Congo-Brazzaville: Belgique - L'Union européenne invitée à maintenir ses sanctions contre des personnalités congolais

Michael Hammer, ambassadeur des Etats-Unis d'Amérique en République démocratique du Congo ( RDC), a demandé, le 18 novembre, à Bruxelles et aux Européens, tout comme à Washington, de ne pas lever les sanctions qu'ils ont imposées à une quinzaine de personnalités congolaises proches de l'ancien président, Joseph Kabila, et impliquées dans des violations des droits de l'homme entre 2015 et 2018, a indiqué l'agence Belga.

Michael Hammer séjourne à Bruxelles pour des consultations avec des responsables belges et de l'Union européenne (UE), après une visite, la semaine dernière, au commandement de l'armée américaine pour l'Afrique (Africom), installé à Stuttgart, en Allemagne. Il a déclaré que les Etats-Unis ont eu une politique de sanctions contre des individus soit corrompus, soit ayant violé grossièrement les droits de l'homme ou qui ont perturbé le processus démocratique. « Cette politique de sanctions reste en place, ceux qui ont été sanctionnés continuent de l'être et si nous recevons des informations sur d'autres (personnes), nous continuerons de les sanctionner », a-t-il affirmé, selon l'agence Belga.

L'ambassadeur américain en RDC, cité par cette agence, a déclaré espérer que ses collègues dans l'UE et d'autres pays engagés bilatéralement avec la RDC pensent de la même manière.

L'UE avait décidé du gel des visas et des avoirs de seize responsables congolais en décembre 2016 puis fin mai 2017. Ces personnalités ont été sanctionnées pour leur rôle dans la répression des manifestations de l'opposition entre fin 2016 et 2018. Ces sanctions ont ciblé notamment Evariste Boshab, ancien vice-Premier ministre, ministre de l'Intérieur et de la sécurité ; Alex Kande Mupompa, ancien gouverneur du Kasaï-central ; Lambert Mende, ancien ministre des Communications et des médias; Muhindo Akili Mundos, commandant de la 31e brigade des Forces armées de la République de la RDC ; Ramazani Shadary, ancien vice-Premier ministre, ministre de l'Intérieur et de la sécurité; Kalev Mutond, ancien administrateur général de l'Agence nationale du renseignement (ANR) ; Jean-Claude Kazembe, ancien gouverneur du Haut-Katanga ; Roger Kibelisa, chef du département de la sécurité intérieure de l'ANR ; Delphin Kahimbi, chef de renseignement militaire ; John Numbi, ancien patron de la police ; Célestin Kanyama, ex-commandant de la police dans la ville de Kinshasa ; Ferdinand Ilunga Luyoyo, chef de l'unité anti-émeutes de la police ; Gabriel Amisi alias « Tango Four », commandant dans la première zone de défense de l'armée ; Ilunga Kampete, commandant de la Garde républicaine; et Éric Ruhorimbere, commandant adjoint de la 21e région militaire au Kasaï, dans le centre de la RDC.

L'UE, rappelons-le, avait renouvelé ses sanctions pour un an juste avant l'élection présidentielle du 30 décembre 2018, remportée par l'actuel président Félix Tshisekedi.

Appel d'organisations congolaises

A ce sujet, le 16 novembre, cent soixante-trois organisations congolaises ont publié un communiqué pour demander également à l'UE de renouveler ses sanctions à l'encontre de quatorze proches de Joseph Kabila, impliqués dans des violations des droits de l'homme dans le pays, entre 2015 et 2018. Ces organisations ont estimé qu'il serait judicieux que les sanctions ciblées, prises à l'égard des hauts responsables congolais et d'autres, soient maintenues tant que des procédures judiciaires ne sont pas engagées contre eux pour des faits qui ont conduit à ces mesures. Pour elles, l'alternance pacifique au sommet de l'État, avec l'avènement Félix Tshisekedi à la tête du pays, ne peut pas être utilisée comme une raison primordiale pour la levée des sanctions.

A en croire ces organisations, les sanctions ciblées de l'UE avaient sérieusement contribué à faire pression sur le régime de l'ancien président et l'ont obligé à organiser des élections présidentielle et législatives, alors qu'il était accusé de multiplier des stratagèmes pour se maintenir au pouvoir.

En octobre dernier, Peter Pham, l'envoyé spécial américain pour la région des Grands Lacs, avait indiqué que les Etats-Unis ne devraient pas lever rapidement les sanctions imposées à des personnalités congolaises, contrairement au souhait de l'actuel chef de l'Etat, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. « Nos sanctions ne sont pas liées à l'élection ou aux résultats des élections. Nos sanctions sont liées à des perturbations des droits humains, à la corruption et à l'ingérence dans le processus électoral bien avant l'élection de 2018 », avait-il nuancé. Ces sanctions, selon lui, avaient pour but d'aider le peuple congolais qui a exprimé la volonté pour le changement.

Pour sa part, après les interdictions de visas, le Trésor américain avait annoncé, le 21 mars dernier, le gel de tous les actifs du président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Corneille Nangaa, relevant de la juridiction américaine. Les mêmes sanctions avaient frappé l'ancien vice-président de la Céni, Norbert Basengezi, et Marcellin Mukolo, un de ses conseillers.

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