Cote d'Ivoire: 11ème édition de Ciné Droit Libre Abidjan - Des débats intenses autour de films chocs

20 Novembre 2019

Pari réussi ! La 11ème édition de Ciné droit libre, festival de films sur les droits humains et la liberté d'expression, s'est globalement bien déroulée du 11 au 16 novembre dernier. Comme en témoigne M. Yacouba Sangaré, président de l'association Ciné Connexion, et Coordonnateur du festival.

« Le bilan est satisfaisant. Sans grands moyens, nous avons organisé le festival et toutes les activités majeures prévues ont eu lieu, sans incident.

Nous rendons gloire à Dieu d'avoir permis que tout se soit passé dans un esprit convivial», confie M. Sangaré.

C'est par le volet formation que cette 11ème édition de Ciné Droit Libre a débuté, avec l'atelier du mardi 12 novembre 2019, dans les locaux de la Fondation Friedrich Naumann pour la liberté, et qui a abouti à la rédaction d'une Charte de bonne conduite sur les réseaux sociaux.

Au cours de cette cession, 3 blogueurs et activistes sur le Net : Ruben Boni, Rita Dro et Daouda Coulibaly ont, à travers leurs expériences respectives, livré aux participants, les astuces pour bien utiliser les réseaux sociaux.

Le second atelier de formation est le workshop « Droits de l'homme au village». Piloté par la Fondation Friedrich Naumann pour la liberté, il a permis d'instruire, à l'Ecole Bad de la Cité Houphouët-Boigny de Koumassi, une centaine d'apprenants sur les notions des droits de l'Homme et de citoyenneté.

«Nous avons beaucoup appris», confie Ismaël Diarrassouba, président de l'Association Jeunesse Espoir (AJE) de Koumassi, dont les membres ont contribué activement à l'organisation de cet atelier.

Le festival a également donné lieu à un concours de Slam qui a vu de jeunes slameurs déclamer des textes forts sur les questions de démocratie, de gouvernance, de migration et bien d'autres sujets liés aux droits de l'homme.

La finale, qui a réuni six compétiteurs, a été un beau moment de joutes oratoires, le jeudi 14 novembre, à l'Institut Français, au Plateau.

Ciné Droit Libre Abidjan, c'est surtout les projections de films suivies de débats. Au total, 13 films ont été projetés, au Goethe-Institut, à l'Institut Français, au Lycée des Jeunes Filles de Yopougon et à la place Inch'Allah de Koumassi.

Mais, l'une des grosses satisfactions de cette 11ème édition reste, incontestablement, la soirée d'ouverture, le mercredi 13 novembre, au Goethe-Institut, en présence du parrain de l'événement, SEM. Jobst Von Kirchmann, Ambassadeur de l'Union Européenne en Côte d'Ivoire.

Et aussi de SEMme Yvette Daoud, Ambassadeur des Pays-Bas en Côte d'Ivoire et de bien d'autres personnalités. Pour l'occasion, la salle a affiché complet, refusant même du monde. La cérémonie a connu deux temps forts.

Le 1er fut la série des allocutions, avec en toile de fond le message fort de l'Ambassadeur de l'UE qui a salué la diversité des peuples en Côte d'Ivoire, tout en exhortant les Ivoiriens à préserver cette richesse dans l'union et la cohésion. Il a aussi réitéré son engagement à promouvoir la démocratie.

Faut-il le noter, le thème de cette 11ème édition de Ciné Droit Libre Abidjan était : « Pourquoi la démocratie ?».

Le 2nd moment important de cette soirée a été la projection du film « Qu'est-ce que la démocratie ? », suivie d'un débat passionnant avec 3 panélistes : Kevin Adomayakpor (Représentant résident du NDI-National Democratic Institute); Antonio Dal Borgo (Chargé de programmes, Droits de l'Homme, Gouvernance Démocratique, Société Civile, Délégation de l'Union européenne en République de Côte d'Ivoire) ; et Dr Flan Moquet (Politologue). Les débats ont été intenses, avec des questions percutantes sur la démocratie en Afrique et dans le monde.

Des échanges intenses sur l'homophobie et une soirée passionnante sur la migration Après cette soirée, le festival a enchaîné, le 14 novembre, cette foisci à l'Institut Français, avec la projection du film « Ils n'ont pas choisi » de Luc Damiba et Gideon Vink, qui a été suivie d'un débat intense sur l'homophobie avec le public.

Présentes, Mme l'Ambassadeur des Pays-Bas, Yvette Daoud, et Mme Danielle BoniClaverie, présidente d'un parti politique de l'opposition, ont apporté leur contribution aux échanges.

Au même moment, au Lycée des Jeunes Filles de Yopougon, 400 élèves étaient instruites, au cours de la projection de trois courts métrages ivoiriens (« Aika », « Recto Verso », et « La maîtresse »), sur le civisme et l'importance de l'école.

Dans la soirée de ce même jeudi 14 novembre, au Goethe-Institut, la soirée spéciale «Non aux violences faites femmes» a suscité le débat avec Dr Osei Kouakou, PCA de l'ONG « SOS Violences sexuelles » et Bénédicte Joan, présidente de l'Association « Stop au chat noir », sur le viol des femmes, en présence d'un public constitué à 90% de femmes issues de différentes associations féminines de Koumassi.

Là aussi, les discussions étaient passionnantes et de qualité. Et le vendredi 15 novembre, il y a eu au Goethe-Institut, la première projection en Afrique du documentaire «Congo Calling» de Stephan Hilpert, en présence du réalisateur, invité du festival, venu de Berlin, en Allemagne. Pendant une quarantaine de minutes, il a expliqué les motivations de son film et les circonstances de sa réalisation.

« Congo Calling » suit le travail de trois Européens dans le Nord-Kivu, à l'Est de la Rd Congo. Pendant ce temps, à la place Inch'Allah de Koumassi, la soirée spéciale sur la migration était contrariée par des soucis techniques qui, selon Yacouba Sangaré, ne relèvent pas de la responsabilité de la coordination du festival, mais plutôt du prestataire, chargé d'assurer la projection des films ce soir-là.

«L'écran Led qu'il a apporté sur le site n'a pas fonctionné», explique M. Sangaré. Conséquence, la soirée en question a été décalée au samedi 16 novembre et elle s'est bien déroulée devant un beau public, avec des témoignages forts sur la migration et des prestations artistiques endiablées.

Enfin, cette 11ème édition de Ciné Droit Libre Abidjan a refermé ses portes, ce même samedi, au Goethe-Institut, avec la projection du film « Facebookistan» de Jakob Gottschau, suivie de débats avec Didier Assoumou, journaliste Web, et Akossi Léger, membre d'Amnesty International, sur le pouvoir et l'influence de ce réseau social sur la vie privée de ses utilisateurs et la liberté d'expression.

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