Guinée: Amnesty International répond au parti au pouvoir du pays

15 Novembre 2019

Le président du groupe Parlementaire de la majorité au pouvoir accuse Amnesty International de n'avoir pas contacté le gouvernement guinéen pendant et après les enquêtes qui ont conduit à un rapport. L'ONG se défend.

Amnesty International, dans un rapport publié mercredi 13 novembre, tient les forces de l'ordre pour responsable d'une cinquantaine de décès lors des manifestations récentes de l'opposition.

Mais, dans une interview accordée à la DW, Amadou Damaro Camara parle de rapport ignorant et biaisé. "Amnesty international nous a fortement déçu. Quand on vient dans un pays on ne demande pas seulement qu'à l'opposition, on se donne un peu de peine pour aller demander aux autorités judiciaires, aux centres hospitaliers, au service de sécurité et au gouvernement", affirme le président du groupe Parlementaire RPG Arc-en-ciel, la majorité au pouvoir.

"Le rapport a été présenté aux autorités"

Mais Amnesty International confirme qu'il a "rencontré les autorités à de multiples reprises lors de missions à Conakry, notamment le ministère de la Justice mais aussi le ministère de l'Unité nationale et de la citoyenneté".

L'ONG dit avoir même présenté "le rapport aux autorités plusieurs jours avant la conférence de presse. Nous avons d'ailleurs essayé de rencontrer le président du groupe parlementaire du parti au pouvoir lors de nos précédentes missions, malheureusement nous n'avons pas obtenu de réponse. Et s'il dit que les autorités n'ont pas reçu notre rapport alors que nous l'avons envoyé, c'est à lui de s'expliquer", précise François Patuel, chercheur à Amnesty International.

Arrestation de civils armés habillés en tenue militaire...

Le président du groupe parlementaire de la majorité présidentielle a aussi évoquer le cas de milices paramilitaires au sein des manifestants. Pour Amadou Damaro Camara, Amnesty aurait volontairement omis d'évoquer, dans son rapport, l'arrestation dans les rangs des manifestants de personnes habillées en treillis militaires détenant des armes de guerre.

"Nous nous basons sur des informations que nous tenons à la fois du parquet, des victimes, des autorités et des avocats. En tout cas nous n'avons pas d'information que ce sont des militants qui tirent sur les manifestants", répond François Patuel.

"Et s'ils ont des informations comme quoi ce sont des manifestants qui ont tiré et bien que les dossiers avancent. Qu'il y ait des poursuites. Mais pour l'instant, les dossiers n'avancent pas et c'est un peu facile d'accuser les gens sans faire avancer les dossiers au niveau de la justice", conclut le chercheur d'Amnesty International.

En attendant la justice, c'est un nouveau bilan de trois morts qui vient d'être enregistré en Guinée, à l'issue des heurts survenus jeudi 14 novembre à Conakry. Ces décès portent à au moins 20 le nombre de civils tués depuis le début, le 14 octobre, d'une mobilisation contre un éventuel troisième mandat du président Alpha Condé.

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