Sénégal: Impact du «budget programme» sur le travail parlementaire - L'ancien député Cheikh Oumar Sy minimise

18 Novembre 2019

Selon l'ancien député Cheikh Oumar Sy, l'effectivité du «budget programme» avec le budget 2020 ne changera pas grand-chose dans le travail des députés.

Invité du jour de l'émission Objection de la radio Sudfm (privée), Cheikh Oumar Sy, par ailleurs président de l'Observatoire des indicateurs de développement économique en Afrique (Osidea) a indiqué que la mainmise de l'Exécutif sur le Parlement et l'absence d'outils devant permettre aux députés de faire le travail de suivi-évaluation des politiques publiques constituent les principaux facteurs bloquants.

L'entrée en vigueur du nouveau dispositif budgétaire dit «budget programme» marqué par la déconcentration de l'ordonnancement des crédits» dans le budget de 2020 n'aura pas un grand impact sur le travail de contrôle des politiques publiques assigné à l'Assemblée nationale.

L'assurance est de l'ancien député de la douzième législature, Cheikh Oumar Sy, lors de son passage à l'émission Objection.

Interpellé sur l'introduction de ce nouveau mode de présentation des crédits budgétaires basé sur une logique de gestion axée sur les résultats, adopté dans le cadre de la transposition des directives du cadre harmonisé des finances publiques au sein de l'UEMOA de 2009 hier, dimanche 17 novembre, Cheikh Oumar Sy a listé un certain nombre de facteurs bloquants dont l'absence d'outils devant permettre aux députés de faire le travail de suivi-évaluation des politiques publiques.

Poursuivant son propos, l'ancien député qui préside aujourd'hui l'Observatoire des indicateurs de développement économique en Afrique Osidea a également déploré la mainmise de l'Exécutif sur le Parlement.

Ce qui, selon lui, rend impossible toute convocation d'un ministre ou directeur général par le Parlement sans autorisation préalable de l'Exécutif en cas de difficultés constatés dans l'exécution des programmes.

«L'Assemblée nationale a un rôle important à jouer dans le cadre de ce budget programme. Chaque ministre administrera lui-même les crédits de son département et il faut qu'il (ministre) présente de façon claire la politique publique dans son secteur avec des objectifs clairs mais aussi avec des indicateurs de performance qui puissent permettre à l'Assemblée nationale de pouvoir faire le travail de suivi et d'évaluation qui lui est dévolu par la Constitution», a-t-il d'emblée indiqué avant d'ajouter dans la foulée.

«Mais, le problème qui se pose en réalité, c'est que les députés n'ont pas les outils nécessaires pour pouvoir faire le suivi évaluation des politiques publiques.

Car, contrairement aux ministres qui sont accompagnés par des cadres de l'administration bien formés à l'Ena (Ecole nationale d'administration) et qui maitrise bien les dossiers, le député n'a même pas une assistance technique qui puisse lui permettre de lire le budget en vue d'y déceler d'éventuelles failles».

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