Congo-Brazzaville: Reddition des comptes 2018 - Le gouvernement sortant sommé de justifier la disparition de six cent cinquante millions de dollars

Le député national, Christian Mwando, qui accuse l'équipe Tshibala du détournement de la somme, exige la mise en place d'une commission d'enquête afin que les « présumés auteurs » de cette mafia financière soient entendus.

C'est finalement un pot aux roses que les députés nationaux ont découvert, le week-end dernier, à la suite du débat général sur le projet de loi portant reddition des comptes de l'exercice 2018. Un débat houleux au cours duquel la mauvaise gestion des finances publiques par le régime sortant, avec Bruno Tshibala comme chef de gouvernement, a été mise à nu. La plupart des intervenants à la tribune de l'Assemblée nationale ont stigmatisé la mauvaise gouvernance de cette équipe, qui s'est complu dans des détournements en faisant fi de l'orthodoxie financière censée guider son action.

L'exécutif sortant, a-t-on indiqué, a passé outre les exigences du législateur pour appliquer le budget selon ses propres priorités. Un fait qui, d'après le député Christian Mwando, mérite des sanctions à l'encontre de l'incriminé mais aussi du ministre du Budget et celui des Finances du gouvernement sortant. Tous, a-t-il dit, devraient être interpellés pour s'expliquer sur la destination prise par les six cent cinquante millions de dollars. Pour l'élu de Kalemie, le gouvernement Tshibala serait passé maître dans des détournements des crédits affectés à l'exécution de certains projets d'intérêt national.

Entre le niveau d'exécution des projets et le financement qui en découle, il y a un gouffre financier pour lequel le député voudrait bien obtenir des explications, à défaut de conclure à un vol qualifié. « Il y a eu mille quatre cent six projets qui ont été votés. Sur ces projets qui valent 1 600 000 000 USD, peu ont été exécutés à une valeur de 1 672 000 USD, soit 1%. Mille cent soixante-treize ont eu zéro exécution. Quarante-quatre ont été exécutés sans crédit à hauteur de 467 000 000 USD, il s'agit donc d'un détournement des crédits. Soixante-quinze projets ont été budgétisés et ont payé quatre fois le prix », a-t-il soutenu, avant de s'interroger : « Pourquoi le pays s'interdirait à ouvrir une enquête pour voir comment un gouvernement peut dépenser 247 millions USD pour l'acquisition de fournitures et matériels de bureau là où les crédits budgétaires étaient plafonnés à 89 millions USD ? ».

Christian Mwando a plaidé pour qu'une commission d'enquête parlementaire soit mise en place afin d'en savoir un peu plus sur ces dérapages budgétaires, tout en fustigeant l'impunité comme l'une des causes majeures, avec la corruption, de la descente aux enfers ces deux dernières décennies de la République démocratique du Congo.

Pour l'exercice 2018, il a fait le constat amer selon lequel « les postes budgétaires relatifs aux institutions politiques ont connu de dépassement monstrueux pendant que les dépenses pro-pauvres ou celles ayant trait aux investissements de développement ont été exécutées en deçà des prévisions budgétaires dûment votées par le parlement ». Dossier à suivre.

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