Afrique: Le siècle de tous les dangers

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Ce que le vingtième siècle nous a appris, si l'on réfléchit bien, c'est que plus l'homme progresse dans le domaine du savoir, de la technique, de la science, plus il porte atteinte à la nature qui l'entoure, se dote d'armes puissantes, développe des instruments de destruction et plus, par conséquent, il menace la survie de sa propre espèce.

N'est-ce pas, en effet, ce même vingtième siècle qui l'a vu simultanément réaliser des avancées spectaculaires dans les domaines de la santé, de l'éducation, de la communication, de la production industrielle, de l'exploitation des ressources naturelles, de l'exploration de l'espace et s'engager simultanément dans des conflits meurtriers tels que les deux guerres mondiales qui ont coûté la vie à des centaines de millions d'êtres humains, se lancer dans une surexploitation des ressources naturelles de la planète sans se soucier de la dégradation massive de son environnement, sur-industrialiser ses activités au risque de provoquer une hausse des températures sur les cinq continents dont les effets s'annoncent destructeurs à tous égards?

Croire, dans un tel contexte, que le vingt-et-unième siècle, dont nous vivons les premières décennies, sera un siècle de progrès, d'avancées, donc de bonheur individuel et collectif n'est pas autre chose que mettre la tête sous le sable comme l'autruche de la fable et ne pas oser regarder la vérité en face. Si les dirigeants du siècle précédent avaient eu la sagesse de réfléchir par anticipation aux effets inévitables que la modernisation des activités humaines entraînerait, nous n'en serions pas là où nous sommes aujourd'hui, c'est-à-dire contraints de douter que la survie de l'espèce humaine sera possible au-delà de la fin de ce siècle dont va débuter prochainement la troisième décennie.

Comprenons-nous bien : il ne s'agit pas ici de dire que la recherche scientifique, le progrès technique, l'avancée dans tous les domaines de l'activité humaine doivent être ralentis, sinon même stoppés, mais d'affirmer sans la moindre crainte de se tromper que les conséquences probables voire même certaines des progrès à venir doivent être beaucoup plus réfléchis qu'ils ne le sont aujourd'hui. Un travail collectif dont les percées ultrarapides constatées ces derniers temps dans le champ dit de « l'intelligence artificielle » donne aujourd'hui une idée précise car les dérives plus que probables en préparation dans ce domaine déboucheront inévitablement demain sur des drames dont l'ampleur dépassera celle des crises que nous avons vécues tout au long du vingtième siècle.

Si la communauté internationale doit se fixer un objectif majeur pour la prochaine décennie, c'est bien celui d'anticiper les conséquences négatives que les progrès scientifiques et techniques auront dans tous les domaines. Donc de mesurer le danger qu'ils constitueront pour la communauté humaine tout entière s'ils ne sont pas strictement encadrés sur toute l'étendue de la Terre. Ne pas le faire avant qu'il soit trop tard serait suicidaire au sens propre du terme. Il revient à la société civile, dans ses multiples composantes, de le faire comprendre aux gouvernants sur toute l'étendue de la Terre et avant qu'il soit trop tard.

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