Congo-Kinshasa: Affaire sextape - Héritier Watanabe dans les mailles de la justice

Le chanteur congolais a été arrêté, le 16 novembre à Kinshasa, par la police pour atteinte à la « pudeur et proxénétisme » pour s'être filmé en plein ébat sexuel avec sa partenaire et balancé la vidéo sur les réseaux sociaux, à en croire la version répandue dans la ville.

L'affaire met aujourd'hui l'artiste dans une situation inconfortable d'autant plus qu'il est en studio, préparant son prochain opus "Mi ange mi démon", annoncé pour fin décembre. En effet, le musicien Héritier Watanabe, de son vrai nom Bondongo Kabeya, est en passe de subir une peine pouvant compromettre la suite de sa carrière musicale. En cause, une sextape de quelques secondes, dont lui-même est l'auteur.

Sur cette vidéo qui fait sensation sur la toile et diffusée à loisir les réseaux sociaux, l'artiste se plait à se filmer alors qu'il est en plein ébat sexuel avec sa partenaire, de surcroît une femme qu'on présente comme mariée. Le buzz créé par cette scène érotique dans laquelle s'exhibent les deux tourtereaux en chaleur aura suscité un tollé dans l'opinion au point que le commissaire divisionnaire adjoint de la police, Sylvano Kasongo, s'est décidé de mettre la main sur le couple informel afin qu'il réponde de cet acte répréhensible par les mœurs congolaises, parce que défiant la morale publique.

Samedi dernier, des policiers agissant en exécution d'un mandat en bonne et due forme, ont arrêté le chanteur et sa compagne qu'ils ont immédiatement conduits au parquet près le tribunal de Kinshasa/Gombe. Une première audition a eu lieu le même jour, au cours duquel la thèse d'une sextorsion, c'est-à-dire le vol des données personnelles et leur publication intentionnelle a été soulevée par la partie incriminée. Un élément sur lequel devrait notamment s'appuyer, en désespoir de cause, la défense de l'artiste qui, visiblement, peine à le dédouaner de cet acte délictueux qui continue de défrayer la chronique.

Ce fait insolite relance, si besoin en était encore, le débat sur la question de savoir si l'autorité judiciaire peut-elle se saisir des faits du monde virtuel pour attraire un sujet sur le terrain des poursuites pénales. Là est toute la question. Pour l'heure, les griefs à charge de l'artiste, à savoir atteinte à la pudeur et proxénétisme, ravivent la polémique entre pro et anti Watanabe, chacun y allant de son argumentaire pour, soit crucifier l'ancien sociétaire de Wenge Musica Maison Mère qui, dit-on, ne serait pas à sa première bévue, soit pour prendre faits et cause pour lui.

En tout état ce cause, l'album en chantier "Mi ange mi démon" (le deuxième de la carrière d'Héritier Watanabe) annoncée pour fin décembre, devrait connaître un coup de frein, si son auteur écopait d'une peine d'emprisonnement. Affaire à suivre.

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