Congo-Kinshasa: Nord-Kivu - Les organismes internationaux dans le viseur d'un groupe de pression à Butembo

21 Novembre 2019

Il s'agit principalement de la mission onusienne en RDC (MONUSCO) en tête, du Programme Alimentaire Mondiale (PAM), de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) et du Comité international e la Croix-Rouge (CICR).

Le déclencheur de la colère du groupe de pression est la situation instable dans la partie Nord du Nord-Kivu depuis de nombreuses années déjà, caractérisée par des conflits armés intestinaux qui ont fait des victimes dont le nombre reste inestimable jusqu'à ce jour.

La menace du Parlement Debout de Furu, (PDF), semble réelle pour autant que des actions pacifiques pour contraindre ces organismes à décamper des zones en guerre sont projetées.

Ce jour, la goutte qui fait déborder le vase, c'est l'inaction de la Monusco en dépit de son mandat, mais aussi, des combats intenses menés par les FARDC contre les rebelles ADF à Beni où plus de 60 civils ont sauvagement été assommés à la machette ou au fusil. Le PDF soupçonne en premier, la mission onusienne en République démocratique du Congo (RDC) d'être pour beaucoup dans les tueries des civils jusqu'à lui pointer d'un doigt accusateur comme « auteur intellectuel », et « tireur de ficelles » dans l'instabilité à l'Est de la RDC.

Un ultimatum de 2 jours accordé

C'est par des mots trop forts que le Parlement debout de Furu tente de prouver l'implication de la Monusco et d'autres organismes dans l'insécurité au Nord-Kivu et donne, à dater de mercredi 20 novembre 2019, un ultimatum de 48 h afin que les soldats de l'ONU en RDC ainsi que les agents de l'OMS, du PAM, de l'OCHA, du CICR etc... évacuent définitivement de la zone. Bien plus, tout engin portant mention de ces organismes sera interdit, à l'en croire.

Pour exprimer le ras-le-bol au sujet des massacres récurrents à Beni ainsi que contraindre leur cible à quitter la zone, le PDF demande à toute la population d'observer une journée sans activités, à partir de ce vendredi 23 novembre suivie des actions de terrain. Et si jamais leur mot d'ordre ne produit pas d'effets, il promet de passer à une vitesse supérieure.

« La première action est une ville morte vendredi. Nous ne voulons pas voir les gens ouvrir leurs commerces. Nous devons compatir avec nos compatriotes de la région de Beni. Nous ne voulons plus de la Monusco dans nos deux territoires, celui de Beni et Lubero. Parce qu'après des enquêtes menées, nous nous sommes enfin rendus compte que ces gens soutiennent les rebellions ainsi que les massacres qui se passent ici chez nous. Nous leur accordons deux jours, donc jusqu'au vendredi. Le dernier des casques bleus doit être parti de ces deux territoires au plus tard vendredi. S'ils ne quittent pas, la population va s'occuper d'eux et les conduira où elle voudra. D'autres organisations internationales sont le PAM, l'OCHA, l'OMS, le CICR ... Nous disons que nous ne voulons plus les voir ici à partir de vendredi prochain. Ces ONG sont toujours où ça ne va pas. C'est parce qu'elles en profitent et ne peuvent pas souhaiter que ça finisse. C'est pourquoi ce sont elles qui entretiennent ces conflits », menacent-ils dans leur déclaration.

En effet, le désengagement de la Monusco aux côtés des soldats congolais dans la tentative de ramener la paix à Beni semble être désobligeant pour les autochtones dans la région. A la suite de l'assassinat de sept civils, mardi 19 novembre à Boikene, près d'une base de la Monusco au cœur de la ville de Beni, des manifestations sporadiques des jeunes en colère ont été initiées par endroits. N'eût été l'intervention des services de sécurité pour dissuader les manifestants, le pire aurait été vécu. Ces derniers tentaient de s'en prendre à la position des casques bleus à Boikene, avant de leur accorder également 48 heures.

Ainsi, la tension semble monter d'un cran entre les populations civiles qui soupçonnent une complicité, et les casques bleus en région de Beni.

Opérations d'envergure: Quel rôle pour les casques bleus?

« L'appui de la Monusco, c'est dans le cadre de la répartition des tâches. Le gouvernement a décidé de mener une opération offensive. Nous ne sommes pas associer à cette opération, on n'a pas fait de planification conjointe. C'est une décision souveraine du gouvernement d'aller en offensive contre les groupes armés. Nous, on apporte l'appui en ce qui concerne la sécurisation des zones qui restent derrière, nous travaillons avec eux pour ne pas permettre des infiltrations et des vengeances contre les populations. Nous assurons tout ce qui est appui médical pour transporter les blessés pour s'en occuper. Nous travaillons sur l'appui logistique. On va avoir une stratégie coordonnée entre nous pour voir quelles sont les priorités, allier nos actions avec celles du gouvernement, pérenniser les acquis et les renforcer, utiliser l'expertise internationale, renforcer les capacités de répondre aux besoins des populations, mais non pas demander l'impossible », a fait savoir le week-end dernier, madame Leilla Zerrougui, Représentante spéciale du Secrétaire général de l'ONU en RDC lors de son récent passage à Beni.

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