Congo-Brazzaville: Disparition - Bernard Okongo conduit à sa dernière demeure

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a rendu, le 20 novembre à Brazzaville, un dernier hommage à son secrétaire général avant d'être porté en terre au cimetière du centre-ville.

Décédé à l'âge de 64 ans, Bernard Okongo, marié père de trois enfants, laisse derrière lui le souvenir d'un homme dévoué à la cause nationale, d'un chef à l'écoute, a-t-on appris.

« C'est un monsieur qui était jovial. Avant de dire quelque chose qui était difficile à entendre, il réfléchissait. Mais c'est avec un sourire qu'il annonçait ce qui était difficile pour moi à comprendre et à entendre. C'était un homme qui aimait son travail et qui aimait tout le personnel qui travaillait avec lui. Et c'est un grand regret. C'est une grande perte en cette personne du secrétaire général du CESE », a témoigné, l'âme abattue, Emilienne Raoul, présidente du CESE.

Le rapporteur de cette institution, Louis Patrice Ngagnon, retient de Bernard Okongo une personne ouverte, un homme généreux. « Je peux dire que c'était la béquille de cette maison. Il a porté cette maison dans son quotidien. J'ai découvert un monsieur généreux. Mais il faut dire, un militant de la cause parce que pour ce Conseil, il n'a ménagé aucun effort. Pour preuve, le 4 novembre quand il nous quitte, il part du bureau après avoir travaillé régulièrement. Quand il arrive à son domicile, c'est à ce moment que se produit l'irréparable. Le pays perd là un cadre. Il nous faut beaucoup de ressources et beaucoup de recul et d'imagination pour qu'on lui trouve un remplaçant digne de la hauteur du niveau du travail qu'il a laissé au sein du Conseil », a-t-il affirmé, le cœur serré.

D'une voix émotive, Alphonse Malonga, directeur des Affaires socioculturelles, ne manque pas de mot, au cours de l'éloge funèbre, pour décrire les ambitions et le dévouement d'un homme dont la perte laisse pour cette institution « un vide immense ». « Pour nous qui l'avons côtoyé au CESE, quatorze ans durant, nous l'avons trouvé toujours infatigable, dévoué, préoccupé à accomplir avec tant de bonheur des missions et travaux aussi difficiles que passionnants de conseils. Comme tout malheur public, cette perte est et devient pour nous tous un juste sujet d'éternels regrets », a-t-il rappelé.

Une carrière à multiple facette

Après de brillantes études primaires et secondaires aux écoles de Liboka et d'Edou, puis au CEG d'Oyo, dans la Cuvette, Bernard Okongo obtient successivement un Certificat d'études primaires élémentaires et un Brevet d'études moyennes générales. En 1978, au lycée Champagnard de Makoua, il décroche un baccalauréat A4.

Engagé en 1980 dans la Fonction publique congolaise en qualité de contractuel et mis à la disposition de la direction de l'orientation et des bourses, il y évolue jusqu'en 1982 comme collaborateur au service de l'orientation, division « attribution des bourses ». Après deux ans de bonnes prestations, il s'y illustre déjà comme collaborateur « exemplaire et infatigable ». Il entame ensuite un cursus universitaire en suivant, entre 1983 et 1988, un stage de formation à l'Institut supérieur de gestion du personnel de Paris, en France, où il sort titulaire d'un Certificat supérieur de gestion des ressources humaines, puis d'un Diplôme d'études approfondies en gestion des ressources humaines.

De retour au Congo, Bernard Okongo reprend ses activités professionnelles, en qualité de collaborateur à la direction générale du Travail. Il assume ainsi, entre 1991 et 1992, la fonction d'attaché administratif au cabinet du ministère du Travail. En 1990, il y est promu assistant du directeur général. Ces nouvelles fonctions qu'il découvre avec intérêt, et auxquelles il se consacre avec abnégation et brio, lui valent d'être nommé par la suite assistant du directeur général de la Fonction publique. Au ministère chargé de la coordination de l'action gouvernementale, il a occupé, de 1998 à 2004, celle de délégué de la Fonction publique.

« La force de Bernard okongo résidait, il faut le souligner, dans sa passion pour la question de la gestion des ressources humaines qu'il a affectionnée jusqu'à ses derniers jours », note l'oraison funèbre.

Les diverses fonctions qu'il a exercées avec passion ne l'ont pas empêché, toujours désireux de servir, d'exercer dans l'enseignement supérieur avec « zèle et dévouement ». En effet, en tant que spécialiste de la gestion des ressources humaines, il a fréquemment été sollicité pour dispenser, pendant de nombreuses années, l'enseignement de ce module au centre d'informatique et de recherche de l'armée et de la sécurité.

Le couronnement de cet « élogieux » parcours administratif et professionnel est intervenu le 16 mars 2005, date à laquelle il est nommé secrétaire général du CES par le président Denis Sassou N'Guesso.

« En effet, durant les quatorze années d'exercice, il a, de façon inexprimable, fortement contribué à l'atteinte de son objectif qui est de faire connaÏtre sa position et de formuler des avis et recommandations dans le cadre du processus décisionnel. Qu'il en soit très sincèrement remercié », souligne le document.

Pour lui témoigner sa reconnaissance, le bureau actuel de cette institution s'est fixé comme objectif essentiel, la poursuite de cette rigueur pour accroître la qualité et la lisibilité de l'action menées par le bureau du Conseil. Ses compétences et son dévouement à la cause nationale lui ont de surcroît valu d'être décoré, « ambassadeur de la paix » par le président de la République.

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