Cameroun: Les investitures divisent au sein du rdpc

19 Novembre 2019

Si certains militants expriment leur satisfaction et rassurent quant à la transparence des présélections, d'autres s'opposent aux candidats annoncés par le Comité central du parti au pouvoir et menacent de quitter le navire.

Le Comité central du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (Rdpc) n'est plus en odeur de sainteté avec ses militants. La raison, l'instance dirigeante du parti de Paul Biya a annoncé les investitures des candidats du Rdpc pour le compte des élections municipales et législatives de février 2020. Dans une circulaire signée le 15 novembre dernier, le secrétaire général du Comité central du Rdpc fixe les modalités d'investiture des candidats du Rdpc : « Les opérations d'investitures seront conduites dans la transparence, la rigueur, l'objectivité, le respect des considérations liées à la sauvegarde du vivre-ensemble, notamment la recherche du consensus, l'équité, le partage, l'ouverture, le respect de la diversité, la promotion de nouvelles figures, le genre, les minorités ».

Même si la circulaire de Jean Nkuete est assez rassurante, quant à la transparence du processus des investitures, du côté des militants de base, l'on ne fait pas confiance au Comité central qui est soupçonné de vouloir « placer ses pions ». « Nous n'allons pas vivre éternellement la dictature du Comité central, trop c'est trop », lance Joseph Claver Edima, militant du Rdpc à Mfou. Ce dernier explique que l'échec de la mandature qui prend fin est dû en partie par les investitures, car « dans plusieurs localités, les militants de base qui n'ont pas digéré le fait qu'on leur a imposé des candidats, n'ont jamais accepté de collaborer avec les maires ».

Le 06 novembre dernier, les militants Rdpc de la région du soleil levant n'ont pas caché leur opposition à la pratique des investitures. Au cours de la célébration des 37 ans d'accession à la magistrature suprême de Paul Biya, ils ont été clairs : « Nous ne voulons plus vivre les mêmes choses qu'en 2013 où l'on n'a pas tenu compte de nos aspirations dans la confection des listes. Le portail des camerounais de Belgique. Il faut que cela cesse et qu'on nous laisse librement choisir nos prochains élus locaux. Nous connaissons ceux qui sont en phase avec nous et qui méritent notre confiance. Les gros poissons ne doivent plus imposer leurs pions. Aucun passage en force ne sera accepté comme par le passé. Pour éviter un soulèvement populaire ou le vote sanction, nos aspirations doivent impérativement prises en compte ».

A cette menace, Benjamin Amama, chef de la délégation permanente du Rdpc dans le Haut Nyong s'est voulu rassurant : « En ma qualité de patron du Rdpc dans cette circonscription politique, je vais m'assurer que la circulaire du Comité central relative à la désignation ou à l'investiture de nos candidats soit scrupuleusement respectée », a-t-il déclaré avant d'ajouter : « Il n'y aura pas de parrainage lors des prochaines élections. Tous les potentiels candidats du Rdpc peuvent dormir sur leurs oreilles et sans crainte d'une quelconque menace »

Une Mane au profit de l'opposition

A peine publiée, la circulaire du secrétaire général du Comité central du Rdpc a déjà suscité des intentions de démission, au profit des formations politiques de l'opposition. Dans la Mefou et Akono, un candidat du Rdpc pour la députation assure qu'il va quitter le navire dès lundi prochain. « J'ai déjà formulé ma lettre de démission. Nous avons fait savoir au Comité central du Rdpc que nous ne voulons pas d'investiture. Suite à la circulaire qui vient d'être publiée, je démissionne dès lundi au profit du parti de Cabral Libii », lâche-t-il sous le couvert de l'anonymat. C'est la même formule qu'entend utiliser Sylvestre Amougou, candidat à la mairie de Mbalmayo. Ce candidat affirme qu'il a été contacté par l'instance dirigeante du MRC qui « veut accueillir ma candidature à bras ouvert ».

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