Afrique: Pêche illicite - Des opérateurs de centres de surveillance des pêches africains se forment à l'utilisation des systèmes de surveillance

21 Novembre 2019

Comment utiliser efficacement, les systèmes de surveillance (VMS/AIS), ainsi que d'autres technologies de contrôle telles que l'imagerie satellitaire ? C'est la principale question au centre d'un atelier qui s'est tenu du 19 au 21 novembre 2019, à l'Institut de Sécurité Maritime Interrégional (Ismi) de l'Académie Régionale des Sciences et Techniques de la Mer (Arstm), sis à Yopougon Niangon.

Initiée par l'Ismi à l'intention de 18 opérateurs de centres de surveillance des pêches (csp), (ou travaillant dans des structures opérationnelles similaires), cette formation s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du projet d'appui à l'amélioration de la gouvernance régionale des pêches (Projet PESCAO), développé dans le cadre du Programme Indicatif Régional (PIR) pour l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et financé par l'Union Européenne.

Pendant trois jours, les stagiaires, en provenance du Bénin, de Côte d'Ivoire, de la Guinée, de Mauritanie, du Sénégal et du Togo ont été instruit sur le sujet par des experts de l'Agence Européenne de Contrôle des Pêches (AECP) associés à ceux du Comité des Pêches du Centre-Ouest du Golfe de Guinée (CPCO) et de la Commission Sous-régionale des Pêches (CSRP).

A la cérémonie d'ouverture, le directeur général de l'Arstm, le Colonel Karim Coulibaly, a indiqué que ce stage qui vise à renforcer les compétences des opérateurs en ce qui concerne l'utilisation des systèmes de surveillance VMS/AIS, dans la perspective de la mise en place de Centres Régionaux VMS/AIS au sein du CPCO et de la CSRP est d'une importance fondamentale pour une lutte efficace contre la pêche illicite non déclarée et non réglementée.

« La Pêche illicite non déclarée et non réglementée (INN) est un grave problème mondial qui s'est développé ces 20 dernières années, comme l'un des principaux obstacles à la gestion durable des pêches.

Nul n'ignore la tourmente dans laquelle se retrouve le Golfe de Guinée qui reste à la merci des grands prédateurs de pêche.

La pêche INN comprend : la pêche sans autorisation, la récolte d'espèces protégées, l'utilisation de matériel illégal, la non observation des quotas et des périodes de pêche. Elle concerne aussi bien la pêche nationale qu'internationale », a-t-il affirmé.

En effet, dira-t-il, sur une réserve de plus d'un million de tonnes dans le golfe de Guinée, la Pêche INN, représente 37% des captures de ladite zone. Ce qui engendre un coût de 1,3 milliard de dollars par année.

« La pêche INN constitue un enchevêtrement complexe d'actions et d'organes ne se limitant pas à la pêche illicite, mais également au fret, à la transformation, au débarquement, à la vente et à la distribution de poissons et de produits halieutiques. Elle a pour conséquence, la perte importante de revenus, notamment pour les pays pauvres, où la dépendance à l'égard de la pêche pour l'alimentation, les moyens de subsistance et les revenus est élevée », a-t-il poursuivi.

Pour le Dg de l'Arstm, la pêche INN n'est pas juste qu'une entrave à la gestion des pêches ni une atteinte à la sûreté dans les eaux, mais elle constitue surtout une menace globale, car touchant directement la vie des populations.

« La pêche INN menace la survie des communautés côtières dans les pays en développement, l'épuisement des stocks de poissons dans le monde entier, la destruction des habitats marins, les problèmes de sécurité alimentaire et de subsistance des communautés défavorisées des pays en développement, remise en cause des efforts visant à sécuriser et reconstruire les stocks pour l'avenir », a-t-il prévenu.

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