Ile Maurice: Compensation salariale - Les syndicalistes proposent Rs 700 à Rs 1 200

21 Novembre 2019

Une compensation salariale dans une fourchette de Rs 600 à Rs 1 200. C'est ce que comptent proposer les syndicalistes au ministre des Finances, le Dr Renganaden Padayachy, lors de la prochaine réunion tripartite, prévue le 28 novembre. Le coup d'envoi des discussions a été donné hier, mercredi 20 novembre, au siège du ministère du Travail, à la Victoria House, à Port-Louis. Selon nos recoupements, cette première rencontre, présidée par le ministre du Travail, Soodesh Callichurn, a été l'occasion d'établir un calendrier de travail.

Il a ainsi été convenu qu'un comité technique se réunira le 25 novembre pour discuter des données fournies par le bureau des statistiques. Hier, celui-ci a avancé le chiffre de 0,5 % comme étant le taux d'inflation. Un chiffre qui, rappelons-le, est pris en considération dans le calcul du quantum de la compensation salariale.

D'aucuns se demandent s'il y aura bien une compensation salariale. Car, «selon le rapport du Pay Research Bureau de 2013, ladite compensation est payable lorsque le taux d'inflation est au-dessus de 0,5 %». Cependant, l'on fait ressortir que «dans le passé, le gouvernement a toujours fait un effort lorsque le taux d'inflation se chiffrait à 0,5 %».

«Approche prudente» du patronat

Au niveau du patronat, on laisse entendre qu'il s'agit «d'une année exceptionnelle» avec la révision du salaire minimum et l'entrée en vigueur du Portable Retirement Gratuity Fund. Ce qui fait que le secteur privé devra débourser davantage.

«On doit s'assurer qu'on nous donne les moyens afin que les entreprises puissent respecter le paiement du nouveau salaire minimum et avoir une approche prudente», explique le Chief Operating Officer de Business Mauritius, Pradeep Dursun. Il ajoute que la position chiffrable du secteur privé sera connue la semaine prochaine.

Du côté des syndicalistes, bien qu'on attende les précisions du bureau des statistiques, chacun y va déjà de son chiffre. Pour Narendranath Gopee, président de la National Trade Union Confederation, la compensation salariale devrait être de Rs 700. «Chaque mois, on fait un calcul autour du coût du panier ménager, des factures, des dépenses liées à la santé et du taux d'inflation pour arriver à une moyenne. Cette fois, on est arrivé au montant de Rs 700», explique-t-il.

Rashid Imrith, président de l'All Employees Confederation, propose, de son côté, la somme de Rs 1 200 «en prenant en considération l'engagement pris par le gouvernement durant la campagne électorale» (voir plus bas).

En ce faisant, «le gouvernement va recréer le feel-good factor comme en janvier 2015 (NdlR, la compensation avait alors été de Rs 600), soit juste après sa victoire aux législatives de décembre 2014. Ensuite, il y a aussi la vision du gouvernement qui est de devenir une économie à revenus élevés et la distorsion dans les salaires suite à la mise en œuvre du salaire minimum», dit-il.

Rashid Imrith : «Nous allons demander une augmentation de Rs 1 200 d'ici janvier 2020»

Suivant la réunion d'hier, Rashid Imrith, en tant que président de la fédération des syndicats du secteur public réclame une augmentation salariale de Rs 1 200 d'ici janvier 2020. Ce dernier a tenu un point de presse, ce jeudi 21 novembre, pour faire la lumière sur le salaire minimum, la compensation salariale et le rapport du Pay Reserach Bureau (PRB).

Accueillant favorablement les propositions du gouvernement sur le salaire minimum et la compensation salariale, Rashid Imrith maintient que le National Wage Council et le comité tripartite doivent travailler ensemble pour la «high income economy». Il demandera une hausse de Rs 1 200 pour le salaire minimum en se basant sur les chiffres de Statistics Mauritius lors de la réunion tripartite.

«Le bureau des statistiques fait mention de la somme de Rs 29 890 pour l'average monthly income expenditure par famille. Dans une famille, il y 1,4 des personnes qui travaillent et le revenu mensuel doit se situer autour de Rs 21 350 par famille», explique Rashid Imrith. Il élabore un calendrier de travail pour attendre la somme de Rs 21 350.

La prochaine réunion, du 25 novembre, discutera aussi de l'impact du salaire minimum et du rapport du salaire minimum qui doit sortir en janvier.

Reeaz Chuttoo : «Business Mauritius ne doit pas faire obstruction»

Reeaz Chutto, le président de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP), a animé une conférence de presse ce jeudi après-midi. Il met en garde les agissements de Business Mauritius à l'égard du Portable Retirement Gratuity Fund (PRGF). Si le taux de contribution annoncé par le gouvernement n'est pas respecté, une menace de "immédiate stoppage of work" est envisageable.

Cette démarche prendra effet si «une compagnie de construction ne rémunère pas les employés pour leur temps de travail». Reeaz Chuttoo explique que suivant la sortie du «remuneration order» pour le secteur de la construction, une compagnie ne veut pas payer la totalité des heures travaillées par les employés suite à la loi, qui indique qu'une personne ne doit pas travailler plus de 8 heures.

Il a aussi parlé de la compensation salariale. Il souligne qu'il faut maintenant travailler en direction à atteindre les Rs 13 500 pour la pension de vieillesse. «C'est crucial, qu'on ait un aperçu de cette progression. On devra trouver la somme de Rs 4 100 pendant cinq ans, ce qui nous ramène à Rs 820 par année.»

Parlant du PRGF, le syndicaliste affirme que jusqu'à présent ce n'est pas encore une réalité. «Business Mauritius ne veut pas que cela soit applicable.» Il souligne que dans le projet initial du Worker's Right Bill, il y avait le First Right Mortgaged, qui assurait le paiement des travailleurs dans le cas où une compagnie était sous receivership. Ainsi, il pointe du doigt Xavier Luc Duval d'avoir agi contre les travailleurs du secteur public et a pris une position politique pour enlever la section du First Right Mortgaged.

De plus, la CTSP demande des explications au National Minimum Wage Council, en dénonçant un amalgame entre la compensation, la perte du pouvoir d'achat et la hausse du salaire minimum. Il propose aussi la solution de «corrélativité» pour ceux qui touchent plus que le salaire minimum de Rs 9 000. Ainsi, il y aura une correction automatique à ce niveau.

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