Congo-Brazzaville: Musique - Ganga Edo jusqu'auboutiste

Après la célébration des soixante ans d'existence des Bantous de la capitale, le patriarche de l'orchestre, 86 ans d'âge, dit continuer de chanter jusqu'au dernier jour de sa vie.

Les anciens sociétaires des Bantous de la capitale s'apprêtent à céder le relais à la jeunesse. Cependant, le patriarche Ganga Edo, qui n'est pas prêt à abandonner son micro, se dit être regardant dans la façon de composer de ces jeunes qui vont prendre la relève, et pour lesquels il exige les compositions de haute facture.

« Je continue d'encadrer les jeunes qui sont avec moi, qui m'appellent le Patriarche. Ils me respectent et je les respecte aussi. De temps en temps, quand il y a un concert, que ça soit à l'Institut français du Congo ou à la Détente bar, je suis là et je les encadre. Je respecte le directeur artistique. Je ne l'oblige pas parce que je suis le Patriarche ou le co-fondateur des Bantous de la capitale. Il peut arriver que le directeur artistique, qui est un jeune aussi, me demande si je peux chanter telle ou telle autre chanson », a déclaré le patriarche Ganga Edo.

Co-fondateur de l'OK Jazz et des Bantous de la capitale, il assure être encore apte à caresser son micro. « Je n'ai pas cessé de jouer. Je joue jusqu'aujourd'hui. Je ferai de la musique jusqu'au dernier jour de ma vie. C'est ce que Dieu a voulu que je le fasse, donc je ne peux pas laisser. Comme un militaire, je vais mourir l'arme à la main », a-t-il ajouté.

Pour Ganga Edo, le bon souvenir qu'il garde jusqu'à ce jour est d'être le co-fondateur de l'OK Jazz, avec deux de ses compatriotes, Daniel Loubelo De la Lune et Célestin Nkouka, et de l'autre côté de la rive gauche du fleuve Congo, Luambo Makiadi François dit Franco, Victor Longomba dit Vicky Longomba, et Desoin. Il est également co-fondateur des Bantous de la capitale, avec Saturnin Pandi (le batteur), Jean Serge Essous (le premier chef d'orchestre), Nino Malapet (le deuxième chef d'orchestre), Célestin Nkouka et Daniel Loubelo De la Lune. Malheureusement, regrette-t-il, tous ses amis sont morts, le laissant seul. Il a ajouté que son passage à Léopoldville, actuelle Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), lui a permis d'y avoir des enfants, ainsi qu'ici à Brazzaville.

Fils unique de sa mère Véronique, Ganga Edo lui a rendu un hommage à travers une chanson anthologique. « Ma mère, fille de Ganga Edouard (qui a même un collège dans Brazzaville qui porte son nom), n'a eu que moi comme fils. Il fallait que je lui rende hommage à travers la chanson Aimé wa bolingo; une chanson qui a marqué mon histoire et qui est devenue un classique », a-t-il témoigné.

Instituteur de formation de la trompe de Virgile Mafoua, Ganga Edouard n'a jamais voulu que son petit-fils devienne enseignant comme il voulait bien l'être. Il lui a plutôt inscrit dans une école de formation professionnelle.

Ganga Edo a été élevé le 15 août par le président de la République, Denis Sassou N'Guesso, au grade de commandeur dans l'Ordre du mérite congolais. « "Félicitations doyen, le seul qui nous reste", m'a dit le président de la République en me portant l'insigne de la médaille », se souvient le patriarche, tout heureux.

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