Congo-Kinshasa: Affaire RDC-Ouganda - Les victimes exigent des explications sur le report des audiences

20 Novembre 2019

Les victimes des guerres de Kisangani et la Société civile Forces vives de la Tshopo demandent au Président de la République des explications sur le report des audiences dans l'affaire opposant la RDC à l'Ouganda à la Cour Internationale de justice. Ils l'ont fait savoir le 18 novembre 2019 dans un mémorandum déposé au gouvernorat de province, après avoir manifesté dans les rues de Kisangani, rapporte Radio Okapi.

En effet, les manifestants ont dit ne pas comprendre le mobile de ce report. Cela, au moment où les avocats de la partie ougandaise se trouvaient déjà à la Cour internationale de justice et ceux de la RDC trainaient toujours à Kinshasa.

Ils demandent au président de la République Félix-Antoine Tshisekedi de retourner d'urgence les avocats de la République à la Haye pour que le sort des Congolais attendu depuis vingt ans soit fixé.

Selon le président de la Société civile « Forces vives de la Tshopo », David Yofemo, ces audiences étaient initialement prévues du 18 au 22 novembre. Le report est intervenu le 13 novembre dernier, suite à une demande conjointe de deux parties en cause.

Les victimes des guerres de Kisangani constatent que cela intervient au lendemain des entretiens entre les deux chefs d'Etat lors du dernier séjour du président congolais en Ouganda. Elles déclarent : « L'Ouganda est l'un des auteurs des massacres des civils à Kisangani, la RDC en tant que victime ne doit pas négocier le report des audiences au moment où les procédures sont suffisamment avancées pour le dénouement de cette affaire ».

Fixer le montant de la réparation

Pour rappel, dans un communiqué publié le mercredi 13 novembre 2019, la Cour internationale de justice a reporté les audiences publiques consacrées à la question des réparations en l'affaire des activités armées sur le territoire de la République démocratique du Congo.

Sans donner une nouvelle date, l'organe judiciaire principal de l'ONU a déclaré prendre sa décision en tenant compte de la demande conjointe formulée par les parties dans une lettre lui adressée en date du 9 novembre 2019.

La Cour internationale de justice devrait en principe tenir du lundi 18 au vendredi 22 novembre ces audiences.

Il convient de noter que depuis juin 1999, la République démocratique du Cono a déposé une requête contre l'Ouganda, l'accusant d'actes d'agression armée perpétrés sur le territoire congolais.

La demande de la RDC concerne notamment les événements de Kisangani, où avaient eu lieu des combats entre troupes ougandaises et rwandaises. Il s'agit de « la guerre de six jours » qui s'était déroulée en juin 2002. A l'issue d'un procès de plus de cinq ans, la Cour a rendu son verdict en décembre 2005 en condamnant l'Ouganda d'avoir violé ses obligations en vertu du droit international. Après le prononcé de l'arrêt, l'Ouganda devrait donc négocier avec la RDC sur les modalités de dédommagement.

Dix ans plus tard, soit en mai 2015, la RDC, estimant que les négociations menées à ce sujet avec l'Ouganda avaient échoué, a demandé à la Cour de fixer le montant de la réparation que doit verser celui-ci.

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