Afrique de l'Ouest: La colère des autorités burkinabè contre l'armée malienne

20 Novembre 2019

Le Burkina Faso proteste contre l'incursion sans autorisation de militaires maliens sur son territoire. L'armée malienne dit avoir usé de son droit de poursuite pour traquer des djihadistes.

Le Burkina Faso accuse l'armée malienne d'avoir mené une incursion sur son territoire et surtout de s'être attaquée à des civils lors d'une opération menée de manière unilatérale.

"Les militaires maliens ont (... ) procédé à une répression contre les populations du village de Abaye, occasionnant ainsi trois morts, dont un broyé par les roues de véhicules, mais aussi des destructions massives d'infrastructures et de matériels", précise un communiqué du gouvernement.

La réaction des autorités burkinabè a surpris certains officiels maliens avec qui la DW s'est entretenu mais qui ont requis l'anonymat.

En effet, les textes régissant la force conjointe du G5 Sahel autorisent les cinq pays membres qui la composent à user de leur droit de poursuite jusqu'à 50 kilomètres à l'intérieur du territoire d'un des pays membres.

C'est ce qu'aurait fait l'armée malienne. Cependant, le politologue Siaka Coulibaly rappelle qu'une autorisation de l'Etat concerné est toujours requise :

"Le droit de poursuite est assujetti à une information préalable de l'autorité burkinabè et dans ce cas-ci, cela n'a pas été respecté. Cela reste incompréhensible que les militaires maliens aient identifié un groupe de terroristes, qu'ils les aient pris en chasse et que cela les ait amené sur le territoire burkinabè".

Mise en garde

Dans une correspondance datant du 15 novembre dernier, le chef d'état-major général de l'armée a mis en garde certaines chancelleries occidentales. Il a déploré que des avions étrangers survolent l'espace national sans autorisation.

C'est pourquoi, le général de brigade Moïse Miningou a imposé une déclaration préalable de 48 heures avant tout survol, en coordination avec l'armée de l'air de son pays.

"Je ne pense pas que ce soit dans une ambition de vouloir travailler tout seul dans la lutte contre le terrorisme. Je pense que c'est une question de coopération militaire d'informer ou de réclamer l'autorisation d'une autorité de pouvoir survoler la zone sous sa souveraineté", soutient le politologue malien Moussa Sidibé.

En cas de non-respect de cette décision, le chef d'état-major général de l'armée a prévenu que des consignes ont été données pour que ces avions soient considérés comme ennemis et traité comme tels.

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