Sénégal: Adoption du projet de loi portant report des locales - L'opposition divisée, Aly Ngouille déroule

20 Novembre 2019

Le projet de loi n°15/2019 portant report des élections prévues le 1er décembre 2019 et prorogation du mandat des conseillers départementaux et municipaux a été voté hier, mardi 19 novembre, par les parlementaires.

Les discussions générales, avant son adoption, ont laissé paraitre deux camps, à savoir les députés favorables à la poursuite du dialogue politique pour l'obtention d'un consensus, contre ceux, surtout certains de l'opposition, qui ne sont pas au dialogue et pensent que lesdites concertations ne sont qu'une ruse du président Macky Sall.

En réponse aux différentes interpellations, le ministre de l'Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, a persisté sur la nécessité de laisser la fourchette temporelle au plus tard le 28 mars 2021, pour terminer les travaux de la commission du dialogue.

Les mandats des conseillers départementaux et municipaux ont été prorogés jusqu'à l'installation des nouveaux élus et les élections locales ont été reportées jusqu'au plus tard le 28 mars 2021. Ainsi en ont décidé les parlementaires en séance plénière hier, mardi 19 novembre.

En effet, invités à examiner le projet de loi n°15/2019 portant report des élections prévues le 1er décembre 2019 et prorogation du mandat des conseillers départementaux et municipaux, les députés ont voté majoritairement ladite proposition du gouvernement, défendue par le ministre de l'Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye.

Toutefois, les discussions générales ont laisser paraitre deux camps au sein de l'opposition, à savoir les parlementaires dont les partis politiques ne sont pas parties prenantes du dialogue politique contre ceux qui prennent part à ces discussions menées par la commission cellulaire dirigée par le général Mamadou Niang.

En effet, pour ce premier groupe de parlementaires, il n'est pas question de voter ce projet de loi pour plusieurs raisons. De l'avis de Cheikh Bamba Dièye, leader du Fsf/Bj, c'était aux acteurs politiques et au gouvernement de faire tout pour être prêts afin de respecter le calendrier républicain.

Mieux, convoquant les articles L232 et L266 du Code électoral, le membre du Congrès de la renaissance démocratique (Crd), regroupant des partis absentes au dialogue politique, a plaidé pour l'installation de délégations spéciales dans l'ensemble des collectivités territoriales.

Même son de cloche pour son collègue du Crd, Mamadou Lamine Diallo, non moins leader du mouvement Tekki qui estime que ledit dialogue «est une ruse» de plus du président Macky Sall. Il reste formel que le chef de l'Etat cherche à gagner du temps pour «gérer» les gens qu'il va mettre au niveau des collectivités territoriales.

Il dit ainsi refuser de voter une loi «réactionnaire» qui répond «aux humeurs du président Macky Sall qui veut devenir émir». Il en est ainsi des députés Marie Sow Ndiaye, ou du parlementaire de Mbacké, Cheikh Abdou Bara Mbacké, qui parle de «deal politique».

Tous ont rejeté ledit projet de loi car estimant que le peuple a élu des maires pour un mandat de 5 ans et que ce n'est pas un quelconque dialogue politique qui doit reporter les élections.

LES OPPOSANTS DIALOGUEURS POUR LE VOTE DE LA LOI

Le comble, certains opposants ont défendu ledit projet de loi. Ces derniers qui prennent part au dialogue ont voté la loi. Il en est ainsi du député Mamadou Diop Decroix, qui a tenu à préciser d'emblée qu'il reste un opposant au régime.

Tout de même, estimant que ce qui est en train d'être dit à l'hémicycle «est très sérieux et concerne 16 millions de Sénégalais et toute l'Afrique», il a rappelé que c'est l'opposition qui avait dit qu'elle n'irait pas à des élections si les règles du jeu ne sont pas modifiées.

Tout en rappelant que les locales n'ont jamais été tenues au Sénégal à date échue, il a trouvé qu'il faudra laisser le soin aux experts de dire le temps que prendra l'audit du fichier, tout comme l'évaluation du processus électoral.

Il n'est pas le seul opposant à appuyer ladite loi. La "Lionne de Bambey", Aïda Mbodj qui a rappelé les griefs soulevés par l'opposition après les élections, dit assumer la défense du report des élections pour régler tous les problèmes soulevés.

A noter qu'en face de ces «anti-dialogueurs», il y avait ceux qui prennent part à ces concertations politiques dirigées par le général Niang. La totalité des députés de la majorité présidentielle, qui ont pris la parole, ont défendu ledit projet de loi.

Parmi eux, Awa Gueye a évoqué la nécessité de la poursuite du dialogue pour trouver un consensus. A son avis, le consensus est «gage de stabilité».

Ainsi donc, au vu des demandes formulées par les acteurs au dialogue, à savoir l'audit du fichier électoral, l'évaluation du processus électoral, tout comme la nécessité de revoir le parrainage, etc, le député de l'Apr a estimé qu'il fallait beaucoup de temps à la commission du dialogue.

Du même avis que sa collègue de la majorité présidentielle, Abdou Mbow a pris le contre-pied du député Cheikh Bamba Dièye qui a défendu la thèse de l'installation des délégations spéciales. Il a rappelé au député qu'en tant que maire de la ville de Saint-Louis, il a eu à bénéficier d'une prorogation de son mandat.

ALY NGOUILLE NDIAYE DEROULE

Venu défendre ledit projet de loi devant les parlementaires, le ministre de l'Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, a persisté sur la tenue des élections lorsque tout le travail réclamé par la commission cellulaire du dialogue sera abattu.

Ainsi donc, il pense que si tous les acteurs sont animés de bonne foi, les élections peuvent se tenir en 2020.

Répondant au député Cheikh Abdou Bara Dolly qui note que les élections ne sont pas inscrites dans le budget 2020, il dira qu'il existe des réserves qui pourront permettre de les organiser à n'importe quel moment.

Pour ceux qui parlent de délégations spéciales, Aly Ngouille Ndiaye dit préférer reconduire ceux qui ont été au moins élus par les populations.

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