Cameroun: Municipales et législatives 2020 - Le RDPC joue sur un champ de ruines

21 Novembre 2019

Dans le sillon de son bon résultat à la présidentielle d'octobre 2018, le parti se place dans une stratégie de l'innovation au milieu des rancoeurs en interne.

Les Camerounais prendront encore le chemin des urnes dimanche 9 février 2020.C'est le prochain scrutin et il s'annonce essentiel en ces temps de recomposition politique. Qui conservera son ancrage local, qui au contraire verra son maillage territorial réduit? Les partis politiques les plus installés, comme le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), ayant sans aucun doute le plus à perdre. À quelques mois du double scrutin, la formation commence à se mettre en ordre de marche, avec une question : comment mettre toutes les chances de son côté ?

Stratégie

Dans le sillon de son bon résultat à la présidentielle d'octobre 2018, le RDPC se place dans une stratégie de l'innovation. Sur son site officiel, le parti politique de Paul Biya le fait d'ailleurs savoir. «Beaucoup d'innovations figurent dans les textes signés du Président national et du Secrétaire Général organisant les investitures en vue du double scrutin du 9 février 2020. Les plus significatives portent incontestablement sur la composition des commissions et les critères de sélection des candidats», peut-on y lire.

En vrai, Paul Biya a signé 2 circulaires. L'une traite spécifiquement des conditions d'investiture des candidats aux élections municipales et l'autre précise les modalités de sélection des militants désireux de se présenter aux élections législatives. «Lesdits documents prévoient d'une part de sécuriser d'anciens militants, d'autre part d'organiser dans la clarté la compétition entre tendances. Grosso modo, c'est pour corriger le tir des échéances antérieures marquées par plusieurs querelles entre militants», s'est félicité Jean-Baptiste Atemengue sur le plateau de Canal presse dimanche dernier.

Le même espace médiatique a permis à Grégoire Owona de dissiper les confusions que porteraient «certains militants et détracteurs du RDPC». Selon le secrétaire général adjoint de cette formation politique, les textes de Paul et Biya (complétés par la circulaire d'application de Jean Kuete) ne constituent point «un désaveu du politique mais des outils politiciens». «Le RDPC est aussi un instrument au service de la vie délibérative, de l'élaboration de contre-propositions, de la formation et du renouvellement des élites dirigeantes. Ce qui est intéressant, c'est d'avoir créée des outils citoyens de régulation qui permettent ensuite de créer une plus grande éligibilité des uns et des autres.», a affirmé Grégoire Owona.

«Contrepoids»

Pour des observateurs, il était temps dès lors que le sommet du parti a choisi de se situer dans une dynamique performante. Pour lire cette dernière, Henri Amah Essindi , sociologue politique, emprunte le chemin inverse. «Avec les nouvelles règles édictées par le sommet de ce parti politique, il y a fort à parier qu'on se démultiplie au chevet des candidats populaires et anciennement déçus comme pour leur administrer l'extrême-onction». À en croire l'universitaire, le challenge est d'autant plus élevé qu'il existe comme une rancœur contre une politique qui avait lâché la bride au milieu financier.

À côté, un cadre du parti évoque des déchirements occasionnés par des dignitaires ayant miraculeusement sauvé leur peau depuis les dernières consultations municipales et législatives. Selon nos informations, ceux-ci s'activent en coulisses pour constituer une sensibilité «conservatrice» opposée aux nouvelles directives du Comité central «Qu'on se souvienne que c'est grâce aux anciennes dispositions qu' ils ont obtenu des scores impressionnants à toutes les dernières élections (y compris bien sûr la présidentielle), qu'ils ont des centaines d'élus, qu'ils pèsent sur le débat politique», énumère l'un d'eux en petits comités.

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