Somalie: L'ONU prône le dialogue entre gouvernement central et Etats membres de la Fédération

Des femmes déplacées dans un centre d'aide du Programme alimentaire mondial situé dans le camp KM-13 à la périphérie de Mogadiscio. Nombre de ces personnes ont marché pendant des jours depuis leurs villages ruraux en quête de nourriture (mars 2017)
21 Novembre 2019

L'envoyé de l'ONU en Somalie a estimé jeudi devant le Conseil de sécurité que l'absence de coopération depuis plus d'un an entre le gouvernement central somalien et les Etats membres de la Fédération constituait un obstacle aux progrès du pays vers une paix durable.

« Les dirigeants somaliens doivent agir de toute urgence pour sortir de l'impasse dans laquelle se trouvent le gouvernement central et les États membres de la Fédération », a déclaré le Représentant spécial du Secrétaire général pour la Somalie, James Swan, devant les membres du Conseil.

« Après plus d'un an sans coopération efficace entre le gouvernement central et les principaux États membres de la Fédération, cette situation est devenue un obstacle à la réalisation d'importantes priorités nationales », a-t-il ajouté.

L'envoyé de l'ONU a rappelé la réalisation d'importants progrès au cours de la décennie passée, dont la mise en place d'institutions nationales et fédérales, des gains militaires importants contre le groupe extrémiste Al Shabaab, le renforcement de la croissance économique et l'amélioration de la gestion du secteur public.

Nécessité de consolider les progrès

Selon le Représentant spécial, « les Somaliens souhaitent voir ces progrès consolidés en 2020 et même rendus irréversibles».

James Swan a cité d'autres progrès réalisés au cours des derniers mois : la Somalie reste sur la voie de l'allégement de la dette ; un nouveau plan de développement national a été adopté par le gouvernement en septembre ; et l'armée nationale somalienne a conservé le territoire repris à Al Shabaab cet été dans le Bas Shabelle.

Sur le front diplomatique, le Président Mohamed Abdullahi 'Farmajo' et son homologue kényan, le Président Uhuru Kenyatta, se sont rencontrés la semaine dernière et ont annoncé leur intention de normaliser les relations bilatérales tendues depuis février.

L'envoyé de l'ONU estime que la poursuite des progrès en 2020 en Somalie nécessitera un degré élevé de consensus politique et impliquera un dialogue et un esprit de compromis entre le gouvernement central et les États membres de la Fédération ; entre l'exécutif et le législatif ; entre ceux actuellement au pouvoir et ceux qui ne le sont pas ; et entre les dirigeants et les anciens au niveau communautaire, les organisations de la société civile, les groupes de femmes et de jeunes.

James Swan a souligné que la dynamique politique en Somalie est de plus en plus alimentée par les élections prévues en 2020.

Dans ce contexte, il a jugé qu'il était important que le Parlement adopte le code électoral et les amendements à la loi sur les partis politiques avant la fin du mois de décembre. « Tout retard met en péril le calendrier électoral de 2020 », a-t-il dit.

Au-delà des progrès au niveau technique, il a jugé nécessaire de forger « un large consensus politique sur le système électoral pour 2020 ».

« À l'approche des élections, je demande aux autorités de tous les niveaux de gouvernement de veiller à ce que l'espace politique soit préservé.

Les citoyens doivent avoir le droit de prendre la parole, d'accéder aux médias, de s'organiser, de se rencontrer, et de voyager pour mobiliser leurs compatriotes somaliens dans tout le pays », a-t-il dit. « Dans le même temps, j'appelle tous les dirigeants politiques à agir avec responsabilité, à éviter la violence et à protéger l'intégrité des institutions nationales ».

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