Ile Maurice: «Harcèlement au travail» - Kishore Taucoory veut rendre justice à sa fille décédée

21 Novembre 2019

La blessure du père est vive. Kishore Taucoory a des sanglots dans la voix. Il a rangé son costume chatoyant d'artiste qui dirige les Bhojpuri Boys. À la place, c'est un père accablé par la disparition de sa fille aînée de 36 ans, Nishi Taucoory, décédée suivant une attaque cérébrale, le dimanche 10 novembre, qui témoigne. Selon lui, la trentenaire aurait été victime de harcèlement à la Mauritius Society of Authors (MASA), où elle travaillait, au département des ressources humaines.

Dégoûté et en colère, Kishore Taucoory a décidé de porter plainte pour harcèlement à la police, samedi. Cela, après avoir pris connaissance des messages injurieux que l'une des anciennes collègues de sa fille aurait posté sur les réseaux sociaux.

«C'est là que j'ai compris pourquoi ma fille ne voulait plus aller travailler. Mo'nn santi mwa bien ofansé par sa manier ki apé maltret mo tifi-la. Ce n'est pas que ma fille que l'on a insultée, mais toute la famille Taucoory. Vous savez, les artistes sont bien sensibles. Mo pé soufer... »

Convoquée à l'ICAC

Kishore Taucoory écrase une larme. Il reprend son souffle. Entre deux hoquets, il raconte comment lors de la veillée mortuaire, «d'anciens collègues de ma fille m'ont demandé pourquoi on n'avait rien dit pendant tout ce temps-là. Si mo ti koné mo ti pou perdi mo tifi, mo ti pou dir li aret al travay MASA. Cela n'aurait pas été la fin du monde. En plus, ma fille avait des diplômes. Li ti éna Master tou».

Malgré son cœur de père qui «saigne», Kishore Taucoory fait des efforts pour se souvenir des dates. Ceux des jours heureux. Quand Nishi Taucoory est embauchée à la MASA, après des études secondaires au collège Cosmopolitan. C'était en 2006. Tout en travaillant, elle étudie à mi-temps et décroche un BSc puis un Master dans le domaine des ressources humaines, affirme-t-il.

Il n'oublie pas qu'il y a «cinq-six ans de cela», sa fille avait été convoquée à l'Independent Commission against Corruption (ICAC). «Un jour, elle me demande de venir la chercher à l'ICAC. Après cela, j'ai moi aussi été convoqué.» Selon Kishore Taucoory, on veut savoir si sa fille avait été embauchée alors qu'il était l'un des membres élus du conseil d'administration de la MASA. «Mais il n'y a pas eu de suites à cette affaire.»

Rentrée du travail en larmes

D'après lui, les ennuis de sa fille décédée auraient vraiment commencé quand elle a été nommée au poste d'Acting HR. Des responsabilités pour lesquelles elle touche une allocation. Elle agit par la suite comme secrétaire du conseil d'administration, là aussi avec une allocation. «Mo pa koné ki sannla ti pé obzekté.» Toujours est-il que, dit Kishore Taucoory, que sa fille aurait été convoquée par l'Equal Opportunities Commission.

Le père rend hommage à son «diamant» perdu, en soulignant que «li ti kapav mo zanfan, mé li pa ti pé dir mwa nanié lor so travay. Mwa ousi mo pa ti pé mingle». Jusqu'au jour où elle affirme à son père qu'elle n'a pas envie de se rendre au bureau. La veille, elle serait rentrée en larmes. «Li dir mwa bann la pé fatig li.»

Kishore Taucoory se souvient avec chagrin que vers fin août de cette année, sa fille pleurait tellement en rentrant du bureau qu'elle est prise de faiblesse. Transportée à la clinique, elle y est admise. «Nishi y a passé une vingtaine de jours.» Après un mois de congés accumulés, elle prend un second mois de congé. «À chaque fois que la date de retourner au bureau s'approchait, elle ne dormait plus. Elle était mal.» Nishi Taucoory n'a pas repris le travail. Une attaque cérébrale a eu raison d'elle.

Au ministère des Arts et du Patrimoine culturel, on indique que «Nishi Taucoory n'a jamais porté plainte pour harcèlement au travail». Il ressort que les messages injurieux postés en ligne par une ex-collègue de la MASA seraient parvenus aux autorités. «Il y aura des mesures disciplinaires.»

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