez que je pense ce que je dis. Je veux aussi avertir des gens parmi nous, des gens qui se cachent derrière des tas de choses, la démocratie, la politique, la liberté. Ce sont des choses que nous voulons et c'est notre responsabilité de nous assurer qu'il y ait la démocratie, la paix, la liberté dans notre pays.

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