Afrique: Lancement du Colloque international de la FAO sur la durabilité des pêches

communiqué de presse

Rome — Le secteur de la pêche se trouve actuellement à un moment charnière et le monde a besoin d'adopter une nouvelle stratégie en ce qui concerne le secteur de la pêche au 21ème siècle. Tel a été le principal message de l'intervention du Directeur général de la FAO, M. Qu Dongyu, lors de l'ouverture du Colloque international sur la durabilité des pêches de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (18-21 novembre).

« Alors que la population mondiale est appelée à atteindre près de 10 milliards de personnes d'ici 2050, la terre à elle seule ne pourra pas nous nourrir - nous avons également besoin de la production alimentaire aquatique.

Mais il nous faut agir sans compromettre la santé des océans et des rivières. Notre action doit aussi contribuer à améliorer les conditions sociales des populations qui dépendent des pêches, souvent les personnes les plus pauvres de la société », a insisté le Directeur général de la FAO.

Des millions de personnes à travers le monde dépendent des poissons pour leur alimentation ou pour leurs moyens d'existence.

En moyenne, chaque année, les poissons peut fournir 20,3 kg de protéines d'excellente qualité et de micronutriments essentiels à chaque personne. Plus d'une personne sur dix dans le monde dépend de la pêche pour gagner sa vie et pour nourrir sa famille.

L'état des océans représente une vive source d'inquiétude en raison de la pollution plastique, des effets du changement climatique, de la dégradation des habitats et de la surpêche.

Un stock de poissons marins sur trois fait l'objet d'une surpêche - il y a 40 ans ce chiffre était seulement d'un sur dix - tandis que la demande croissante de poissons d'eau douce a des répercussions négatives sur la durabilité de la pêche continentale.

La FAO a observé une tendance dangereuse : la pêche dans les régions développées est de plus en plus durable - elle laisse aux stocks le temps de se reproduire et les conditions des ouvriers du secteur se sont améliorées - mais ce n'est pas le cas de la pêche dans les régions en développement.

« Cet état de choses crée un dangereux fossé entre les niveaux de durabilité. Nous devons inverser la tendance si nous voulons atteindre les Objectifs de développement durable » a déclaré le Directeur général de la FAO.

La solution se trouve dans les océans, les mers, les rivières et les lacs

Le Directeur général de la FAO a proposé trois solutions pour améliorer la durabilité des pêches.

La première consiste à réinvestir dans des programmes visant à améliorer la durabilité dans les milieux marins et en eau douce.

La deuxième solution consiste à investir dans la croissance durable des océans. L'initiative Croissance bleue, par exemple, se fonde sur un équilibre de principes écologiques, sociaux et économiques.

Dans un monde en difficulté, développer des industries comme celle de l'aquaculture profiterait à toutes les parties prenantes.

La troisième solution consiste à garantir que des mesures de protection adéquates soient accompagnées d'une gestion efficace. Pour ce faire, une plus grande volonté politique et davantage de ressources seront nécessaires.

« Si nous rassemblons nos connaissances scientifiques, notre esprit d'innovation et nos technologies, nous pourrons sauvegarder et protéger une de nos industries alimentaires les plus anciennes et les plus sous-estimées. Il nous faut viser haut et poser des actes concrets ! », a-t-il indiqué.

M. Tijjani Muhammad Bande, le Président de l'Assemblée générale des Nations Unies, s'est exprimé via un message vidéo réitérant son soutien au colloque.

M. Michael Pintard, Ministre de l'agriculture et des ressources marines des Bahamas, M. Harald Tom Nesvik, Ministre norvégien de la pêche et des produits de la mer, M. Ricardo Serrão Santos, Ministre portugais pour la mer du Portugal, Mme Mona Mehrez, Vice-ministre égyptienne de l'agriculture et Mme Rebecca Jayne Argo, pêcheuse originaire d'Alaska ont fait partie des intervenants lors de la cérémonie.

Augmenter la consommation et le commerce de poissons - faits et chiffres marquants

Dans son discours prononcé à l'ouverture du colloque, M. Manuel Barange, Directeur du Département pêches et aquaculture à la FAO, a souligné les points suivants :

Alors que la population humaine a connu une croissance annuelle de 1,5 pour cent depuis 1960, la consommation des protéines animales a augmenté de 2,5 pour cent, et la consommation de poissons de 3pour cent.

En 2017, le secteur de la pêche a fourni 173millions de tonnes de produits halieutiques, dont 153millions destinés à la consommation humaine - soit sept fois plus qu'en 1950.

Les produits issus de la pêche comptent parmi les denrées alimentaires les plus commercialisées, plus que la totalité des denrées provenant des animaux vivant sur terre. En 2017, les exportations des produits halieutiques ont atteint un niveau record de 156milliards de dollars.

Depuis le milieu des années 1970, les pays en développement ont enregistré une augmentation des bénéfices nets du commerce dans le secteur halieutique qui est passé de zéro à plus de 40milliards de dollars par an.

Le secteur halieutique est particulièrement important dans les pays affichant un déficit alimentaire. Parmi les 30 pays qui consomment le plus de poissons, 17 sont des pays à faible revenu et à déficit vivrier - en Afrique, en Asie et en Océanie.

Quelque 95pour cent des personnes dont les moyens d'existence dépendent de la pêche vivent en Afrique et en Asie.

Il s'agit pour la plupart d'opérateurs de petite échelle, qui peinent à survivre en exerçant un des métiers les plus difficiles et les plus dangereux au monde. En 2019, la pêche commerciale a été reconnue comme la deuxième profession la plus meurtrière du monde.

« La nouvelle frontière dans ce secteur concerne la dimension sociale de la pêche dans toutes les filières, qui peut signifier par exemple : une attention aux conditions de travail décentes, une approche respectueuse des droits de l'homme, un accès aux services sanitaires et sociaux.

Nous devons garantir la durabilité sociale et la responsabilité sociale dans toutes les filières du secteur halieutique » a déclaré M. Manuel Barange.

Le Colloque international sur la durabilité des pêches

Le Colloque réunit les spécialistes du secteur des pêches afin d'examiner l'état des pêches à l'échelle régionale et mondiale et de réfléchir à la manière dont il est possible d'améliorer la durabilité des ressources halieutiques en abordant des thèmes comme la gestion des pêches face au changement climatique, l'utilisation de nouvelles technologies et les améliorations qui peuvent être faites au niveau de la chaine de valeur.

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