Congo-Kinshasa: Nord-Kivu - Au moins 20 autres civils tués et plusieurs disparus entre mardi et mercredi à Beni

20 Novembre 2019

Ce chiffre est avancé après un massacre sanglant qui a visé Bovata, en territoire de Beni depuis l'après-midi du mardi 19 novembre puis le coeur de la ville de Beni, le soir du même jour.

Les faits sont trop cruels, car il s'agit d'abord de 14 corps qui viennent d'être retrouvés la journée de ce mercredi à Bovata après une fouille à laquelle se sont livrés les habitants sur place depuis le soir du mardi. Janvier Kasayirio, rapporteur de la société qui livre ce nombre, indique que le bilan risque d'être plus intrigant puisque le nombre des personnes portées disparues reste jusque-là inestimable.

Il informe que ces compatriotes ont sauvagement été assommés à l'arme blanche et au fusils par les rebelles ADF actifs dans la région.

» Les corps que nous détenons ici physiquement sont maintenant au nombre de 12. On parle de 2 autres, on pourrait donc aller aux 14. Il y a des disparus, on ne sait pas encore confirmer leur mort. Vraiment, il est impossible d'avancer le chiffre sur les disparus, ils sont nombreux », témoigne-t-il à Le Potentielonline.net.

Pour la société civile du territoire de Beni, la situation est devenue explosive et risque d'être complètement hors du contrôle si cet état dégénère.

» Ce qui se passe chez nous fait peur. C'est plus que la terreur, c'est plus que le mal. On ne sait même pas comment qualifier ça. Depuis que les opérations militaires ont été lancées, on sent maintenant que l'ennemi est en train de réagir très autrement. On a appris il n'y a pas longtemps qu'à Kokola et à Oicha, on a égorgé des gens puis à Eringeti, ensuite vers Mayimoya, et même à Beni ville. Donc, maintenant, on égorge partout. Ça fait très mal ».

Et à ce nombre, s'ajoutent les 7 autres civils qui ont cette fois été abattus au quartier Boikene, en plein coeur de la ville de Beni. Pourtant, quelques mois près venaient de s'écouler sans que ces djihadistes n'aient de nouveau agi sur la ville de Beni.

Mais vers 18h du mardi 19 novembre, l'ennemi, déguisé en tenue FARDC, avec un message rusé de sauveur, a su déjouer l'attention des habitants de ce quartier qui l'ont pris pour patrouilleur avant qu'il ne se retourne contre eux quelques minutes après. Le matin, c'était de nouveau pleurs et désolation dans cette partie du Nord-Kivu.

D'ailleurs, face à ces massacres réitératifs

dont on ne sait plus compter le nombre des victimes, l'émotion et la pitié sont montées d'un cran vis-à-vis de ce qui s'apparente à un véritable génocide contre les populations autochtones. Les jeunes ont manifesté puis barricadé les routes pour exprimer leur ras-le-bol et interpeller les autorités sur le rôle qu'elles ont à jouer dans la sécurisation des habitants.

La situation s'est stabilisée en fin de matinée mais il a fallu que les services de l'ordre interviennent par des tirs de sommation pour dissuader ces manifestants hostiles à la MONUSCO qu'ils accusent d'inaction malgré son mandat en RDC. Ceux-ci disent même accorder 48 heures aux casques bleus pour qu'ils évacuent le quartier Boikene de Beni.

Depuis l'accalmie, c'est l'incertitude et la suspicion qui règnent parce qu'aujourd'hui le territoire de Beni est devenu un véritable champ d'expérimentation des crimes odieux qui continuent de coûter la vie à de nombreux civils non armés. Les rebelles y font irruption la nuit avant de mener tranquillement leur opération.

La chronologie succincte depuis le 6 novembre dernier, qui retrace un tableau très sombre de la situation devenue inexcusable à Beni irrite parce qu'il y a peu, les forces armées ont annoncé avoir lancé une vaste opération de reconquête de tous les bastions ennemis jusqu'à ses dernières poches résiduelles dans les fins fonds du territoire de Beni. Depuis, la cruauté contre les civils s'est accrue alors qu'un brin d'espoir commençait à se construire dans le chef des habitants dans la région. Hélas, tout semble s'évaporer par les attaques ciblées qui, à chaque fois, se soldent sur des bilans inattendus.

Consécutivement à cette situation, les forcez vives recommandent aux FARDC de mettre en place des stratégies draconiennes dont les résultats seront palpables.

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