Congo-Kinshasa: Messe des prémisses du nouveau Cardinal - Tshisekedi et Ambongo, même vision pour un grand Congo

18 Novembre 2019

La messe inaugurale du Cardinalat de Mgr Fridolin Ambongo Besungu, hier dimanche 17 novembre 2019 au stade des Martyrs, à Kinshasa, célébrée par lui-même, a été rehaussée de la présence du Chef de l'Etat, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, accompagné de son épouse, Denise Nyakeru, revenus fraichement d'une grande tournée diplomatique en Europe.

Plusieurs personnalités religieuses, politiques et diplomatiques étaient également là, notamment le cardinal Laurent Monsengwo, le Nonce Apostolique, une vingtaine d'évêques membres de l'épiscopat congolais, des représentants d'autres confessions religieuses, dont le Révérend-pasteur Bokundoa, président de l'ECC (Eglise Protestante au Congo), de plus de 500 prêtres et religieuses.

Parmi les personnalités politiques, toutes tendances confondues, on a reconnu Vital Kamerhe, Directeur de cabinet du Chef de l'Etat, Néhémie Mwilanya, ancien Directeur de cabinet du président sortant et Coordonnateur du FCC (Front Commun pour le Congo), Eve Bazaiba, Secrétaire général du MLC (Mouvement de Libération du Congo), Bahati Lukwebo, président de l'AFDC-A (Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés, Francis Kalombo, porte-parole de Moise Katumbi, président de Ensemble pour le Changement, etc.

L'on a enregistré également la participation d'une forte délégation venue du Congo-Brazzaville, des délégations européennes, asiatiques, de l'Amérique du nord. Signalons que les ailes 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, et 10 étaient restées vides, pour des raisons de sécurité. C'est ce qui a justifié la présence de nombreux fidèles catholiques en dehors du stade des Martyrs, faute de places à l'intérieur.

Dans son message de circonstance, intervenue en pleine célébration eucharistiques, le Cardinal Ambongo a remercié de vive voix le Président de la République pour sa proximité et sa présence au Vatican, lors de sa création comme Cardinal, le 5 octobre 2019. Il a témoigné sa gratitude à l'épiscopat congolais, aux chrétiens catholiques et à d'autres confessions religieuses, ainsi qu'aux personnes de bonne volonté qui continuent à le soutenir dans ses charges pastorales.

En résumant les trois textes lus au cours de son homélie, à savoir Malachie 3, verset 17 à 20 ; 1 thésaloniciens, 3, 7 à 12 et de Malachie 3, 19, l'Archevêque métropolitain de Kinshasa, qui place sa mission épiscopale sous le signe de l'unité et de l'humilité, s'est adressé au peuple congolais en général et kinois en particulier, en ces termes : « Nous devons aller de l'avant pour un Congo renouvelé». A la lumière de la bible, il s'est attaqué aux « arrogants » qui marchent sur les pauvres et les petits. Il a fait un plaidoyer pour la paix dans l'Est de la RDC, particulièrement sur le plateau de Fizi et d'Uvira, en félicitant au passage le professeur Jean-Jacques Muyembe pour ses efforts dans la lutte contre la fièvre hémorragique d'Ebola. Il a exprimé également sa solidarité aux sinistrés des inondations au Nord-Ubangi, dans la province du même nom. de l'Equateur.

S'agissant de la gratuité de l'éducation de base, il a demandé au gouvernement de prendre ses responsabilités, notamment en cherchant les moyens requis pour satisfaire les autres paliers relatifs aux salaires des enseignants ainsi qu'aux frais de fonctionnement des écoles publiques. Sa crainte est si certains préalables ne sont pas remplis, les acquis de la gratuité risquent d'être remis en cause.

S'adressant à la classe politique, il a recommandé à tous de tourner la page du passé, de transcender leurs divergences, de cesser de se quereller pour des futilités et regarder dans la même direction, celle de la construction d'un Congo nouveau, dans l'amour, la fraternité, l'humilité, la tolérance, etc. « Nous devons mettre de côté nos intérêts égoïstes, pour privilégier l'intérêt du peuple », a-t-il souligné.

Prenant la parole peu avant la fin du culte, le Chef de l'Etat, Félix Antoine Tshisekedi, s'est engagé à apporter tout son soutien au Cardinal Ambongo, dont l'élévation à cette haute dignité est, à ses yeux, une grâce de Dieu pour la RD Congo. Tout en demandant au peuple congolais de prier pour le Cardinal et pour les dirigeants, il a exhorté l'Archevêque de Kinshasa à se positionner comme un des piliers du renouveau du Congo.

S'adressant à la classe politique, le Président de la République a usé d'une image forte, celle de l'inexistence des saints d'un côté et des démons de l'autre. « Nous sommes tous des pécheurs », a-t-il martelé, car le temps de la répentence a sonné. C'était pour souligner l'intérêt pour tous les fils et filles du pays à cohabiter pacifiquement et à ne rechercher qu'une chose, la renaissance de la RD Congo comme une nation unie, forte, prospère, où il ferait bon vivre pour tous. Après avoir rappelé avoir déjà confié le sort du pays entre les mains du créateur, lors d'une journée de prière organisée le 30 juin dernier, le Chef de l'Etat a souhaité à tous ceux qui ont une parcelle de pouvoir de se considérer comme des instruments de création du bonheur collectif. Après avoir insisté plusieurs fois sur le fait que le Congo était un pays béni de Dieu, et son peuple était promis à un bel avenir, il a fait don, au Cardinal Ambongo, d'une jeep pimpant neuve. Jean-René Ekofo

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