Congo-Kinshasa: FMI - Encore un pas vers la conclusion d'un accord

Une équipe de l'institution de Bretton Woods conduite par Mauricio Villafuerte a clôturé sa mission à Kinshasa, le 15 novembre. Les discussions avec les autorités RD-congolaises ont conduit à un accord ad-referendum, ou sous réserve plus exactement, sur un Programme de réforme soutenu par la Facilité rapide de crédit (FRC) et un programme suivi par les services jusqu'à fin mai 2020. Toutefois, il reste les étapes décisives de l'approbation de la direction générale et de l'examen du Conseil d'administration pour tout décaissement.

Kinshasa poursuit son forcing pour obtenir du Fonds monétaire international (FMI) la mise en œuvre urgente d'un programme formel. Du 6 au15 novembre, une mission du FMI a séjourné dans le pays dans le cadre des consultations avec les autorités politico-financières RD-congolaises. Dans une déclaration finale devant la presse, le chef de la délégation a confirmé l'accord ad-referendum ou tout simplement de principe entre les deux parties sur des politiques à mettre en œuvre rapidement. Elles viseront concrètement le renforcement de la stabilité macroéconomique, des réserves internationales et des réformes structurelles pour s'attaquer enfin aux problèmes profondément enracinés liés à la mauvaise gouvernance, à un environnement économique difficile et une pauvreté généralisée. Selon Mauricio Villafuerto, il est important de mettre en place ce Programme de référence pour offrir aux autorités, avec l'aide de leurs partenaires bien entendu, l'occasion d'élaborer un véritable programme de réformes structurelles plus approfondi dans le cadre d'un programme moyen terme soutenu par le FMI.

Mais que faut-il retenir globalement de ce qui précède ? D'abord, le communiqué de presse de la mission ne présente pas un point de vue forcément partagé par le Conseil d'administration, l'organe suprême de l'institution, ou même la direction générale. « Sous réserve de l'approbation de la direction générale du FMI, l'accord au niveau des services relatif au décaissement de la FRC devrait être soumis pour examen au Conseil d'administration du FMI à la mi-décembre 2019 », peut-on lire sur le document. Ce message arrive à un moment propice pour le pays qui traverse une période plutôt difficile. En effet, les deux parties ont noté les multiples défis pour l'économie RD-congolaise, avec une croissance du PIB en baisse, à 3,2 % en 2020 contre 4,5 % en 2019. La raison de ce ralentissement est le repli de la production minière. Les experts affirment que le pays devrait connaître une accélération du PIB du secteur non attractif à la suite de l'augmentation des dépenses de l'Etat.

Pour le reste, la RDC reste confronté à divers maux alarmants : pauvreté généralisée, faiblesse du système judiciaire, fiscalité fragmentée, etc. Du côté du FMI, la seule alternative pour le pays reste la maximisation des recettes publiques et la fixation des priorités dans la mise en œuvre des plans de développement et des plans sociaux. Les nombreuses dépenses de l'Etat au cours des derniers mois, notamment la gratuité de l'éducation primaire et les infrastructures réhabilitées ou nouvellement construites, ont conduit à une érosion des réserves internationales de la Banque centrale du Congo (BCC). « Les recettes intérieures étant insuffisantes pour financer ces initiatives, la BCC a accordé des avances au gouvernement ». Il est donc crucial que l'autorité monétaire puisse reconstituer ses réserves et continuer à utiliser les instruments à sa disposition pour maintenir une faible inflation et intervenir efficacement sur le marché de change. Pa ailleurs, d'autres mesures s'avèrent tout aussi indispensables pour simplifier la fiscalité et renforcer le système judiciaire.

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