Afrique: Participation du Maroc au Sommet "G20 Compact with Africa"

L'Afrique, une priorité de la politique étrangère du Maroc

L'Afrique et son développement constituent une «priorité» dans la politique étrangère du Royaume du Maroc, a souligné, mardi à Berlin, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger, Nasser Bourita.

«Dire que l'Afrique est une priorité pour mon pays, n'est pas un «statement», mais une réalité. Elle est inscrite au centre de la politique étrangère du Royaume», a relevé Nasser Bourita dans une allocution prononcée à l'ouverture du 3ème Sommet «G20 Compact with Africa « qui se tient à Berlin sous la présidence de la chancelière allemande, Angela Merkel.

Le ministre a précisé, dans ce contexte, que 2/3 des investissements directs à l'étranger (IDE) du Maroc sont destinés à l'Afrique, ce qui fait du Royaume le 2ème investisseur africain dans le continent et le premier dans sa région de l'Afrique de l'Ouest, ajoutant que les exportations marocaines sont passées de 2 à 21 milliards de dirhams. Il a expliqué que la vision de S.M le Roi Mohammed VI de la politique africaine s'appuie sur les partenariats public-privé, autant qu'elle mobilise la coopération intergouvernementale, faisant remarquer qu'il s'agit des institutions bancaires, des groupes immobiliers ou des opérateurs téléphoniques. L'entreprise marocaine se conçoit comme une entreprise africaine dont la méthode est le partage d'expertise, la démarche est la transparence et la finalité est le codéveloppement du continent.

Après avoir indiqué que le Maroc parie sur une «réussite durable» du Compact, Nasser Bourita a affirmé que l'ambition du Royaume «n'est pas le Compact, mais l'Afrique». «Le Compact est au service de l'Afrique. L'inverse n'est pas et ne devrait pas être vrai. L'Afrique n'est pas l'objet d'une ambition, mais elle est l'ambition en soi, et la raison d'être de ce que nous y entreprenons», a-t-il noté.

«Nous voyons l'Afrique à travers la lunette de ses intérêts, et non pas la lunette d'autres intérêts, quels qu'ils soient», a-t-il fait observer, assurant que le Maroc se dit convaincu que «l'intérêt de l'Afrique n'est pas dans l'assistance, mais dans le partenariat d'égal à égal et gagnant-gagnant»

Pour le ministre, l'Afrique, aujourd'hui, n'a pas besoin d'aide au développement, autant qu'elle a besoin de générer sa propre croissance et, surtout, de la traduire en développement, ajoutant que «le développement n'est autre que la croissance durable, qui endigue les inégalités structurelles, celles-là mêmes qui génèrent l'instabilité et ré-initient le cercle vicieux de la décroissance»

C'est là d'ailleurs le sens du nouveau modèle de développement, auquel appelle S.M le Roi, «celui de la prospérité sociale ; où croissance, investissement et développement se complètent et s'améliorent mais ne se substituent pas l'un à l'autre», a-t-il expliqué.

Tout en disposant du tiers des ressources naturelles mondiales et de la moitié des terres arables non-employées à l'échelle planétaire, l'Afrique a résolument les ressorts de la croissance, a rappelé Nasser Bourita, notant que, toutefois, souvent, des pays, parmi les mieux dotés par la nature, se retrouvent paradoxalement parmi les plus boudés par le développement.

Ainsi, le Compact est appelé plus que jamais à contribuer à cette réconciliation, en soutenant les réformes en Afrique certes, mais aussi une révision des approches au Nord, a insisté le ministre.

Pour remédier à cette situation, il est important d'élargir le Compact with Africa par une ouverture plus large aux pays d'Afrique, de combattre les stéréotypes selon lesquels le marché africain serait, par un facteur intrinsèque, plus risqué que les autres marchés, et de renforcer le potentiel de coopération intercontinentale mais aussi intra-continentale.

«Nous sommes assurément dans une nouvelle ère de la coopération ; une aire qui reconnaît les failles de l'action verticale Nord/Sud, qui dépasse les limites de l'action +gouvernement à gouvernement+ et apprivoise la nécessité d'une approche innovante, pragmatique et décomplexée», a conclu Nasser Bourita.

Lancée par la chancelière allemande Angela Merkel pendant la présidence de son pays du G20 en 2017, l'initiative «G20 Compact with Africa» vise à renforcer et à promouvoir les investissements privés pour favoriser une croissance durable dans les pays d'Afrique et à créer des emplois pour la jeunesse africaine.

Douze pays africains ont adhéré à cette initiative, à savoir le Maroc, le Bénin, la Côte d'Ivoire, l'Egypte, l'Ethiopie, le Ghana, la Guinée, le Rwanda, le Sénégal, le Togo et la Tunisie et le Burkina Faso, outre des organisations internationales, notamment la Banque africaine du développement, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM).

Angela Merkel avait annoncé, l'année dernière, lors du Sommet du G20 sur l'investissement, tenu dans le cadre du «Compact with Africa», la mise en place d'un fonds de 1 milliard d'euros pour soutenir les investissements des petites et moyennes entreprises européennes en Afrique, outre une batterie de mesures visant à réduire les risques pour les investisseurs allemands.

Lors de la séance d'ouverture de ce Sommet à Berlin, tenu en présence de plusieurs chefs d'Etat et de gouvernement africains, il a été procédé à la présentation de nombre de projets lancés dans des pays africains, dont le Maroc, dans le cadre de l'initiative Compact with Africa.

A cette occasion, la chancelière allemande a mis l'accent sur l'amélioration de l'indicateur des investissements en Afrique, ajoutant que l'objectif est d'attirer le secteur privé pour investir dans les pays africains.

La transparence et la bonne gouvernance sont les atouts fondamentaux pour attirer les investissements allemands et du G20 vers le continent africain, a indiqué Angela Merkel, précisant que le fonds d'investissement mis en place par le G20 a comme objectif de soutenir les petites et moyennes entreprises pour investir dans les pays africains.

Pour le Daily Graphic, le Royaume est un partenaire clé en matière de développement en Afrique

Le Maroc est un partenaire clé en matière de développement et de promotion de la paix en Afrique, écrit lundi le quotidien ghanéen à grand tirage "Daily Graphic".

"Depuis l'accession de SM le Roi Mohammed VI au Trône, le Maroc a entretenu des relations fortes, pérennes et stables avec les pays africains frères", relève le quotidien dans un spécial Maroc publié à l'occasion du 64ème anniversaire de l'Indépendance du Royaume.

"Le Maroc s'est engagé dans une diplomatie régionale efficace pour faire face à l'extrémisme, promouvoir le commerce, l'investissement et le développement humain dans l'objectif d'assurer l'intégration régionale, la stabilité et la sécurité au continent africain", poursuit la publication.

Dans ce cadre, le Souverain a effectué plus de 50 visites dans plusieurs pays du continent, qui ont permis la signature de plus de 1.000 accords de coopération touchant les différents secteurs, notamment l'économie, la politique, la sécurité et l'éducation.

Et de noter que le retour du Royaume au sein de l'Union africaine est le couronnement des efforts diplomatiques du Maroc, qui a donné la priorité à la promotion des relations avec les pays de l'Afrique de l'Ouest et centrale.

Sur le plan religieux, la publication a mis en exergue le rôle du modèle religieux marocain dans la consécration des valeurs de l'islam de modération, du juste milieu et de tolérance en Afrique.

Dans ce sens, le Maroc a lancé plusieurs initiatives, notamment la Fondation Mohammed VI des oulémas africains et l'Institut Mohammed VI de formation des imams mourchidines et mourchidates, rappelle le journal.

Sur le plan économique, le quotidien met l'accent sur les investissements du Maroc en Afrique dans des secteurs diversifiés, touchant notamment le phosphate, les banques, la construction et les télécoms.

"La présence du Maroc en Afrique vise à promouvoir le développement et la stabilité du continent, dans le cadre d'une coopération gagnant-gagnant", écrit la publication.

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