Burkina Faso: Dégradation de la situation sécuritaire - L'Opposition politique contre un éventuel report des élections de 2020

19 Novembre 2019

Une trentaine de terroristes ont été mis hors combat par les forces de défense et de sécurité (FDS) au cours de deux opérations dans les régions du Centre- nord et du Nord , en fin de semaine dernière, selon un communiqué de l'État major général des armées. Beaucoup d'armes et de munitions ont été saisies et de nombreuses femmes kidnappées ont été libérées. L'opposition politique a loué et apprécié à ces actes « héroïques » des FDS tout en déplorant la mort d'un soldat burkinabè tombé les armes en main aux cours de ces opérations.

Pour Eddie Komboïgo, ces exploits sont la preuve vivante que les militaires et paramilitaires n'ont rien perdu de leur force de frappe légendaire : « Il manque seulement un leadership politique, de la gouvernance vertueuse et du matériel de combat adéquat ».

Parlant de leadership politique, l'opposition a affirmé avoir toujours indexé la « diversion de la négligence » avec lesquelles le pouvoir du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) gère la question sécuritaire. Elle déduit que le président par intérim du MPP, Simon Compaoré et son parti connaissent l'identité de ceux qui attaquent le Burkina Faso, leurs profils et leurs lieux de résidence. En effet, M. Compaoré, lors d'une émission de la radio Wat Fm et la chaine de télévision 3TV affirmait ceci : « Ceux qui nous frappent aujourd'hui, il y en a dont on connait les noms, on sait que c'est des gens qui habitaient dans notre pays, dans des hôtels de la place qui ont des connexions avec certains responsables. Il y en a certains qui sont là, d'autres sont hors du Burkina Faso ».

Des déclarations qui selon l'opposition vont dans le même sens que celle du président du Faso qui affirmait qu'il a reçu à son palais présidentiel les leaders des terroristes qui nous attaquent. Par ces déclarations, l'opposition exige que Simon Compaoré soit entendu par la justice burkinabè pour rétention de preuves en situation de guerre.

S'agissant de la suspension du Front patriotique pour le renouveau (FPR), parti affilié au chef de file de l'opposition politique et de l'arrestation du web -activiste Naïm Touré, les conférenciers ont déclaré que « la sérénité n'est plus dans la maison du MPP et de ses alliés ».

L'opposition estime par ailleurs que dans cette situation sécuritaire critique, les dirigeants ont intérêt à concentrer leurs énergies sur la protection du Burkina Faso.

Abordant la question de la corruption dans le secteur de la défense, Eddie Komboïgo a affirmé que : « C'est le gouvernement du MPP et de ses alliés qui entretient le mouta- mouta autour de l'argent de nos forces armées en situation de guerre (... ) Nous demandons solennellement au gouvernement la levée du secret-défense sur le contrôle du budget de l'armée. Les structures étatiques de contrôle devraient pouvoir s'assurer que l'argent destiné à l'armée va effectivement à l'armée».

Selon les conférenciers du jour, des idées anti- votes sont distillées par des officines proches du pouvoir en place. Selon ces derniers, certaines organisations de la société civile diffuseraient dans les ondes des radios et de réseaux sociaux, l'idée selon laquelle il ne faut pas penser à une élection tant que le pays est attaqué. L'opposition dit rejeter cette idée « dangereuse » et qu'elle ne permettra pas au pouvoir du MPP d'avoir un « lenga » (Bonus, Ndlr). Pour elle, si les terroristes arrivent à empêcher que le Burkina Faso tienne à bonne date ses élections, ils auraient arraché une nette victoire.

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