Cameroun: Pour une économie plus attractive

Depuis plusieurs années, le chef de l'Etat a pratiquement fait de l'objectif de l'émergence économique du Cameroun une véritable obsession. En inaugurant le septennat des Grandes opportunités (2018 2025) mardi dernier à l'Assemblée nationale, il a déclaré que cet objectif doit être érigé en grande cause nationale qui mobilise l'ensemble des concitoyens.

Pour atteindre ce niveau de développement avancé et enviable, il a fixé le cap à suivre. Il est en effet question de poursuivre, entre autres, les réformes structurelles afin de renforcer notre équilibre budgétaire et conforter la soutenabilité de notre dette. Car il ressort de l'analyse du chef de l'Etat que des finances saines sont la condition de l'attractivité d'une économie et donc, de son aptitude à accueillir les investissements.

Le Fonds monétaire international (FMI) estime que la mise en œuvre des réformes structurelles est restée globalement satisfaisante. Sur les quatorze repères structurels établis jusqu'à mai 2018, dix ont été respectés et quatre ont été reportés, selon un rapport établi par l'institution en août 2018.

En ce qui concerne le déficit budgétaire de 2017, il a été, à en croire la même source, plus élevé que prévu, mais les autorités mettent en place des mesures fortes pour ramener la consolidation sur sa trajectoire initiale, ajoute le FMI, qui rassure que le déficit budgétaire convergerait vers le critère de la CEMAC (3% du PIB) à partir de 2020.

Afin d'avoir des finances saines, les autorités ont par ailleurs publié une circulaire destinée à améliorer la discipline budgétaire. En même temps qu'elles ont accepté d'accélérer les réformes de soutien à la gestion des finances publiques, en vue de renforcer la qualité des données, mieux contrôler l'exécution du budget et limiter l'accumulation des arriérés intérieurs. Tout ceci a pour finalité, l'amélioration de l'attractivité de l'économie camerounaise afin de créer des conditions incitatives pour l'investissement initié par le secteur privé, reconnu pour sa capacité à créer des richesses, des emplois et à transférer la technologie.

Car faut qil le rappeler, l'investissement est le moteur de la croissance et celle qci ne saurait atteindre des niveaux plus élevés si l'environnement des affaires est contraignant aux yeux de nombreux opérateurs économiques nationaux et étrangers. Certes, d'après les prévisions, la croissance devrait rebondir cette année à 4% mais il faut relever que ce taux est insuffisant pour un pays qui aspire à l'émergence à l'horizon 2035. Il faudrait le porter au taux magique de 7%, voire plus, en réalisant, pourquoi pas, une croissance à deux chiffres sur plusieurs décennies. Pour y parvenir, le taux d'investissement global doit être d'au moins 25% du PIB sur une longue durée.

Un objectif qui ne peut être atteint que si les entraves qui freinent actuellement l'activité économique sont levées. La perte par le Cameroun de trois places dans le classement Doing Business 2019 de la Banque mondiale sur la facilité de faire des affaires est interpellatrice à cet égard. C'est pourquoi il est crucial d'accélérer le chantier des réformes.

Dans le même ordre d'idées, la poursuite des efforts de réduction de l'important déficit infrastructurel du pays dans plusieurs domaines est un signe positif aux yeux des investisseurs, qui appellent également de tous leurs vœux, l'avènement d'une fiscalité de développement reposant sur la baisse de la pression fiscale sur les entreprises du secteur formel, l'élargissement de l'assiette fiscale, le rétablissement d'un contrat de confiance entre l'administration fiscalo qdouanière et le contribuable.

Le volet fiscal apparaît comme un sujet central pour les entreprises parce que c'est un des éléments qclés de l'attrait ou non de l'économie camerounaise et donc de la décision d'investir.

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