Congo-Kinshasa: Un deuxième vaccin pour protéger les zones non-infectées par Ebola

15 Novembre 2019

Ce vaccin, produit par la firme pharmaceutique Johnson and Johnson, est destiné aux aires de santé de Majengo et Kahembe, considérées comme les portes d'entrée de Goma en provenance des zones touchées par l'épidémie.

C'est le ministère de la Santé accompagné des représentants des organisations partenaires qui a procédé au lancement de la campagne de vaccination avec le deuxième vaccin contre l'épidémie d'Ebola ce jeudi (14 novembre).

Alors que Goma totalise désormais près de trois mois passés sans un nouveau cas d'Ebola, des dizaines d'habitants se sont dirigés vers les centres indiqués pour se faire vacciner.

Kambale Kiviri, un résident de la localité de Majengo, salue cette nouvelle campagne de vaccination. Il a conscience qu'il s'agit des mesures de prévention dans l'hypothèse où la maladie se déclarerait à nouveau à Goma.

"Le vaccin est très important. Vous savez qu'Ebola a tué plus de 2.000 personnes dans notre province. J'ai compris que pour que je puisse être totalement protégé, s'il arrivait qu'Ebola revienne, il fallait que je sois déjà protégé. J'ai donc pris la décision de me faire vacciner aujourd'hui. Je n'ai pas eu peur. Certains disent que quand vous vous faites vacciner, il y a le virus Ebola qui entre dans votre corps. Mais je n'ai pas eu peur de ça. Si on amène le vaccin à Goma ce n'est pas parce qu'il y a Ebola. Je sais bien qu'on l'amène là où il n'y a pas la maladie. S'il faut attendre qu'il y ait la maladie à Goma pour se faire vacciner ce sera trop tard:", déclare-t-il.

Comme lui, Mireille Mwamini vient aussi de se faire vacciner dans le même centre de Kimuti à Majengo dans le Nord de Goma. Heureuse de s'être prémunie contre la maladie, elle décrit les étapes par lesquelles elle est passée avant de recevoir la première dose du vaccin.

"Je me suis décidé de me faire vacciner pour me protéger contre Ebola. Vous savez que la maladie à virus Ebola est une épidémie ? On ne sait pas quand ça peut revenir. J'ai donc décidé de me faire vacciner car je ne sais pas quand ça peut arriver. On nous a dit que le vaccin peut avoir des effets secondaires. On a signé des documents. Avant d'arriver au site de vaccination, nous sommes entrés d'abord dans la salle d'attente, après la salle d'attente on est allé dans la salle de triage. Là, on te pose quelques questions concernant ta santé puis tu pars dans d'autres bureaux pour donner ton consentement. Après le consentement, on prend ta photo. Après la photo, si tu es une fille ou une femme on te pose beaucoup des questions à propos de ta santé. On te demande si tu es enceinte. Après tu pars dans la salle où on va t'injecter le vaccin. Après t'avoir donné le vaccin on te donne la carte. Sur la carte il y a un numéro vert ou on va appeler, si on est malade. S'il y a quelque chose qui ne va pas avec ta santé tu dois toujours appeler et on va te suivre. Et il y a un avantage pour les femmes enceintes. On nous a dit qu'on va prendre en charge les femmes enceintes pendant la grossesse et suivre leur bébé pendant trois mois. Après la première injection, je viens de passer 30 minutes à attendre, je me sens à l'aise, je suis très contente", explique Mireille Mwamini.

Deux vaccins qui se complètent

Le recours à ce deuxième vaccin avait suscité de nombreuses polémiques. Aujourd'hui beaucoup se félicitent de son introduction dans le système pour une lutte efficace contre la maladie.

Le docteur Steve Ahuka est le coordonnateur de la riposte contre Ebola dans le pays, il se félicite du déroulement de la campagne et précise que le nouveau vaccin vise à immuniser les populations des zones non encore affectées par Ebola.

"Comme vous venez de faire la visite avec moi, les choses sont bien mises en place. Nous sommes très contents qu'à partir d'aujourd'hui (14 novembre), les activités du deuxième vaccin puissent commencer et ainsi contribuer à la riposte contre Ebola. L'importance de ce vaccin est que ça complète le premier vaccin qui a été utilisé depuis le début de l'épidémie. Il faut désormais le compléter dans des zones où il n'y a pas encore eu de transmission comme à Goma mais aussi contribuer à immuniser un grand nombre de concitoyens afin que si par hasard le virus arrive à Goma, que ça ne puisse pas se répandre comme cela a été le cas à Beni" indique le coordonnateur de la riposte contre Ebola.

Déclarée depuis le mois d'août 2018, l'épidémie d'Ebola a fait plus de 2.100 morts dans la partie nord de la province du Nord-Kivu et dans celle de l'Ituri. Jusque-là le vaccin du groupe pharmaceutique Merck était le seul à être utilisé.

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