Afrique: 6e édition du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique - Macky et Ghazouani plaident pour la réforme de l'ONU

19 Novembre 2019

La 6e édition du Forum international de Dakar sur la Paix et la Sécurité en Afrique s'est ouverte hier, lundi 18 novembre, dans la capitale sénégalaise.

S'exprimant lors de la cérémonie d'ouverture officielle de cette rencontre de deux jours, le président sénégalais, Macky Sall, et son homologue de la République islamique de Mauritanie, Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed, communément appelé Mohamed Ould Ghazouani, ont plaidé pour une réforme de l'Organisation des Nations unies (Onu) ainsi qu'un mandat renforcé des Missions de maintien de la paix de l'Onu pour, disent-ils, prendre en compte les défis de la lutte contre le terrorisme.

Le Centre international de conférence Abdou Diouf (Cicad) a abrité hier, lundi 18 novembre, la cérémonie d'ouverture de la 6e édition du Forum international de Dakar sur la Paix et la Sécurité en Afrique.

Placée sous le thème «Paix et sécurité en Afrique: les défis actuels du multilatéralisme», cette rencontre prévue sur deux jours (lundi 18 et mardi 19 novembre) a été présidée par le chef de l'Etat, Macky Sall, en présence de son homologue, Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed, communément appelé Mohamed Ould Ghazouani, président de la République islamique de Mauritanie, invité d'honneur de cette édition.

Lors de leurs allocutions d'ouverture en cette rencontre qui a enregistré un parterre d'invités dont le Premier ministre français, Edouard Philippe, le Vice-ministre parlementaire chargé des Affaires étrangères du Japon, Nakatani Shinichi et le Haut représentant de l'Union africaine (Ua) pour le Mali et le Sahel, Pierre Buyoya, ancien président de la République du Burundi, pour ne citer que ceux-là, les deux chefs d'Etats ont plaidé pour la réforme de l'Organisation des Nations unies (Onu).

Troisième personnalité à prendre la parole lors de la cérémonie protocolaire, après le Premier ministre français, le successeur du président Mohamed Ould Abdelaziz à la tête de la Mauritanie, qui représentait également à cette rencontre le G5-Sahel, a été le premier à s'interroger sur l'impact de la politique de maintien de la paix de l'Onu.

Dans un discours largement orienté sur la situation sécuritaire au Sahel marquée par des attaques djihadistes, le président Ghazouani a déploré la vulnérabilité des Etats du Sahel face à la menace des cellules terroristes favorisées par la dislocation de l'Etat Libyen.

Obligeant ainsi la plupart des Etats à orienter l'essentiel de leur budget vers le secteur de la défense nationale, au détriment des autres porteurs de développement.

«LES FORCES STATIQUES DE MAINTIEN DE LA PAIX SONT BUDGETIVORES ET INADEQUATES...»

Poursuivant son propos, le chef de l'Etat mauritanien, soulignant que ces cellules djihadistes exploitent les conditions économiques difficiles des populations causées par le déficit pluviométrique, n'a pas mis de gants pour déplorer l'inadéquation de la politique de maintien de la paix onusienne avec la réalité de la menace terroriste.

Ainsi, pour permettre aux Etats touchés par ce fléau qu'est le terrorisme à mieux y faire face, l'ancien Chef d'Etat-major général des Armées mauritaniennes a appelé à une réforme des mandats des Forces onusiennes engagées sur les théâtres de la lutte contre le terrorisme.

Autrement dit, il s'agit de permettre aux Forces onusiennes engagées dans la lutte contre le terrorisme à participer aux combats aux cotés de leurs frères des Armées nationales et régionales comme le G5-Sahel, pour plus d'efficacité sur le terrain.

«Les Forces statiques de maintien de la paix sont budgétivores et inadéquates avec la lutte contre le terrorisme», a-t-il martelé sous les applaudissements d'une salle de conférence du Cicad bondée de monde.

«FACE AUX TERRORISTES ARMES ET DETERMINES, IL N'Y A D'AUTRES CHOIX QUE...»

Prenant la parole à son tour, le chef de l'Etat du Sénégal, Macky Sall, comme pour conforter son homologue de la Mauritanie, qu'il n'a pas manqué de remercier au passage pour sa présence à cette rencontre, s'est interrogé sur la récurrence des attaques terroristes au Mali et qui se sont propagées dans d'autres pays frontaliers en dépit de la multiplication de l'effectif des soldats de la Minusma qui est passé de 6000 hommes en 2013 à près de 14.000 aujourd'hui, en plus de l'Armée malienne et la Force Barkhane.

Poursuivant son propos, il a plaidé pour une coordination des différentes missions déployées sur le terrain de façon à rendre leurs actions plus cohérentes et plus efficaces.

A ce titre, il a rappelé la position claire du Sénégal pour la réforme de la politique de maintien de la paix de l'Onu, adoptée depuis 2016, pour permettre aux éléments des Forces de défenses engagés sur le terrain à mieux faire face à l'ennemi.

«Dans l'urgence, face aux terroristes armés et déterminés, il n'y a d'autres choix que d'opposer une Force militaire supérieure, mieux armée et plus déterminée», a-t-il martelé également.

Avant d'ajouter: «nous tenons à l'intégrité territoriale et à l'unité nationale de la République sœur du Mali. Pour nous, le Mali est un et indivisible».

LUTTE CONTRE LE TERRORISME : La France et le Japon réaffirment leur engagement aux cotés de l'Afrique

Prenant part au Forum de Dakar sur Paix et Sécurité en Afrique, la France et le Japon, à travers leurs représentants, ont également réaffirmé leur engagement aux côtés de l'Afrique pour éradiquer le fléau du terrorisme.

Invité à prendre la parole, le Vice-ministre parlementaire chargé des Affaires étrangères du Japon, Nakatani Shinichi, a annoncé que son pays va mettre en œuvre ses engagements pris dans le cadre de la nouvelle initiative dénommée «Nouvelle approche pour la paix et la stabilité en Afrique» (Napsa), lancée par le Premier ministre Abe Shinzo, lors de la TICAD7 tenue en août dernier.

Poursuivant son propos, il a indiqué que cette nouvelle initiative se traduira sur le terrain par un soutien aux efforts africains pour la paix et la stabilité, une coopération avec l'Union africaine mais aussi des organisations sous régionales comme le G5-Sahel dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ainsi que la formation de 60.000 personnes dans les domaines de la justice, du maintien de l'ordre public et du contrôle des frontières mais aussi la mise en place des projets en faveur de la création d'emplois afin de prévenir la radicalisation des jeunes.

LUTTE CONTRE LE TERRORRISME : La France, toujours solidaire des pays du Sahel

Prenant à son tour la parole, le Premier ministre français, Edouard Philippe, qui a salué la tenue de ce forum de Dakar, a plaidé pour une stratégie de lutte contre les groupes djihadistes combinant plusieurs volets dont la diplomatie, le développement, l'économique et le volet culturel.

Poursuivant son propos, il a annoncé l'engagement de son pays à appuyer la montée en puissance des Forces armées africaines à travers la formation.

Sous ce rapport, le chef du gouvernement français a annoncé que son pays va, à partir de 2020, consacré annuellement 0,55% de son Pib (soit 7 milliards d'euros) au développement international et l'Afrique sera le principal bénéficiaire de cette enveloppe.

Organisée par le ministère sénégalais des Affaires étrangères et des Sénégalais de l'extérieur (Maese), cette 6e édition du forum de Dakar a pour objectif, entre autres, de contribuer à repenser les mécanismes de sécurité collective et de prévention des conflits et de l'extrémisme violent sur le continent africain ; proposer une réponse aux limites des opérations de paix en Afrique dans un contexte de crise du multilatéralisme ; revisiter la gouvernance des espaces.

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