Togo: Dr Gnagnon veut « ouvrir la porte d'un nouveau jour » pour les Togolais

18 Novembre 2019

Le désormais ancien membre du bureau politique des FDR (Forces Démocratiques pour la République), Dr Jean-Emmanuel Gnagnon, qui a signé il y a quelques semaines son retrait du parti de Me Dodji Apévon, était en café littéraire Dimanche à Lomé autour de son recueil de poèmes « Ouvrir la porte d'un jour nouveau ».

Ce café littéraire a été l'occasion pour plusieurs littéraires togolais qui s'y connaissent à la chose poétique de formuler leurs critiques et de décortiquer ce recueil sorti depuis 2015, et dont le contenu est plus encore d'actualité que jamais.

Des différentes interventions dont certaines ont permis à l'auteur d'apporter des éclaircissements, il est retenu que « le travail d'écriture de Jean-Emmanuel Gnagnon s'étend de 2002 à 2014 soit douze ans de travail.

Il faut voir dans cette longue durée de travail un cheminement fait par l'auteur en rapport non seulement aux événements socio-politiques de son pays qui servent parfois de prétexte au texte sans pour autant être des enjeux politiques pour lui, mais aussi en rapport à une expérience personnelle faite par l'auteur qui d'ailleurs a fini par développer un relativisme qui le pousse à douter et à reconsidérer les vérités reçues et entretenues par la religion.

Ce relativisme est aussi le fruit de ces voyages à travers les livres et les pays ». Et Gnagnon ne veut pas s'enfermer dans les dogmes.

« En dehors de ce discours antidogmatisme qui semble être le fondement même de son recueil, on peut lire des thèmes universels tels la mort et la vie ; La Justice, la liberté et la paix ; la quête de l'invisible ou de l'inconnu », relevait un des témoins de cette rencontre.

Des dires de l'auteur, de son écriture poétique, il faut y voir « une écriture en mouvement et d'une écriture du mouvement, une poésie soutenue par une forme d'écriture dynamique, vivante et circulaire, cette forme d'écriture que Manaf Boukari a appelé dans sa préface : une écriture cyclothymique ».

Il s'agit d'un rythme de poésie qui « se confond par alchimie à la danse, non pas seulement des mots mais aussi des idées comparables à l'ouroboros, le serpent qui se mord la queue, l'incarnation de l'infinitude du temps ».

De ce qui précède, Komlan Mawuli Diapena, qui présentait l'œuvre a comparé l'auteur à « un réformateur téméraire comparé à Jésus, qui dénonce un complot réfléchi contre un groupe ignorant. Il veut ouvrir les portes du temple fermées ».

Si les sujets abordés sont divers, ce recueil de 63 poèmes sur 97 pages, au travers duquel Dr Gnagnon voit « un véhicule du savoir, une rencontre avec l'incréé, un rendez-vous auquel on répond », n'occulte pas le volet politique.

« On peut lire à travers cette écriture en mouvement et du mouvement, dans ces poésies de l'action, le rejet de tout dolorisme, de toute résignation, mais aussi la dénonciation de toute pensée unique et unidimensionnelle pour y voir une apologie du combat et de la lutte pour la liberté.

Quand le poète sent que la liberté qui est un don de Dieu est enchaînée par l'homme, il pousse le cri.

Qui invite les siens à l'action et à la révolte, lui-même révolté contre tout discours et actes qui semblent détenir le monopole du savoir ou du pouvoir, il déconstruit les vérités admises et répandues que celles-ci soient du domaine du religieux , politique ou du domaine de la science, l'auteur "ouvre ... " la porte d'un passé qui pour lui n'est pas passé puisque selon lui, ce passé n'est pas suffisamment révélé aux hommes ou si il est révélé, il l'a faussement été », tel est le résumé qu'on en fait de la tendance politique de ce recueil.

A tout prendre, Dr Gnagnon, qui espère un lendemain meilleur pour son pays le Togo, invite « à ouvrir les portes de l'avenir pour notre vie personnelle, notre famille, et pourquoi pas pour notre pays le Togo ». En tout cas, répond-il avec foi, « Oui c'est possible ! ».

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