Congo-Kinshasa: Nord-Kivu - La ville de Beni de nouveau ensanglantée

Photo: Radio Okapi
Beni-Ville

Le 21 novembre aux petites heures, sept civils ont été tués à l'arme blanche dans la localité. Un acte attribué aux rebelles ougandais de l'ADF, réputés dans ce genre d'attaques meurtrières qui procèdent d'un mode opératoire bien connu.

Cela fait près de cinq ans que perdure la situation au point de faire passer la violence récurrente pour le lot quotidien d'une population locale qui ne sait plus à quel saint se vouer. Dans la journée de ce jeudi, la population est descendue dans la rue pour manifester contre cette recrudescence de la violence perpétrée au vu et au su des éléments des Fardc, de la police et de la Monusco. Des groupes de jeunes ont érigé des barricades dans certaines rues et avenues de la ville, perturbant le trafic sur plusieurs tronçons.

La quasi-totalité des activités est restée paralysée dans un scenario d'une ville-morte spontanée, sans aucun mot d'ordre. Pour la population locale, cette manifestation était une façon pour elle d'interpeller les autorités afin d'enrayer la spirale de la violence et mettre un terme aux crimes de masse et à la souffrance énorme qui frappe la population de l'est de la République démocratique du Congo (RDC), dont particulièrement celle de Beni.

De leur côté, les élèves et étudiants, les ressortissants d'Oicha et environs (Beni), ainsi que les militants du mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha) ont improvisé une marche avec pour point de chute, la mairie. Un mémorandum a été déposé assorti de plusieurs recommandations avec, à la clé, un plaidoyer en faveur des actions concrètes visant à stopper les violences dans la région de Beni. « [Nous] demandons au président de la République : de bien payer les militaires engagés au front dans la zone sinistrée, de changer le chef d'état-major de l'armée et de relever tous les anciens officiers dans le territoire de Beni, de constituer une commission d'enquête indépendante et neutre, de déclarer la zone de Beni sinistrée et l'exonérer de tout paiement de taxes, d'impôts, afin de soulager tant soit peu la population de cette partie du pays », ont, entre autres, exigé les manifestants.

A la Monusco, ils lui ont demandé de s'attaquer sérieusement à la question de Beni et de fournir des explications claires sur les rumeurs faisant état de son implication dans le massacre des civils.

Réagissant à ce énième massacre des civils à Beni, le Prix Nobel de paix, Dr Denis Mukwege, a déploré l'indifférence des autorités sur ce qui s'y passe et proposé le déploiement d'une opération inspirée militaire, limitée dans le temps et dans l'espace à l'image de l'opération Armistice d'heureuse mémoire. « L'indifférence doit s'arrêter. Il faut des actions concrètes pour arrêter ces crimes de guerre et ces crimes contre l'humanité qui se commettent dans cette région comme des faits divers, malgré la présence de l'armée congolaise et de la Monusco. Nous ne pouvons continuer à observer l'insupportable sans réagir », a-t-il noté, dans un communiqué publié le même jour.

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