Afrique: Villes africaines - Les dysfonctionnements au scanner

Les Pr. Touna Mama et Michel Simeu-Kamdem proposent dans un ouvrage collectif les clés de compréhension du développement urbain en Afrique subsaharienne.

Certaines observations ont révélé l'inspiration. D'abord il y a le problème de transport et des voies de communication avec les agglomérations qui s'étalent. Puis celui des installations des populations sur des zones non autorisées, ce qui génère des conditions de vie précaires, voire des drames. Ou même celui des infrastructures vieillies ou délabrées qui transforment des quartiers centraux en taudis, en plus des problèmes d'insalubrité, etc. Des dysfonctionnements communs à plusieurs villes d'Afrique subsaharienne. Des chercheurs se sont penchés sur la question et ont rassemblé les fruits de leurs recherches dans un ouvrage. « Les politiques de la ville en question : A la recherche d'une meilleure gouvernance urbaine en Afrique subsaharienne ». Edité en 2018 aux éditions L'Harmattan à Paris, l'ouvrage collectif est co-dirigé par les Pr. Touna Mama et Michel Simeu-Kamdem.

En 296 pages, ce livre propose un regard pluriel sur les évolutions des villes du Cameroun, de la Côte d'Ivoire, du Niger, du Sénégal, de la Tanzanie et du Tchad. A la cérémonie de dédicace le 13 novembre dernier à l'Institut français du Cameroun, les auteurs ont relevé les grandes lignes de l'ouvrage qui se subdivise en trois parties. La première se penche sur les questions de développement urbain durable et met en exergue les opérations engagées dans ces pays. Dans la seconde partie consacrée à la gestion de la salubrité urbaine, on découvre l'inefficacité des stratégiques étatiques et des initiatives communautaires à Niamey et la gestion des caniveaux dans les grandes villes face aux gonflements de la population. Enfin, la troisième partie examine les processus de décentralisation mis en marche ces dernières décennies.

Quelques propositions émergent pour faire face aux problématiques soulevées. Primo, rien ne sert d'aller dans des pays étrangers pour définir les politiques en matière de ville. « Il suffit d'observer le fonctionnement de nos villes. Certaines villes modestes où des services urbains fonctionnent correctement peuvent inspirer les plus grandes », a souligné Pr. Touna Mama. Puis, en matière d'insécurité alimentaire, il propose de taxer l'exportation des produits agricoles afin de favoriser les marchés urbains nationaux. En tourisme, il suggère aux pouvoirs publics de s'offrir des conseillers en architecture sur toute la chaîne, d'aménager des espaces d'interaction entre les promoteurs privés, les agents de l'Etat et les autres spécialistes. Pour les auteurs, il serait également souhaitable d'y impliquer davantage la population. La décentralisation devrait s'accompagner de la nécessité de former, de recycler ou de renforcer les capacités des gestionnaires des villes, de ceux qui y contribuent et des populations. « Le transfert de compétences sans moyens ne saurait produire de résultats », a rappelé Pr. Touna Mama.

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