Congo-Brazzaville: Crise libyenne - Le pays propose la concordance des initiatives pour résoudre le conflit

Le ministre des Affaires étrangères, de la coopération et des Congolais de l'étranger, Jean-Claude Gakosso, a joint sa voix à celles d'autres personnalités qui se sont exprimées devant la tribune du Forum de Dakar sur la paix et la sécurité, le 19 novembre. Il a insisté sur la nécessité de fédérer les approches de solutions pour trouver une solution au conflit libyen.

« Il nous faut œuvrer pour une meilleure coordination des différentes initiatives, car l'Afrique ne peut être mise à l'écart dans ce dossier qui la concerne le premier », a déclaré le chef de la diplomatie congolaise, dont le pays préside le Comité de Haut niveau sur la crise libyenne. Il a évoqué la complexité de la problématique de la paix et de la sécurité en Afrique, ainsi que la difficulté de la négociation. « Tant que la situation en Libye n'aura pas été réglée, l'Afrique ne connaîtra pas la paix », a souligné le ministre, qui faisait écho aux allocutions des présidents Macky Sall du Sénégal et Mohamed Ahmed El Ghazouani de la Mauritanie, prononcées avant la sienne.

Jean-Claude Gakosso a, par ailleurs, indiqué que le Comité de Haut niveau envisage d'organiser, dans les meilleurs délais, une réunion entre l'ONU et l'Union africaine (UA), afin de créer les conditions de cessation des hostilités. « Il est également urgent que de vraies passerelles de collaboration soient mises en place entre les Nations unies et l'Union africaine », a relevé le ministre, précisant que cette démarche devra permettre à l'organisation continentale de « réaffirmer la nécessité de tenir un forum de réconciliation interlibyen inclusif comme condition préalable » à l'organisation des élections pacifiques.

Jean-Claude Gakosso a dit déplorer depuis longtemps l'absence de collaboration entre l'UA et les Nations unies, « en dépit des promesses faites à maintes reprises » par le secrétaire général de l'ONU et son représentant spécial en Libye. « Cette attitude pose, de façon récurrente, la question du rôle et de la place de l'Union africaine dans le règlement de la crise libyenne », a-t-il estimé.

Malgré cela, le ministre ne s'est pas empêché d'évoquer les efforts accomplis depuis la mise en place du Comité de Haut niveau de l'UA sur la crise libyenne, en vue d'organiser un forum interlibyen inclusif de dialogue et de réconciliation, préalable à la tenue des élections apaisées. Et sans être exhaustif, il a cité la tenue de sept réunions du Comité à Brazzaville et à Addis-Abeba ; la participation aux conférences internationales sur la Libye organisées respectivement le 29 mai à Paris, et du 12 au 13 novembre 2018 à Palerme, en Italie ; l'organisation, le 26 novembre 2017 à Brazzaville, d'une réunion du Haut Conseil des villes et tribus libyennes. S'y ajoutent la participation à la réunion de haut niveau sur la Libye, organisée le 20 septembre 2017 à New York, et la tenue, en mars 2017 à Abu Dhabi, aux Emirats arabes unis, d'une rencontre entre le président du Comité de haut niveau, le chef de l'Etat congolais, Denis Sassou N'Guesso, et le maréchal Khalifa Haftar.

Toutes ces initiatives n'ont pas pu ramener la paix, puisque le 4 avril dernier, de graves hostilités ont éclaté entre les troupes de l'homme fort de l'est libyen et les forces fidèles au gouvernement d'union nationale dirigé par Fayez al-Sarraj. Une situation déplorable et préjudiciable à tous égards, qui, selon Jean-Claude Gakosso « a littéralement compromis les efforts menés jusque-là par les Nations unies, l'UA, l'Union européenne et d'autres partenaires de la Libye, en vue de trouver une sortie de crise ».

« Aujourd'hui encore, malgré la complexité de la situation due notamment aux ingérences de toutes parts, nous n'avons guère d'alternative : il nous faut continuer à agir pour convaincre les parties en conflit d'arrêter immédiatement les combats et de privilégier la voie du dialogue », a dit espérer le ministre congolais des Affaires étrangères. A cet effet, il a annoncé une rencontre urgente dans la capitale éthiopienne entre les principaux protagonistes de la crise libyenne.

« Il nous faut aussi faire preuve d'unité, de solidarité et de persévérance au sein de l'Union africaine, au sein même du Comité de haut niveau, afin que les initiatives que nous prenons aient plus de chance d'aboutir », a martelé le chef de la diplomatie congolaise.

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