Ile Maurice: Hausse des charges sociales - Grise mine des commerçants

20 Novembre 2019

Face à la mutiplication des charges sociales, les petits commerçants ne savent pas à quel saint se vouer. Ils craignent la fermeture de leurs commerces ou à défaut des licenciements des employés.

Alors que la révision du salaire minimum en janvier 2020 réjouit la population des travailleurs, les responsables de commerce suent à grosses gouttes. Dans un peu plus de 40 jours, les fins de mois de chaque employé leur coûteront plus de Rs 9 000. «Une bonne initiative pour la classe des travailleurs, mais pas pour nous !», se disent les gérants et responsables de commerces.

En effet, ils entrevoient avec inquiétude l'avenir de leurs business suivant la hausse du salaire minimum mais aussi d'autres dépenses qui viendront alourdir leurs charges sociales.

«Cette mesure ne nous met pas en bonne posture», s'exprime Mohamed Beedassy, gérant d'un magasin de pièces détachées pour véhicules. En 2018, lors de la hausse du salaire à Rs 9 000, Mohamed Beedassy se souvient qu'il n'arrivait pas à gérer. «Je n'ai pas encore réfléchi à comment gérer cette prochaine hausse», nous fait-il part. Il déclare qu'il est déjà sur le seuil. «Il sera difficile de trouver cet argent en période de basse production.»

Même son de cloche du côté de Yanishta Mauree Paniandy. Cette jeune femme, qui dispose d'un restaurant dans la capitale, révèle que depuis qu'elle a publié une offre d'emploi, elle n'a reçu aucune demande. «Avec cette annonce de rehaussement de salaire, les gens ne sont plus intéressés à travailler dans la restauration », déclare-t-elle. Ce qu'elle veut dire, c'est que, vu que les salaires seront alignés dans tous les domaines, les gens préfèreront s'orienter vers un métier moins fatigant. Mais Yanishta Mauree Paniandy a besoin d'autres bras pour travailler. «Mon époux est propriétaire d'un magasin. Il m'a confié qu'il pense congédier son employé et travailler seul», confie-t-elle. «Moi, par contre, je ne peux pas faire de même. J'ai besoin de gens pour travailler dans mon restaurant.»

«C'est à cause de ce genre de mesure que le chômage est en hausse à Maurice», soutient Sidic Oomar, gérant d'un magasin de prêt-àporter. Le pays n'est pas assez florissant en affaires, selon lui, pour appliquer une telle mesure. «Désormais, il faudrait savoir si nous (les gérants) sommes capables d'offrir de l'emploi. Nous ne pouvons pas tous offrir Rs 10 000 à chacun de nos employés.»

Bindhu Dachoon, gérant d'un magasin de chaussures, prévoit la fermeture de plusieurs commerces. «Plusieurs ne pourront se permettre de rémunérer leurs employés», soutientil. Il déclare que beaucoup de business, tel le sien, sont au ralenti depuis un certain temps. «Les rues ne sont plus aussi bondées qu'avant. Je ne travaille que trois jours par semaine désormais. Nous ne faisons plus le même profit. Où gagnerons-nous cet argent pour payer les employés ?», s'interroge-t-il. Bindhu Dachoon dit réaliser que son porte-monnaie va payer cher entre la paie des employés, l'électricité et le loyer de son magasin.

C'est la même rengaine à la quincaillerie de Gilbert Monty. Pour lui, ce ne sont certainement pas tous les commerçants qui pourront rémunérer plus leurs employés et il exprime son désaccord avec cette mesure. «Les commerces qui emploient dix personnes ou plus, comment feront-ils ?» De plus, ajoute-t-il, ce n'est pas sept jours sur sept qu'il reçoit des clients dans sa quincaillerie. «Et le nombre de compétiteurs que nous avons à ce jour, n'en parlons pas ! Cette mesure veut dire que les gens expérimentés et non expérimentés auront le même salaire. Je ne trouve pas cela juste.»

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