Cameroun: Beti Assomo, Galax Etoga et Mbarga Nguélé interpellés

18 Novembre 2019

Officiellement, une comptabilité macabre n'est pas tenue. Mais pour sûr, policiers, gendarmes et militaires ont déjà payé un très lourd tribut dans la crise qui se secoue le Nord-Ouest et le Sud-Ouest depuis 2016.

Il est de notoriété publique que beaucoup d'hommes en tenue ont déjà perdu la vie dans ces deux Régions du Cameroun. Si d'aucuns sont tombés pendant des accrochages avec les hordes de séparatistes, de nombreux autres ont fait l'objet d'enlèvements avant d'être tués dans des conditions particulièrement insoutenables. En témoignent des vidéos horribles qui circulent sur les réseaux sociaux. Et ça continue.

Du coup, une certaine opinion n'hésite pas à prendre à partie le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense (Mindef), le secrétaire d'Etat à la Défense chargé de la gendarmerie (SED) et le délégué général à la Sûreté nationale (DGSN). Pour celle-ci, Joseph Beti Assomo, Yves Landry Galax Etoga et Martin Mbarga Nguélé n'ont pas pris des mesures suffisantes pour mieux protéger leurs éléments. « Les militaires, les policiers et les gendarmes mobilisés dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest se déploient dans un environnement très hostile. Et leurs hiérarchies respectives le savent très bien. Elles devraient donc mieux les encadrer en s'assurant qu'ils travaillent dans de bonnes conditions. Ce qui n'est pas forcément le cas », soutient un observateur privilégié de la crise sécuritaire dans ces deux Régions.

Et certaines sources sécuritaires semblent lui donner raison. « Beaucoup de camarades ne comprennent pas que face à des terroristes prêts à tout, n'hésitant pas à faire usage de leurs armes, que les éléments des forces de défense et de sécurité soient soumis à certaines restrictions. Par exemple, chaque soir vous devez faire la comptabilité de vos munitions. C'est comme si, en d'autres termes, quand vous êtes attaqués par ces bandes de terroristes vous n'avez pas le droit de riposter », se plaint un militaire démobilisé après avoir été gravement blessé au cours d'une attaque.

Un policier se plaint de la modicité des primes offertes à ceux qui sont sur le terrain. « Les hauts gradés sont mieux entretenus. Il y en a un qui a pu réaliser des économies d'environ 30 millions après pratiquement deux ans de mission dans le Nord-Ouest. Le portail des camerounais de Belgique. Vous comprenez pourquoi il était furieux quand il a été affecté ailleurs. Et pendant que les hauts gradés roulent pratiquement sur l'or, les subalternes trinquent. La haute hiérarchie n'ignore pas cette réalité même si quelqu'un pourrait toujours soutenir que les rapports envoyés par les chefs à Yaoundé ne reflètent pas très souvent la réalité », dénonce une source.

Qui ajoute : « Que ce soit dans l'armée ou dans la police, les subalternes ont un même sort. Ils sont en première ligne, donc sont plus exposés que les chefs qui ne descendent pas sur le terrain mais reçoivent des primes importantes. Parfois pour essayer d'arrondir le pécule qu'on leur donne en guise de repas froid que certains policiers et gendarmes improvisent les contrôles routiers au cours desquels ils sont kidnappés et tués dans des conditions inhumaines. Notre problème, c'est que nos différentes hiérarchies ne tapent pas du poing sur la table pour que cela cesse ».

La même source déplore l'absence de fermeté de la haute hiérarchie face aux exactions des séparatistes. Elle souhaite que le gouvernement ne se contente plus de prendre des mesures «pour mettre hors d'état de nuire ces criminels et faire en sorte que la paix et la sécurité soient sauvegardées ». Or, oppose une source sécuritaire, les mesures préconisées ne relèvent pas la responsabilité directe du Mindef, du SED ou du DGSN. La décision de changer d'option stratégique ou plus simplement de déclarer la guerre afin d'en finir avec les menées séparatistes émane du seul président de la République.

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